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CONTRE LE DOPAGE

En Suisse, la lutte antidopage marque des points

24 Avril 2011 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Lutte contre le dopage

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Antidoping Suisse, l’agence nationale de lutte contre le dopage, a réalisé un nombre record de contrôles en 2010. Si la lutte contre les tricheurs reste un défi colossal, la Suisse se profile désormais comme un élève modèle. En matière de recherche et de prévention également.

Après une mise en route tardive et semée d’embûches, Antidoping Suisse, l’agence nationale de lutte contre le dopage, semble sur les bons rails. Lundi, elle a tenu à Berne la troisième conférence de presse de sa jeune histoire.
 
Dotée d’un budget d’un million de francs supplémentaires, finalement accordé par le Parlement après un premier refus en 2008, Antidoping Suisse a pu pour la première fois réaliser des tests sanguins en 2010.
 
«La mise en marche n’a pas été facile car il a fallu débaucher du personnel qualifié. Les contrôles de sang sont très coûteux et nécessitent une logistique totalement séparée des contrôles urinaires. Mais, au final, ce fut une réussite, puisque nous avons pu augmenter le nombre de contrôles de près de 50%», souligne Matthias Kamber, le directeur de l’agence.
 
Cet accroissement du nombre de contrôles coïncide paradoxalement avec une diminution de plus de moitié des cas positifs enregistrés. «Je n’ose pas pour autant affirmer que le sport suisse est devenu plus propre, mais je l’espère», nuance Matthias Kamber.
 
La nouvelle loi sur l’encouragement du sport, qui devrait entrer en vigueur en 2012, doit également participer au renforcement de la lutte antidopage. «Nous souhaitons ardemment que les deux Chambres arrivent à régler leurs divergences lors de la session d’été. Car cette loi nous permettra d’échanger nos informations avec les services de douane et de police et de mieux combattre le trafic», affirme Corinne Schmidhauser, présidente du conseil de fondation d’Antidoping Suisse.

La guerre à la nicotine

En matière de recherche, Antidoping Suisse peut s’appuyer sur un partenaire de choix: le laboratoire d’analyse du dopage de Lausanne (LAD). Parmi ses axes de recherche actuels, celui de l’utilisation de la nicotine dans le sport fait toujours figure de priorité. En cause, la consommation de snus, cette poudre à chiquer qui possède à la fois des propriétés stimulantes et relaxantes.
 
Le LAD a récemment analysé plus de 2000 échantillons provenant de 30 sports. Les résultats sont en cours de validation, mais les responsables du LAD font déjà part de leur inquiétude. «Nous avons constaté que la prise de nicotine parmi les sportifs était supérieure à la moyenne observée dans la population suisse (environ 25%). Le tabac fumé présentant des désagréments pour la pratique sportive, cela nous fait penser que la nicotine sous sa forme non fumée est largement utilisée, et pas seulement dans le hockey sur glace», affirme Norbert Baume, responsable opérationnel du laboratoire.
 
Hormis son effet stimulant proche de celui des amphétamines, le snus produit une addiction très rapide. Et ses effets sur la santé ne sont pas aussi inoffensifs que l’industrie du tabac le prétend, souligne Norbert Baume. «Nous souhaiterions inclure la nicotine sur la liste des substances interdites de l’AMA, du moins dans le cadre du ‘monitoring program’. Mais, tout comme pour le cannabis, il est très difficile de distinguer entre l’utilisation qui est faite à but récréatif ou au titre d’amélioration des performances», concède Norbert Baume.

La chasse aux plastifiants

Autre cheval de bataille du LAD, celui de la détection des plastifiants (phtalates) dans l’urine. Un sujet d’actualité brûlant, suite à la révélation de la présence de résidus tel qu’on les retrouve dans les poches en plastique pouvant servir aux transfusions sanguines dans les urines de l’Espagnol Alberto Contador lors du dernier Tour de France.
 
«Depuis environ un mois, nous sommes capables de détecter les phtalates dans l’urine. Ce n’est pas une preuve directe de dopage mais une information additionnelle en cas de suspicion. Ces plastifiants sont utilisés dans des seringues, des poches de transfusion mais aussi des emballages de nourriture et migrent facilement dans le sang. Nous avons besoin de procéder à des études plus approfondies pour affiner nos résultats», explique Norbert Baume.
 
L’amélioration du passeport biologique, «un produit maison», comme le rappelle Norbert Baume, ainsi que le développement d’un passeport stéroïdien et endocrinologique, qui doit permettre de mieux détecter la prise d’hormones de croissance, figurent parmi les autres priorités du LAD.

Un programme modèle

Si le resserrement des mailles du filet est nécessaire, le travail doit également se faire en amont. «Les contrôles constituent certes un pilier central de la lutte contre le dopage, mais il faut également mieux prévenir et éduquer», plaide Matthias Kamber. Parmi les actions entreprises, celle de Clean Water fait office de modèle. Mise en place conjointement avec la Fédération suisse de natation, le projet vise à accompagner un groupe de 7 à 8 nageurs jusqu’aux JO de Londres en 2012.
 
Des contrôles réguliers permettent d’établir des profils individuels (stéroïdiens et sanguins) qui attestent de la probité des athlètes. Un suivi serré qui aurait de multiples vertus, selon Martina Van Berkel, l’une des nageuses participant volontairement au programme: «Ces contrôles médicaux permettent de mieux connaître notre organisme et de détecter d’éventuelles irrégularités. De plus, ça permet de prouver à mes sponsors que je suis réellement propre».  
 
En comparaison internationale, la Suisse fait figure de pionnière: «Le passeport biologique (sanguin) n’est pas encore utilisé dans la natation et nous le regrettons. Nous sommes en avance sur la Fédération internationale, soutient Steffen Liess, chef des performances de la Fédération suisse. A moyen terme, ce projet-pilote doit devenir une évidence pour tous les athlètes de haut niveau».


Samuel Jaberg, swissinfo.ch

 

Source et date de l'article  20.04.2011  swissunfo.ch


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EXCLUSIVITE / Transfusion sanguine

18 Avril 2011 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Etudes sur le dopage

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Cet article est EXCLUSIF car il n'a pas été publié dans Sport et Vie


Si la transfusion sanguine homologue (donneur d’un même groupe) est détectable suite à la mise en évidence de variations concernant des antigènes sanguins, la TS autologue reste encore directement  indétectable en 2011.La méthode de mise en évidence indirecte de cette méthode de dopage constitue une petite avancée  et devrait rendre le dopage encore un peu plus difficile en 2011. La technique est basée sur le dosage des métabolites urinaires du di (2-éthylhexyl) phtalate ou DEHP et elle a été décrite en décembre 2010 dans la très sérieuse revue Analytical and Bioanalytical Chemistry (1), ce qui constitue une étape importante pour son utilisation par l’AMA. Chose intéressante, les phtalates alimentaires seraient différents de ceux utilisés dans le matériel médical. Le DEHP est un plastifiant utilisé pour assouplir le plastique des tubulures et des poches de sang : il diffuse dans le sang contenu dans la poche. La limite de détection est de 0,2 à 0,3 ng/ml et la limite de quantification est de 1 ng/ml.

 

L’étude a été réalisée sur un groupe contrôle représenté par 10 patients hospitalisés transfusés, 100 personnes sédentaires et 468 athlètes lors d’un contrôle antidopage : le taux des métabolites du DEHP n’était augmenté que chez les patients transfusés (et chez 3 coureurs cyclistes de la même équipe !).

 

Bien évidemment, l’étude ne nous dit pas à partir de quels  taux de plastifiants, l’athlète sera soupçonné d’être transfusé, ni les valeurs normales de ces taux dans une population non sportive car ces phtalates peuvent se retrouver dans l’organisme soit par ingestion, soit par inhalation. Dans l’affaire Contador, les journalistes du New York Times avaient écrit  que le laboratoire de Cologne avait retrouvé chez l’espagnol un taux de phtalates 8 fois supérieur au taux considéré comme normal. On peut supposer que cette affaire a accéléré la validation du test. Mais cette méthode de détection indirecte ne pourra pas être utilisée pour affirmer un dopage, par contre elle pourra être utile au Passeport Biologique® de l’athlète et permettra de mieux cibler les sportifs à contrôler dans le cadre d’un dépistage direct.


Quand la méthode sera officiellement validée, il reviendra alors à Contador de faire rechercher les phtalates dans ses échantillons des Grands Tours victorieux (TDF 2007, 2009, 2010, Giro 2008, Vuelta 2008) afin de couper court à toutes les rumeurs de transfusions. Il y a fort à parier que les partisans de la TS utiliseront dorénavant d’autres matériaux que le polyéthylène souple pour transporter leur sang : polycarbonates à base de bisphénol-A ou polyéthylène téréphtalate (Mylar®) des bouteilles d’eau gazeuse. Dans le Mylar®, le phtalate est davantage associé au plastique et migre moins dans l’organisme. Par contre, on les voit mal utiliser un autre modèle de tubulures souples ; les taux de phtalates engendrés par le passage du sang dans ces tubulures souples pourraient être abaissés, jusqu’à l’être sous les seuils de détection ?


(1)    Rapid determination of urinary di (2-ethylhexyl) phtalate metabolites based on liquid chromatography/ tandem mass spectrometry as a marker for blood transfusion in sports drug testing. Solymos, Guddat, Geyer, Flenker, Thomas, Segura, Ventura, Platen, Schulte-Mattler and M.Thevis et al. Analytical and Bioanalytical Chemistry, dec 2010.

 

Article réalisé par Marc Kluszczynski du magasine Sport et Vie 

 


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35 millions d'euros contre le dopage

6 Avril 2011 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Lutte contre le dopage

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La lutte contre le dopage coûte chaque année environ 50 millions de dollars (35 millions d'euros) aux fédérations internationales des sports olympiques d'été, a indiqué mardi Denis Oswald, président de leur association (ASOIF) lors de son Assemblée générale, à Londres.

 

"Les 27 fédérations qui ont participé à notre sondage ont indiqué avoir dépensé 21,7 millions de dollars en 2009 mais une fédération très concernée n'a pas répondu et nous estimons sa part à environ 23 millions", a indiqué M. Oswald précisant que ce chiffre devait être multiplié par deux si l'on tenait compte des frais juridiques liés aux procédures.

 

Le président de la fédération internationale d'aviron a ajouté que le prix moyen de l'analyse d'un échantillon était de 825 dollars (580 euros) mais que la facture était très variable selon les laboratoires.


"Il faut étudier les raisons de ces différences et négocier avec les laboratoires afin de faire baisser les prix", a-t-il estimé, relevant également des différences de qualité entre les établissements.

 

"L'Agence mondiale antidopage (Ama) a récemment fait analyser une série d'échantillons de même origine dans deux laboratoires différents. Le premier a trouvé un échantillon positif, l'autre sept. C'est inquiétant. Il faut que tous les (échantillons d') athlètes soient traités par des laboratoires ultra-performants.

 

M. Oswald a également relevé le faible pourcentage de résultats positifs (0,95% des 173.000 échantillons relevant des fédérations de l'ASOIF) suspectant "que la véritable fréquence (des cas de dopage était) plus élevée."

 

Source et date de l'article  RTBF.be  05.04.2011

 

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