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CONTRE LE DOPAGE

Tennis / quelles vendanges pour Nadal?

11 Septembre 2008 Publié dans #Tennis


Comme d'habitude, Rafael Nadal arrive au bout du rouleau à la fin de l'été. Comme d'habitude, il gagne comme si de rien n'était ou presque. Médaillé d'or à Pékin (un tournoi de plus que l'an passé), demi-finaliste à l'US Open, le nouveau N.1 mondial a encore amélioré ses perfs avant l'automne.


ET MAINTENANT LA COUPE DAVIS !

Rafael Nadal a l'habitude de repousser ses limites. A 22 ans, on possède encore une marge de progression. Physiquement, techniquement, tactiquement, nombreux sont les observateurs qui estiment que celui qui est déjà devenu N.1 mondial, peut encore s'améliorer. Reste la question du calendrier. Avant d'aborder une épreuve cruciale dans sa carrière, la Coupe Davis, le Majorquin a déjà joué 84 matches. Et la saison est loin d'être terminée puisque le Masters de Madrid, celui de Paris-Bercy et bien entendu la Masters Cup sont encore au programme, sans parler des piges possibles dans les autres tournois. C'est dans ces conditions qu'il s'apprête à défier les Américains, tenant du titre, en demi-finale de Coupe Davis ce vendredi.

Une fois de plus en 2008, Nadal a su faire mieux que l'année dernière à New York, (de quart de finaliste à demi-finaliste). Marqué par ses efforts olympiques, il avait dû faire une pause salvatrice juste avant le tournoi. Surtout sans toucher la raquette et en jouant notamment au golf. Il avait ainsi retrouvé un peu d'énergie et surtout de l'envie. Voilà qui est significatif : quand un acharné de la compétition tel que Nadal ressent de la lassitude, c'est que la saturation n'est pas superficielle. On l'a aussi entendu, à plusieurs reprises, regretter de ne pouvoir passer plus de temps chez lui à Manacor. Balloté d'un court et d'un horaire à l'autre à Flushing Meadows, Nadal a accepté les contraintes de son métier. Il admet aussi la pression qui pèse sur son programme.

"J'étais à la limite mentalement, et cela se répercute sur le physique. Je savais que cela pouvait m'arriver ici après tout ce que j'ai joué. Mais il n'y avait aucune possibilité de planifier tout cela autrement", avait-il souligné après sa défaite à Flushing. Avec quelques jours de repos, dixit son capitaine de Coupe Davis Javier Sanchez, il devra aussi donner tout ce qu'il a contre les Etats-Unis. Et l'année prochaine, devra-t-il aussi tout donner à Barcelone, car c'est le tournoi de son club, puis à Madrid, car ce sera la grande première du Masters Series sur terre, avant Roland-Garros...

DIFFICILE DE JOUER PLUS

Rafael Nadal a disputé 334 matches depuis janvier 2005, c'est-à-dire 29 matches de plus que Roger Federer sur la même période. Ce qui équivaut à un tiers de saison. C'est beaucoup pour un joueur qui a souvent été sur les rotules en fin de saison, au point de subir des blessures sérieuses (genou, et surtout pied fin 2005). Vu les résultats en 2008, on sait que "Rafa" peut gérer son organisme à merveille. Mais comment gérer le dernier tiers de la saison ? Cela dépend des objectifs.

Chaque chose en son temps peut aujourd'hui clamer Roger Federer. Le Suisse s'est imposé sur le tard en Grand Chelem et n'a jamais surchargé son calendrier pour arriver à ses fins. Actuellement, il sait que la course à la place de N.1 mondiale est très concurrentielle. Il aménage son année en fonction des grands rendez-vous car il veut avant tout gagner 15 titres du Grand Chelem au minimum. Rafael Nadal est dans une situation étonnante. Pendant quatre ans, il a donné la priorité à la terre battue, transformant son printemps en parcours du combattant (de triomphes en triomphes, non-stop ou presque d'avril à juin). Comme il faut y ajouter deux gros tournois sur gazon, plus les US Open Series, les jambes sont donc lourdes à l'automne, et ce malgré les améliorations de son jeu*. Le futur calendrier qui placera le nouveau tournoi de Madrid avant Roland-Garros ne modifiera pas l'impératif de réussite printanière. Son nouveau statut de N.1 mondial non plus. La question qui va bientôt s'imposer aux Nadal est la suivante : Faut-il faire des choix dès 2009 ?

Après quatre années incroyables, Rafael Nadal est déjà au sommet du tennis mondial. Son image a changé. Le "terrien" prodige, qui impressionnait ses adversaires en bondissant dans les vestiaires et dont les muscles alimentaient toutes les rumeurs**, a laissé la place à un joueur explosif, tacticien et polyvalent dans l'oeil du public. A lui de prouver qu'il peut donner une direction plus lisible à sa carrière. Sérieusement en danger de blessure selon son oncle à l'hiver 2007, il a donné l'impression de se ménager en début de calendrier avant de courir tous les lièvres à la fois ensuite. Entre exploits et fatigue.

* Toni Nadal expliquait déjà l'an dernier qu'il fallait écourter les échanges pour pouvoir être performant plus longtemps. C'est exactement ce qu'a réussi Nadal cette année. Seulement, il a joué plus de matches !!

** Deux polémiques ont touché Rafael Nadal : La rumeur de la fameuse liste du Docteur Fuentes (impliqué dans une affaire de dopage dans le cyclisme), qui a nécessité l'intervention par le Ministère des Sports espagnols. Et l'interprétation d'une interview de Toni Nadal concernant la blessure au pied du joueur en décembre 2007. "Il a une lésion grave et il doit adapter son jeu" , disait-il en substance.

Souce et date de l'article  EuroSport.fr  11.09.08

 

  

 


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