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CONTRE LE DOPAGE

Les rumeurs étranglent encore le peloton

1 Octobre 2008 Publié dans #Cyclisme


Les éclaircies dans le cyclisme masquent mal l'arrivée imminente d'une nouvelle tempête portée par des vents mauvais. Mauvaise mémoire. À Varèse, l'affaire Frank Schleck (6e du dernier Tour de France, porteur éphémère du maillot jaune) a encombré une actualité toujours prompte à sombrer dans les eaux troubles du dopage. Un retour violent qui souffle sur la flamme fragile d'une curiosité renaissante.

Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung a révélé que le coureur de la formation CSC-Saxo Bank faisait partie des clients du docteur Eufemiano Fuentes, au cœur de l'affaire de dopage sanguin révélée au printemps 2005. Un versement de 6 991 euros sur le compte du médecin espagnol en mars 2006 l'attesterait. Dans la nuit de vendredi à samedi, l'hôtel de la sélection luxembourgeoise hébergeait la brigade des stupéfiants italienne (NAS) mandatée pour une perquisition.


Fruit des recherches, une tente hypobare (reproduisant artificiellement les conditions d'altitude), matériel n'étant toutefois pas interdit par le Code mondial antidopage. Le Luxembourgeois, de stupéfaction en dénégation, reconnaît avoir prévu de rencontrer les autorités antidopage de son pays. En attendant, épié, il a pris le départ du championnat du monde. Numéro 65. « Nous devons suivre les règles. Nous ne pouvons pas l'arrêter. Il y a une différence entre ce que je pense et ce que les règlements prévoient », regrettait Pat McQuaid, le président de l'Union cycliste internationale (qui a annoncé son désir de se représenter l'an prochain lors du Mondial en Suisse), gêné par ses nouvelles contorsions, ces distorsions entre l'esprit et la lettre. Pauvre cyclisme.

Et l'embouteillage des rumeurs s'intensifie. L'Agence française de lutte contre le dopage et son président, Pierre Bordry, procèdent, à partir de lundi, à l'analyse rétrospective de prélèvements sanguins (échantillons rapatriés de Lausanne où ils étaient stockés) appartenant à des coureurs suspects du dernier Tour de France. Le laboratoire français a, depuis cet été, amélioré son arsenal. La Cera, EPO retard longtemps jugée indétectable par les coureurs, avait été retrouvée dans les urines de l'Italien Ricco cet été. Depuis, un test de détection dans le sang a été mis au point.

 

Défections tardives

Alors, entre rumeurs et fantasmes, Varèse bruissait de nombreux cas positifs touchant des coureurs ayant brillé sur les routes de la dernière Grande Boucle. Suffisant pour voiler l'horizon, laisser s'accumuler les nuages les plus sombres sur une discipline trop souvent jetée aux orties, affaiblie par la récurrence des affaires, l'amoncellement des doutes entourant sans répit les acteurs et leurs performances.

L'annonce de ces analyses rétroactives, se trouvant, selon Pierre Bordry, probablement à l'origine de certaines défections tardives lors des championnats du monde : « Certains doivent mal dormir. » Les résultats pourraient être connus dans le courant de la semaine. Et ébranler encore l'édifice profondément lézardé d'une discipline éprouvée par les déflagrations régulières.

Source et date de l'article  Le Figraro  29.09.08

 


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