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CONTRE LE DOPAGE

Le bal des sentiments

3 Mai 2009 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Général


J'ai lu cet article et je trouve intéressant de parler du comportement des spectateurs. Que pense un spectacteur qui regarde le Tour de France ? Que pense un spectateur quand Nadal joue comme une machine ?


Il est coutume sur la planète sport de porter un jugement sur tel ou tel champion (ce qui ma foi n’a rien d’illogique), mais un autre constat semble plus digne d’intérêt, celui de l’exaspération que peut causer la domination concurrentielle d’un sportif dans sa discipline, je m’explique...

A qui gagne perd

Qui n’a jamais ressenti un sentiment nuancé de colère et de désamour envers la domination outrageuse et outrageante d’un Federer, d’un Armstrong, d’un Shumasher pendant leur période de «razzia» sportive? Je pars ici d’un constat personnel et d’observation (sondages, forums...). Je ne remets nullement en causel’amour inconditionnel que peuvent porter les aficionados envers ces mêmes champions. Ce que je mets en avant, c’est l’instinct sportif qui caractérise moulte amateurs de cette science molle et qui se veut en faveur d’une concurrence pure et multiple. Les monopoles sportifs et la répétition des victoires tend donc à agacé le tout un chacun. Concrètement, si l’on prend l’exemple du «roi» Federer,L’homme est très apprécié pour de multiples raisons (talent, sympathie, aisance naturelle, pilosité développée...). Mais si l’on revient dans ce qui est le lointain passé d’un point de vu sportif, c’est à dire il y a 2 ans, à l’époque bénite ou l’athlète glanait toutes les distinctions, ne laissant aucune miette à ses adversaires à l’exception de Roland Garros (petit cadeau du souverain), combien était-on à espérer la défaite qui pimenterait le tennis masculinet provoquerait un cataclysme médiatique? Nadal est alorsapparu comme un chevalier armé de son coup du lasso digne des plus grands Westerns pour faire trembler la maison tennis. Mais là ou l’antinomie est frappante, c’est qu’aujourd’hui quand Nadal prend les commandes de la discipline, pléthore de spectateurs commence à lui trouver des airs antipathiqueset se satisferaientvolontiers d’un retour aux affaires du Suisse ou de tout autres postulants.


Le spectateur fait sa loi


Les surprises et les bouleversements hiérarchiques dans le sport semblent donc satisfaire pleinement une bonne partie du public, lambda mais aussi aguerri (et ceci parfoisau détriment du respect qui incombe au sportif quidomine sa discipline), ainsi le sport serait plus appréciable quand les performances d’un joueur sont contestées. Ce constat est juste du côté canapé de la télévision, mais ces sentiments sont cruels pour les acteurs qui donnent de la vie à celle-ci. N’est-ce pas là un certain sadisme alloué à la contre performance, comme si l’instinct animal que véhiculent les sportifs contaminait leur public. A force de gagner des titres comme on enfile des perles, les grands champions déplaisent par l’impression de facilité qu’ils donnent et qui casse l’image de discipline de battants le couteau entre les dents que l’on peut se faire du sport. Pourquoi? Parce qu’ils monopolisent l’attention et polissent leur discipline en donnant l’impression que le spectacle est toujours le même (une victoire, puis une victoire, puis une autre...). Ma réflexion ne cherche pas ici à justifier ces sentiments, mais simplement à les constater. Même si des arguments tel que celui de la surmédiatisation (dans les retranscriptions médiatiques spécifiques au sport, les publicités...) de certains sportifssemble être pertinents pour expliquer le phénomène.


Champions avant tout


C’est peut-être après tout ce qui rend le sport si attractif, les athlètes deviennent des têtes d’affiche que l’on imagine plus battus, sont détrônés et ainsi de suite. A en croire que ce sont les défaites qui permettent aux sportifs de se hisser au rang de légendes (la défaite de Roger Federer face à Nadal à Wimbledon en 2008, la dernière saison de Michael Shumacher battu par Fernando Alonso dans des duels à couper le souffle...), et d’assurer la relève qui écrira l’histoire du sport, comme un cycle qui perdure. Que serait le sport sans ces champions qui monopolisent un «marché» (puisque l’on admet si bien que sport et commerce font bon ménage) et véhiculent une image d’intouchable parfois à la limite de l’imbuvable?

Entre les deux, il y a aussi les cas à part. Pour ne citer que lui, penchons nous sur le cas de Lance Armstrong et de son retour à la compétition cycliste (plus clairement le«tour de France»). Les sondages (si tant est qu’ils soient tous pertinents) sont catégoriques et le repoussent loin de nos belles contrées françaises. Christian Prud’homme, en bon professionnel, suit la même mouvance et rejette (en tous cas d’un avis personnel) sa présence sur le tour 2009. Il y a bien sûr les soupçons de dopage qui font tant débat, mais cela contente bien certains de reverser leur désamour du coureur sur ces mêmes soupçons. Car ce qui est aussi vrai, c’est que certains craignent de le voir à nouveau briller sur le tour et atomiser la concurrence et par la même l’intérêt de la course. «Va-t-il enfin laisser sa chance à tous le monde» pourrait-on se dire, après tout il en déjà gagner 7 «M....»!

Ce système est aussi vrai à un niveau plus «micro-sportif» dirais-je. Si l’on prend le cas d’un match de tennis déséquilibré, admettons qu’un joueur domine le match et fasse la majorité des points, le public commence à se lasser maisquand l’autre joueur tend à se «réveiller» par un sursaut d’orgueil ou par miracle, c’est celui la même qui sera applaudit et encouragé, n’est-il pas situation plus paradoxale. Le dominé requière plus d’attention que le dominant.


Le bal des sentiments, où quand la norme psychologique est mise à mal par l’instinct sportif.

Source et date de l'article SportVox.fr   28.04.09
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Pascal 31/05/2009 21:58

En effet, il y a un sentiment très répandu qui fait que monsieur tout-le-monde a tendance à ne pas aimer les champions qui écrasent la concurrence.Je crois que c'est surtout la manière de gagner. Il y a victoire et victoire. Gagner le tour de France dès la première étape dans les Alpes, être déjà assuré d'être champion du monde de F1 dès le 10ème grand prix, remporter un tournoi du grand chelem sans perdre un set sont des victoires difficilement compatibles avec de l'émotion, avec le suspense.La plupart des êtres humains aiment savoir que le futur n'est pas joué. On aime les anti-héros. Il suffit de regarder les films comme Rocky: celui-ci est souvent proche de la défaite mais se relève et l'emporte. Ce film aurait-il eu un succès si Rocky battait ses adversaires à plat de couture ?