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CONTRE LE DOPAGE

Dopage et cocaïne

10 Mai 2009 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Tennis


Après la joueuse de tennis Martin Hingis et l'équipier du voilier Alinghi (vainqueur de la Coupe de l'America), Simon Daubney, c'est au tour d'Ivan Paprari, un joueur de water polo, d'être contrôlé positif à la cocaïne. La liste s'allonge, mais le statut de ce produit reste ambigu.


A ce jour, aucune étude scientifique validée n'a été réalisée permettant de quantifier les effets ergogéniques (augmentation de la force, de l'endurance ou de la taille du muscle) de la cocaïne sur les performances sportives. Or, souvent, pour asseoir leur jugement péremptoire, les experts mettent en avant certains travaux scientifiques qui nient la pertinence de telle ou telle substance dopante.


Afin de permettre à chacun d'aiguiser son sens critique sur la fiabilité des études scientifiques, nous leur soumettons les résultats d'un cas exemplaire. Douze volontaires, conducteurs d'automobiles expérimentés, se sont prêtés à une intéressante expérience : ils ont reçu soit un placebo, soit un antihistaminique à des doses de 25, 50, et 100 mg.


En fait, ils ont fait tout cela deux fois, soit dans des conditions de laboratoire, avant d'être soumis à divers tests de performance et de vigilance, soit dans des conditions normales, avant de conduire sur un circuit.

Leurs performances ont été beaucoup plus altérées au laboratoire que dans les conditions réelles de conduite. Cela signifie qu'en choisissant bien ses tests, plus ou moins sensibles, on peut prouver ce que l'on veut… Méfiance donc, avant d'interpréter des résultats de laboratoire, positifs ou négatifs, concernant les effets d'une substance sur la performance sportive.

 

Entre un placebo et de la cocaïne, les cobayes font vite la différence


Revenons à la « blanche » : il est impossible, dans une étude la plus rigoureuse possible, en « double aveugle », que le groupe sous cocaïne ignore très longtemps s'il prend le placebo (substance pharmacologiquement inactive) ou, réellement la drogue. Voilà de quoi biaiser forcément les résultats.

En revanche, on peut comparer les progrès chez un même sportif, même si dans ce cas, il est difficile d'évaluer la part due à l'effet placebo. C'est ce qu'a fait en 1884 Sigmund Freud. Le fondateur de la psychanalyse a montré que la force musculaire mesurée par un dynamomètre et le temps de réaction étaient améliorés après quelques minutes et que l'effet positif persistait pendant plus de trois heures.

D'autres se sont intéressés aux effets secondaires. Il ressort que pour de faibles doses correctement choisies, l'augmentation du tonus et de la vigilance semble dénuer d'effets perturbateurs au plan sportif. Comme toujours avec les drogues de la performance, il faut respecter la règle : « L'important, c'est la dose. »


Les avis d'experts divergent, ce qui ajoute à la confusion


Deuxième difficulté, les avis divergents des experts sur les qualités sportives de la coke. Là aussi, il est facile de comprendre que ce sont des journalistes incompétents notoires sur ces questions (ils n'ont jamais fait d'études de pharmacologie, de médecine, de psychologie etc.) n'appliquant jamais à leur encontre la « présomption d'ignorance », qui sélectionnent les experts ! Inévitablement, ils vont choisir par le bouche à oreille ceux qui argumentent dans le même sens que leur papier.

Au final, c'est le journaliste incompétent qui crédibilise l'expert. La chose écrite devient, pour la masse des lecteurs, parole d'évangile.


Qui croire, un spécialiste des addictions ou un médecin du sport ?


Troisième paramètre favorisant le doute, les spécialistes des addictions sont consultés par des sportifs toxicomanes qui n'ont plus rien à voir avec des sportifs de haut niveau tandis que, dans le camp d'en face, les médecins du sport, dans leur cursus, n'ont jamais eu d'enseignement pointu sur la pharmacologie des substances dopantes.

Inévitablement, le discours est contradictoire entre les spécialistes des neurones et les experts des muscles. Pour noyer le poisson, s'ajoute le témoignage des sportifs en activité et dopés à la coke qui n'ont que leur propre expérience et en font une règle générale.

On comprend mieux alors pourquoi les déclarations des uns et des autres sur le sujet puissent être à ce point contradictoires, comme le prouve ce florilège :

 

  • Dr Christian Bagate, président de la commission médicale de la FFR : « Et bien que les effets de ce produit stupéfiant n'aient pas un grand intérêt pendant un match de rugby, cette substance peut en revanche permettre de soulever des tonnes de fonte beaucoup plus facilement lors des séances de préparation physique. » [Sport et Vie, 2007, n° 104, septembre-octobre, p 67]
  • Mr Briant, « vétérinaire parisien bien connu » : « La cocaïne est la meilleure ; elle transformerait en Bucéphale un vieux cheval d'omnibus, mais à la condition d'être donnée deux heures avant la course. » [La Dépêche de Toulouse, 21.10.1912]
  • Bernard Brisset, journaliste sportif : « Grant Fuhr a été le gardien par excellence du circuit du hockey sur glace au milieu des années 80. Il a tout gagné. Et il a été à son mieux, selon sa confession, à une époque où il a été un actif consommateur de cocaïne. » [Journal de Montréal, 10.09.1990]
  • Dr Jean-Pierre Cousteau, cardiologue du sport, médecin des équipes de France de tennis : « A ce propos, ne pas confondre drogue et dopage. Ainsi, le monde du tennis a-t-il été l'objet de remous médiatisés lors de certaines déclarations (Yannick Noah) ou de certitude (Mats Wilander) de l'usage de drogues sociales -haschisch, cocaïne- dont on sait que ce sont en fait des antidopants au sens physique du terme. » [Le Figaro, 11.09.1998]
  • Dr Michel d'Hooghe, président de la Commission médicale de la Fifa depuis dix-huit ans : « Les statistiques plaident en notre faveur. Nous faisons le plus grand nombre de contrôles antidopage, plus de 25 000 l'an passé. Et nous sommes en-deçà de 1% de cas positifs, la grande majorité concernant des drogues sociales comme la marijuana et la cocaïne. » [Le Journal du Dimanche, 10.12.2006]
  • Dr Jean-Jacques Issermann, médecin fédéral du sport automobile : « Il ne faut pas comparer le cannabis avec des drogues plus dures comme la cocaïne ou l'héroïne. Ces dernières entraînent souvent l'onirisme, un sentiment de surpuissance, de facilité, de calme. On prend donc de la cocaïne pour améliorer ses capacités, ce qui n'est pas forcément le cas du cannabis. » [Caradisiac.com, 18.04.2007]
  • Dr William Lowenstein, directeur de l'institut Maurice de Rothschild pour la recherche et le traitement des addictions : « Là où l'héroïne et même l'alcool ont des conséquences ralentissantes ou déséquilibrantes sur les mouvements, la cocaïne leur donne de l'amplitude. Pour des sportifs qui, par définition, font du mouvement au quotidien une des nécessités de leur vie, c'est une substance qui s'inscrit dans cette addiction. » [Le Monde, 10.11.2004]
  • Paul Merson, footballeur d'Arsenal : « Au début (en janvier dernier) c'était par curiosité et pour oublier mes problèmes sur le terrain. Et puis j'y ai pris goût parce que la cocaïne me permettait de me sentir plus sûr de moi. Dans tous les cas, je n'ai jamais cherché à améliorer mes performances. » [L'Equipe, 26.11.1994]
  • Claude Olievenstein, psychiatre, spécialiste des addictions : « Bien sûr ! La cocaïne a un effet excitant et défatigant. Lorsque l'intoxication n'est pas dans sa phase avancée, elle donne des réflexes mieux ajustés. Elle procure une euphorie qui se double d'un sentiment de toute-puissance et d'invulnérabilité. Elle augmente la clairvoyance. En cela, ses effets sont assez comparables à ceux des amphétamines. J'ai été, en tennis, surpris plus d'une fois par les dilatations des pupilles.. C'était visible à la télévision ! “ [L'Equipe, 29.08.1980]
  • Jérôme Potier, 6e tennisman tricolore en 1985 : ‘Qu'on puisse imaginer une seconde qu'un type joue bien parce qu'il prend de la coke, ça me fait mourir de rire… La drogue, ça tue un individu, ça ne peut pas l'aider à bien jouer.’ [Tennis de France, 1986, n° 393, janvier, p 44]
  • Art Rust, basketteur professionnel : ‘Si la cocaïne était de l'hélium, la NBA s'envolerait.’ [Pickering D. .- Cassell's Sports Quotations .- Croydon (GBR), Bookmarque Ltd, 2002 .- 399 p (p 135)]
  • Dominique Sappia, préparateur physique des pilotes Arrows : ‘Auparavant des pilotes prenaient de la cocaïne comme stimulant. Aujourd'hui dans le sport de manière générale, on parle d'amphétamines. Le revers de la médaille ? Ce sont des euphorisants. Or, un pilote ne peut pas se permettre de prendre un produit qui le rendrait trop sûr de lui à 350 km/h. La sortie de route serait immédiate.’ [Le Soir, 03.08.1998]
  • Martial Saugy, directeur du laboratoire suisse d'analyse du dopage à Lausanne : ‘L'aspect stimulant qui augmente le fighting spirit dépend de la personne et de la dose et n'apparaît qu'à un moment bien précis après la prise de la substance. S'il veut l'utiliser comme dopant, l'athlète doit être très doué en pharmacologie pour prévoir quand elle fera le bon effet. Mais, dans la majorité des contrôles positifs, il s'avère que le sportif a consommé cette drogue dans le cadre de sa vie privée et non dans le but de se doper.’ [Le Matin, 02.11.2007]
  • Jean Texier, ancien culturiste et collaborateur de la revue spécialisée Le Monde du Muscle : ‘Il y a une dizaine d'années, de nombreux bodybuilders californiens marchaient à la cocaïne. On extrait la cocaïne de feuilles de coca que les Indiens d'Amérique du Sud mâchent pour augmenter leur force et leur endurance. La cocaïne permet de mieux supporter les sensations douloureuses au cours des dernières répétitions des séries très intenses, ce qui aide le bodybuilder à se dépasser. De plus, elle sensibilise les muscles à l'action du système nerveux, ce qui augmente la force.’ [in ‘Tout savoir sur les anabolisants’. – Paris, éd. Jibena, 1988. – 317 p (p 257)]
  • José Touré, footballeur international de 1983 à 1989 (16 sélections) : ‘L'effet fut immédiat (cocaïne), j'ai eu l'impression d'être un surhomme. Je me suis senti invincible.’ [in ‘Prolongations d'enfer’ .- Paris, éd. J.-C. Lattès, 1994 .- 301 p (p 211)]
Source et date de l'article Rue89.com  10.11.2007
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U
Si le dopage est dommageable, c'est bien sur qu'il est présent partout et pas uniquement dans le sport...Non il ne sont pas tous dopés et ce site démontre tout ca... heureusement que ce n'est pas une généralité car sinon ce serait grave...et je précise que ce que je note n'engage que moi, en aucun cas ce blog...et je n'affirme pas qu'untel ou untel est dopé, je n'écris que les doutes qui m'assaillent sur certaines performances...aprés c'est au grés de l'actu et de l'interet que je pore ou pas à certains sports...
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R
Le dopage est dans tous les sports on est bien d'accord. Ca ne veut pas dire que tous les sportifs sont dopés.
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C
<br /> Bonjour Rémy,<br /> <br /> Je n'ai pas dis que tous les sportifs sont dopés ! Je dis que le dopage est dans tous les sports mais que malheureusement, il y a encore beacoup la loi du silence ! On s'acharne sur le cyclisme<br /> mais je pense que cela est un peu facile !! Bien sur la situation du dopage est grave dans le cyclisme mais je suis sur d'une chose c'est que la situation est la mêma dans les autres sports mais on<br /> en parle pas !<br /> <br /> <br />
R
Vous admettez donc que vous avez des doutes sur Nadal et que c'est pour vous ça que innondez votre site d'articles diffamatoires. Vous savez, il y aurait aussi beaucoup à dire sur les sportifs francais comme Alain Bernard qui a une musculature 1000 fois plus imposante que Nadal et qui s'est mis du JOUR AU LENDEMAIN à battre des records. Et ne parlons pas des autres comme Michaels Phelps et Usain Bolt et leurs perfs hallucinantes. Pourquoi cette fixation sur Nadal ? Où est la présomption d'innoncence ? Encore une fois il n'a JAMAIS été testé positif, ni même aux Jo de Pékin où il concourait, s'acharner sur une personne innocente (jusqu'à preuve du contraire) c'est la porte ouverte à tous les abus ... vous auriez beaucoup plus à dire sur les cyclistes dont les affaires de dopage tombent tous les jours ou sur Gasquet qui a été pris par la patrouille (ne vous en déplaise). Dommage car ce blog est vraiment super et mériterait plus d'impartialité. Au plaisir de vous relire.
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C
<br /> Bonjour Remy,<br /> <br /> Je vois que le fait que certaines personnes osent avoir un doute sur Nadal cela te pose un vrai problème. Je suis la première à dire que le dopage est dans tous les sports !!!<br /> <br /> Comme tu le dis bien il y en à plein d'autres sur qui on peut avoir des doutes. Quand au cas Gasquet il surement pas le seul !<br /> <br /> Je me repète le dopage est dans les sports !!!<br /> <br /> <br />
U
Je ne m'archane pas sur Nadal, j'ai des doutes...quand à Gasquet, le jour ou il jouera et gagnera blessé, la je me poserais des questions.Pour le moment, il joue pas, il gagne peu et s'il était dopé, au vue de ses perfs, bin alors vaut mieux qu'il change de medecin...c vraiment pas brillant...quand à la nationalité, j'ai également des doutes sur des grands champions français mais dommage pour nous, ils ont pris leur retraite... alors Gasquet dopé ou paumé??? je vote paumé a l'instart d'une Laure Manaudou..il ne me manque plus qu'une video X avec lui posté sur le net....
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A
Je suis d'accord avec vous, on sent un net acharnement de ce site contre Rafael Nadal qui rappelons-le n'a jamais été testé positif.
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