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CONTRE LE DOPAGE

Natation / nage en eaux troubles

4 Août 2009 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Natation


Natation . Clôture des Mondiaux de Rome, hier, marqués par une avalanche de records du monde. Des performances qui n’auront plus jamais cours. À moins que le dopage s’en mêle. Explications.


Pour la natation mondiale, Rome a plus que jamais été une ville ouverte… à tous les records avec une avalanche de performances (30 records du monde avant la dernière journée des Mondiaux, hier). Forcément de quoi laisser la place au doute, effet combinaison ou pas.


Doute encore plus attisé à la lecture d’une statistique édifiante et presque inquiétante. En 2008, la Fédération internationale de natation (FINA) a procédé à 1 670 contrôles antidopage, dont 1 012 hors compétition. Son pendant aux jeux Olympiques en matière d’audience et de renommée, l’athlétisme, affiche plus de 4 000 contrôles. Une paille comparé aux 13 224 contrôles effectués par l’Union cycliste internationale. Des chiffres qui ne gênent pas les édiles de la natation, qui rétorquent juste par la voix du directeur exécutif de la FINA, le Roumain Cornel Marculescu, que les « contrôles hors compétition sont notre première arme contre le dopage ».


cinq chinois testés positifs


Problème, le barillet n’est pas très chargé. La fameuse antienne « quand on ne cherche pas, on ne trouve rien » colle parfaitement à la natation qui, à Rome, n’a officiellement et pour l’instant détecté aucun tricheur (*). Autour des bassins, on se plaît à répéter que ce n’est pas dans la culture de la natation. Mais il y a quand même quelques poissons pris par la patrouille. Comme ces cinq nageurs chinois positifs au Clenbuterol, un anabolisant, en avril lors d’une compétition nationale.

Un fait qui est passé inaperçu alors que les Chinois dominent à Rome le classement des médailles. En aparté, un ancien nageur fait remarquer : « Ceux qui se sont fait pincer chez eux utilisaient du dopage à l’ancienne. Mais ceux qui sont là sont déjà passés à des produits de la nouvelle génération comme le GW1516, un médicament détourné de son usage, qui aide à supporter les charges d’entraînement encore mieux que l’EPO. Si en 2010, sans les combis, ils nagent toujours aussi vite, on commencera peut-être à se poser les vraies questions… » Les combis au placard, l’explication du dopage technologique au rencart, le dopage biologique pourrait en effet bientôt remonter à la surface des bassins.


« la natation va encore progresser »


En attendant, après des mois de controverse depuis l’autorisation en février 2008 de la combinaison à plaques Speedo LZR, début de l’escalade technologique entre équipementiers qui a profité à l’Italien Jaked et à sa combinaison tout polyuréthane, la FINA a finalement suivi la proposition des États-Unis en faisant adopter à Rome par plus de 180 pays un amendement qui entrera en vigueur au 1er janvier 2010, et dans lequel il est spécifié que les nageurs ne pourront porter en compétition que des équipements tout en tissu. Reste maintenant à définir le tissu pour une commission d’experts issus des cinq continents. Mais c’est bien un retour à l’ordre et un grand bond en arrière qui se profilent, puisqu’il a également été décidé que les nageurs ne pourraient plus nager en combinaison intégrale, mais avec un short de type cycliste pour les hommes et une combinaison à bretelles allant des épaules jusqu’au-dessus du genou pour les dames.

Du coup, certaines performances établies à Rome auront bientôt l’allure des plus vieux records de la RDA en athlétisme (le 400 mètres féminin en 47’’60 par Marita Koch tient depuis 1985). « Croyez-moi, personne ne renagera moins de 59 secondes sur 100 mètres brasse avant très longtemps, juge par exemple Christos Paparradopoulos, l’entraîneur du Havrais Hugues Duboscq, médaillé d’argent à Rome (58’’64, record d’Europe) sur cette distance, derrière l’Australien Brenton Rickard, nouveau recordman de monde en 58’’58. Pas question, néanmoins pour la FINA, d’annuler les records du monde améliorés pendant l’ère des combis. Faussement ingénu, le directeur exécutif de la Fédération internationale, le Roumain Cornel Marculescu, tranche même : « On a des grands athlètes et je suis sûr que la natation va continuer à progresser. » Pour mémoire et avant la dernière journée des Mondiaux, hier, 175 records mondiaux ont été battus depuis l’arrivée du polyuréthane dans la natation, en février 2008. Pour le record de contrôles, on attend toujours…

(*) Étaient testés les trois premiers de chaque épreuve, plus un nageur au hasard. Et chaque nouveau détenteur d’un record du monde.

 

Frédéric Sugnot

 

Source et date de l'article  Humanite.fr  03.08.09

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yves moineau 03/08/2010 14:52



La natation amateur ne brasse peut-être pas d'argent, ce qui est le cas de l'immense majorité des sports, mais elle reste l'antichambre de la natation professionnelle fonctionnarisée. Certes les
sommes brassées ne peuvent être comparées à celles perçues par les lobotomisés du football mais le statut d'athlète d'Etat reste enviable pour beaucoup de sportifs et une raison suffisante pour
tenter de l'obtenir au prix de moyens illégaux. Et le statut d'entraîneur d'Etat est également enviable dans un pays comme la France même si comme chacun sait les entraîneurs ne sont jamais pour
rien dans le dopage des athlètes positifs.


Pour ce qui est de l'aspect technique de la natation il se peaufine par la répétition, donc par le temps de présence dans le bassin, donc au prix de la fatigue, fatigue qui peut précisément être
combattue par les nouvelles formes de dopage. L'argument technique n'est donc pas pertinent pour disculper la natation des soupçons de dopage.


Aucun sport de filière, en particulier les sports olympiques pour lesquels l'Etat est prêt à tout pour obtenir des médailles, n'est à l'abri du dopage. Tout le monde sait que l'explosion des
records du demi-fond et du fond en athlétisme correspond très précisément à l'apparition de l'EPO après sa généralisation dans le cyclisme, la seule question qui se pose est l'énigme du peu de
cas positifs. Il ne fait guère de doute que le contrôle longitudinal imposé aux coureurs cyclistes français les empêche de prétendre à de bons résultats lors des grands Tours. Les Espagnols en
revanche y brillent régulièrement, comme les joueurs de tennis espagnols brillent par leur tennis physique.


Quant à la natation il n'existe aucune raison de douter que le dopage n'y sévit pas,comme dans tous les sports olympiques, les intérêts des nombreux intervenants qui gravitent autour des bassins
étant les mêmes que ceux de leurs homologues des autres sports.


 



Poup 27/07/2010 22:43



Bien qu'ils ne soit plus très rescents, vos articles sur la natation me font "doucement" sourire.


Déjà petite présentation de mon expérience et mon approche du milieu: Je suis nageur, je fais de la compétition et m'entraine depuis des années avec des internationaux. Donc comme tout sportif je
vais dire "non, pas de dopage et encore moins dans ma discipline!!". Soyons réaliste il y a des tricheurs partout, une discipline peu touchée aura toujours des "cons" dans ces rangs, c'est la
vie, c'est l'espèce humaine.


Alors déjà vous comparez le nombre de contrôle dans deux disciplines. Ok sa peut-être intéressant à condition que ne remarque pas que cette approche est sévèrement incomplète:


-Combien de licenciers dans chacune des disciplines?


-Quelle valeur médiatique et populaire (et donc financière ET politique)?


Dans un club de natation, une somme à trois chiffres est parfois capitale pour l'équilibre du budget. Des réactions tournaient autour des gains du vainqueur d'une étape du Tour ou pour le porteur
d'un maillot qui tournaient vers 300-400€ par jours ou pas victoire: "C'est peu!!". Et on ne parle pas du salaire mensuel d'un Lance Armstrong (700 000€). Certe c'est celui qui gagne le plus mais
je doute que les "petits" coureurs du peloton tournent au SMIC. Salaire d'un nageur: Le professionnalisme n'existe pas (ou !TRES RAREMENT!).
Vouloir et pouvoir ce doper nécessite une finance qui suive (si vous avez suivi mon raisonnement vous comprendrez qu'un nageur ou son club ne peuvent rarement suivre).


Ensuite on peut aussi s'attarder sur les mentalités: Je connais des cyclistes qui sont loin d'être en catégorie 1 et qui pourtant savent comment augmenter leur taux de globules rouges ou autre
sans être positif. S'ils veulent progresser dans tel ou tel zone ils sont persuader de devoir concilier travail à une allure préçise ET lié
quelques méthodes hors entrainement. Quand on me propose du Stilnox (sur ordonnance mais visiblement ils ont pas de difficulté) avec de l'alcool pour triper je me pose des questions. En natation
un nageur qui réalise une bonne série ou une bonne course, ou qui les ratent connait la raison: Soit la manière dont c'est nagé, soit la fatigue, soit l'envie... Allez voir un entrainement avec
des nageurs N1 et vous verrez que les discutions avec l'entraineur tourne autour de la technique "tu as nagé vite car tu as bien nagé", histoire d'accorder du crédit à ce que j'avance.


 


Je ne nie pas la présence de dopage en natation. Par exemple pour moi un Phelps n'est pas un héros mais une blague (il nage bien mais quand on nage 17 courses à une olympiade...). Le parallèle
avec Thorpe est différent: 5 courses mais avec 2 relais (donc pas de série) et deux courses sans demi finales. L'histoire avec la LH est-elle vrai? Peut-être, je ne dirais pas non car si le futur
nous dit qu'il a triché j'aurais l'air bête


Vous parlez du physique impressionnant de Laure Manaudou: Wouahh!! Alors là la personne qui a écrit ça ne l'a jamais approché (donc ne cotoie pas beaucoup le milieu de la natation donc ne
maitrise pas le sujet). La demoiselle était fine comme tout. De grosses épaules? Pas du tout, une musculature aux épaules comme une athlète est musclée aux jambes! Le corps se taille par rapport
à l'activité! Je connais une dame qui nageait une fois par semaine et qui s'est arrêté car elle trouvait ses épaules trop musclées: Elles se sont formées mais sans plus...


Des personnes parlent du physiques d'Alain Bernard, qu'il tourne aux anabolisants: Oui, il est impressionnant. Est-il dopé? Je n'en sais rien mais je sais qu'il le peut financièrement depuis sa
victoire aux Jeux. Il faut souligner qu'il est connu dans le milieu de la natation depuis bien longtemps d'une part, et que d'autre part augmenter le volume musculaire est néfaste en natation.
Pourquoi les nageurs font de la musculation alors? Tout simplement pour améliorer leurs qualités physiques: Il y a forcément une prise de volume mais si la performance s'améliore au final alors
s'est l'essentiel. Prendre des produits pour prendre du muscle ne peut pas marcher. "Mais ils le font dans d'autres disciplines!!" Oui mais le milieu nautique est "ingrat" pour des tas de raisons
dont le fait que prendre de la force (pas forcément de la masse ou du volume) ne fait pas nager plus vite pour autant: Il faut la transférer dans l'eau.


C'est par cet aspect que j'introduit le dernier point de mon commentaire (qui est long je sais, désolé, en plus j'essaie de faire cours). J'ai lu un article sur le dopage dans la natation où il
était disposé que les performances à l'arrivé des premières combinaisons n'était pas uniquement dû à celles-ci. Je suis daccord, mais pas pour les mêmes raisons que l'auteur qui lui
sous-entendait "dopage". Il y a 20 ans on ne s'entrainait pas comme il y a 10 ans où l'on ne s'entrainait pas non plus comme aujourd'hui, Il y a 20 ans la musculation n'existait presque pas en
natation contrairement a 10 ans qui est encore différente d'aujourd'hui. La natation est une discipline jeune du point de vu entrainement, et bien plus en musculation. On y a trouver un moyen
d'améliorer des qualités musculaire à conditions de les adaptés à la discipline: Beaucoup de nageurs progressent en musculation et pourtant règresse en natation car la force n'est pas transféré,
le mouvement se dégrade et parfois le physique change négativement. Des bancs 100% spécifiques à la natation existe depuis peu de temps, l'impact va se faire avec le temps. Pour les combinaisons
même chose. Les combinaisons des JO étaient REVOLUTIONNAIRES, et d'avantage celle des mondiaux 2009: Une glisse hors norme, une combinaison qui gaine naturellement, etc... Vous avez des nageurs
qui avancent plus vite, avec une plus grande économie. Que des records du monde soit battus grâce à ces combinaisons est évident, que le dopage y a contribué je suis d'accord pour certains
d'entre-eux (ils y a des tricheurs partout). Mais dans quelle proportion?


Ils faut être réaliste, notre discipline n'est pas la plus riche ce qui l'épargne du dopage à un certain degré. Dans les pays où l'investissement y est plus important pourquoi pas. Je pense
notamment aux Etats-Unis. Mais lorsqu'on voit des nageurs comme Hansen qui est à la masse depuis un moment montre que ce n'est pas généralisé. Dans la plupart des autres pays je pense que la
triche est un acte très isolé, donc les chances de sortir blanc d'un contrôle sont casi nulles.


En natation si un nageur a une VO2 de 75 et un autre de 80 on s'en moque (on ne connait même pas nos valeurs pour vous dire), celui qui sera le plus fort sera le plus efficace, celui qui prend le
plus d'eau. Avec une telle approche et une carance financière vous pouvez avoir une idée du phénomène dans notre sport.


 


PS: Je ne dis pas qu'il n'y a pas de dopage, ce serait une utopie. J'essaie d'être le plus objectif possible. J'explique que ce n'est pas du degré que vous sous-entendez dans vos articles. Il y a
peut-être 5-10 tricheurs lors d'un mondial, ce ne sont pas forcément les plus impressionnants ou les meilleurs.



Nanette 04/08/2009 18:32

Excellent commentaire Upentone.  Il est vrai que l'on améliore les habits et les équipements aussi dans un but de sécurité (je pense ici au hockey), alors tout n'est pas mauvais de ce côté.  L'innovation et l'amélioration des équipements et des vêtements peut être très bénéfique pour l'athlète, en effet.  Le vrai problème dans tout cela demeure bel et bien ce que l'athlète ingurgite, les produits chimiques ou autres qu'il prend et qui améliorent peut-être ses performances, mais sont, à moyen ou long terme, très néfastes pour sa santé.  Je pense que les athlètes qui prennent des produits dopants sont tout à fait au courant qu'ils le font à leurs risques et périls et qu'ils seront les premiers à en souffrir.  Cela pourra peut-être leur procurer une petite heure de gloire, bien éphémère parfois, mais le prix à payer sera lourd ensuite.

upentone 04/08/2009 18:19

Grosse question ces combis...alors on fait quoi de l'amélioration d'autres sports (tennis, foot, vélo,...meme volley avec un gant qui donne une main plus dure et qui a été interdit...)? L'innovation est la et on y peut rien. Dans de nombreux cas elle est benefique (sécurité, prévention de traumatisme...la liste est longue). De plus, si elle améliore la résistance à la douleur, elle peut etre un moyen de lutte au dopage, pourquoi pas. Bousquet disait qu'il faisait une séance de gainage de fou qui le brulait (dans l'Equipe) et qu'en fait avec la combi, ca servait peut etre à rien...aprés faut voir si l'explosion est due à la combi seulement...les records tombaient avant son arrivée il me semble...la combi n'a fait qu'accelerer la chose...

Nanette 04/08/2009 17:02

Pas mal intéressant comme article.  Lorsqu'on aura statué sur l'habillement, il faudra peut-être songé à contrôler davantage les nageurs.  Tant de records qui tombent, et si rapidement, ne peuvent pas d'expliquer uniquement par le port d'un nouveau vêtement ...