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CONTRE LE DOPAGE

Carl Lewis, le scandale du siècle

18 Août 2009 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Athlétisme


Cet article date de plusieurs années (29.04.2003) mais je trouve qu'il est intéressant de le lire !

Article à lire aussi en lien avec cette affaire "Le comité Olympique aurait couvert une centaine d'affaires entre 1988 et 2000"


Le comité olympique américain a organisé le blanchiment de dizaines d’athlètes contrôlés positifs, dont celui du multimédaillé olympique.


Carl Lewis, l’" athlète du siècle " était dopé. Ce n’est déjà plus une rumeur, plus tout à fait une révélation, presque une information " béton ". Selon l’ancien chef du programme de détection du comité olympique américain (USOC) entre 1991 et 2000, le multimédaillé olympique a été contrôlé positif à trois reprises à la pseudo-éphédrine, à l’éphédrine et à la phénylpropanolamine en 1988, lors des sélections américaines. " L’USOC a non seulement étouffé cette affaire mais une bonne centaine d’autres, concernant notamment 19 champions olympiques américains ", ajoute-t-il, preuves à l’appui. Wade Exum a, en effet, remis à deux journaux américains - Sports Illustrated et The Orange County Register - un dossier de 30 000 pages.


C’est évidemment le cas de Carl Lewis qui retient l’attention. Comble de l’ironie : le blanchiment en règle de l’USOC a permis à Carl Lewis de participer aux JO de Séoul, de terminer deuxième du 100 m avant d’être déclaré champion olympique, dans la même discipline, à la suite du contrôle positif (aux stéroïdes anabolisants) de Ben Johnson. L’homme aux neuf médailles d’or olympiques n’a même pas pris la peine de démentir : " Des centaines de personnes ont été prises. Elles ont toutes été traitées de la même manière. Le contexte était différent à l’époque ". Sa ligne de défense ? Un : les produits incriminés étaient présents dans des compléments alimentaires à base d’herbes. Deux : ils n’étaient pas efficaces. Faux sur ce point : ces stimulants légers aident les sprinters à diminuer leur temps de réaction.


Quant à l’argument de l’usage par inadvertance, le président de l’Agence mondiale antidopage ne " peut l’admettre " : " Carl Lewis n’aurait jamais dû l’évoquer ". Plus largement, Dick Pound (qui fut l’avocat de Ben Johnson en 1988) accuse : " Nous sommes donc bien en présence de double standard en matière de lutte antidopage à cette époque : des règles pour les Américains et d’autres règles pour le reste de la planète (…) À la différence des pays de l’Est où le dopage était organisé politiquement, aux États-Unis, c’est le blanchiment des cas positifs qui était organisé. ". Les informations qui ont filtré ces dernières semaines donnent plutôt raison au président de l’AMA. Andre Phillips, champion olympique du 400 m haies à Séoul, Joe DeLoach, compagnon d’entraînement de Carl Lewis et médaille d’argent du 200 m la même année, Mary Joe Fernandez, la joueuse de tennis, médaillée aux JO de Barcelone, Dave Schultz, champion olympique de lutte aux JO 1984 (Los Angeles) et Alexi Lalas, ancien capitaine de l’équipe de foot US, auraient également profité des largesses des dirigeants olympiques américains.


Dans le dossier explosif de Wade Exum figurent des lettres signées par le secrétaire général de l’USOC prévenant les athlètes de leur contrôle positif et de… leur blanchiment. L’USOC a, évidemment, démenti toutes ces informations. La fédération américaine d’athlétisme est, elle aussi, prise en défaut puisqu’elle aurait dû transmettre les dossiers à la fédération internationale. Bref, c’est tout le mouvement olympique américain qui se trouve placé au banc des accusés.

Certes, le gouvernement américain et l’Agence antidopage nationale (UDASA) ont été parmi les premiers à accepter le Code mondial antidopage, adopté lors de la Conférence de Copenhague en mars dernier, mais du passé, ils ne peuvent, heureusement, faire table rase. D’autant plus que les institutions de la principale puissance sportive du monde n’ont toujours pas démontré leur volonté - politique et financière - de s’engager pleinement dans la lutte antidopage.


Car, si Washington a dit " oui " à l’AMA, les moyens dégagés pour rendre cette lutte effective semblent insuffisants. Par exemple, les États-Unis ne possèdent qu’un seul laboratoire (Los Angeles) officiellement accrédité par l’AMA. On sait, de plus, que les Ligues professionnelles US (base-ball, football américain, basket et hockey) refusent toujours d’appliquer le Code. Les dossiers brûlants ne relèvent donc pas seulement du passé.

 

Christophe Deroubaix

 

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Source de l'article L'Humanité.fr


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