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CONTRE LE DOPAGE

Procès Cofidis

21 Janvier 2007 , Rédigé par Marie Publié dans #Cyclisme


Je me considérais comme un travailleur social dans un milieu en difficulté."
Les traits sont tirés, les mots parfois maladroits. "Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise pour que vous me croyiez ?", demande Jean-Jacques Menuet à la présidente du tribunal de Nanterre.

Entendu mercredi 8 novembre comme simple témoin dans le procès Cofidis, l'ancien médecin de l'équipe française s'est défendu comme s'il comparaissait sur le banc des accusés. "Je jure que mon discours a toujours été d'exclure les conduites dopantes", assure-t-il.

Confronté aux déclarations de l'ancien coureur Philippe Gaumont, qui, la veille, avait mis en cause sa responsabilité, Jean-Jacques Menuet répond : "Allégations mensongères."

Les cocktails de médicaments injectés avant les contre-la-montre ? Des "placebos". Les ordonnances de Cervoxan, Nootropyl, Pentoflux et autre Fonzylane ? Des "médicaments tout à fait adaptés" pour favoriser la récupération du coureur après une vilaine chute dans Paris-Roubaix en 2001 et non pas une "quelconque aide au dopage".

Le Nasacort - autorisé - recommandé pour couvrir la prise - interdite - de Kenacort au contrôle antidopage ? Une "vaste fumisterie" : "99 % du Nasacort est éliminé dans les selles au bout de deux heures."

APPEL À UN PSYCHIATRE

"Le dopage trouve sa genèse dans les périodes de détresse totale par lesquelles passent les coureurs, explique Jean-Jacques Menuet. J'ai été confronté à des coureurs qui avaient des addictions sexuelles, qui étaient accros au Stilnox (un somnifère) et à d'autres substances et qui pouvaient passer une nuit à se taper la tête contre les murs. Je ne pouvais pas lutter : c'est pour ça que j'ai fait appel à un psychiatre comme deuxième médecin d'équipe."

Le procureur de la République, Jacques Hossaert, lui demande pourquoi il n'intercédait pas auprès du directeur sportif de l'équipe pour ne pas faire courir certains coureurs au profil biologique douteux ?

"Le médecin d'équipe n'est un médecin ni d'aptitude ni d'inaptitude", précise Jean-Jacques Menuet, qui assure avoir alerté une antenne médicale de lutte contre le dopage (AMLD) sur le cas d'un coureur qu'il suspectait de dopage. Le médecin a également dénoncé les "gourous" vers lesquels se tournerait la "moitié du peloton" pour leur préparation.

Un autre médecin, celui de la Fédération française de cyclisme (FFC), Armand Mégret, était également entendu comme témoin.

La veille, Philippe Gaumont avait déclaré que le docteur Mégret lui avait administré son premier produit dopant, du Kenacort, en 1994. "C'est faux, a affirmé le médecin fédéral. Je n'ai jamais fait de piqûre de Kenacort à Gaumont ni à aucun autre coureur."

LE MONDE | 09.11.06

Stéphane Mandard

Ma source est www.lemonde.fr

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