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CONTRE LE DOPAGE

L'affaire Puerto

16 Mars 2007 , Rédigé par Marie Publié dans #l'opération Puerto


Je suis absolument dégoutée de la tournure de cette affaire !!

Comment peut on luter contre le dopage quand une affaire comme celle là est tout simplement mise sous silence ?


Pour le comique, le vélo ne craint personne. C'est l'inépuisable charme de la comédie de boulevard. Hier, le rideau pourpre est tombé sur l'affaire Puerto sous les applaudissements. La justice espagnole a en effet classé
«sans suite» cette vaste opération de dopage sanguin mise au jour en mai 2006 en Espagne. A peine sorti de son auto sur les routes de Paris-Nice, Christian Prudhomme, le patron du Tour de France, s'est exclamé : «Tout ça pour ça !» C'est que le juge d'instruction madrilène a accordé un «non-lieu» aux cinq personnes poursuivies dans ce dossier, dont le directeur sportif Manolo Saiz et l'hématologue Fuentes, au motif qu'au moment des faits il n'existait pas de loi antidopage en Espagne. Ce n'est qu'en novembre 2006 que le Parlement espagnol a approuvé une loi qui prévoit des peines de prison pour les personnes fournissant des dopants.

Main dans le sac. On se souvient que le Tour de France, au départ de Strasbourg, et les directions sportives des équipes s'étaient entendus pour ne pas sélectionner des coureurs impliqués dans cette affaire, dont Ullrich, Mancebo et Basso. Cinq coureurs de l'équipe de Manolo Saiz, lui-même pris la main dans le sac en train d'échanger de l'argent contre des produits dopants dans une cafétéria madrilène, étaient suspectés d'avoir eu recours à un dopage sanguin. Alexandre Vinokourov, même s'il n'était pas impliqué, était lui aussi contraint de se retirer.
De son côté, la Fédération espagnole de cyclisme attendait de se voir notifier la décision de classer sans suite avant de réagir à la décision de justice : «Quand nous l'aurons, nous prendrons une décision. Cela dépendra de la décision du parquet, qui a la possibilité d'interjeter appel de la décision du juge.»
Planques. Au siège de l'Union cycliste internationale (UCI), le président, Pat McQuaid, a prévenu : «Pour les coureurs impliqués, rien n'est terminé.» Vraiment ? La lumineuse évidence de la justice ne passe pas, du côté des directeurs sportifs français. Ainsi, Vincent Lavenu, manager de l'équipe AG2R, dont le leader, Mancebo, était impliqué en 2006, a qualifié hier cette décision de «scandaleuse». «J'espère que l'UCI va exploiter les données de ce dossier. Ce serait la moindre des choses...» Lavenu était visiblement très remonté : «Il y a des gens qui ont triché et qui ne sont pas punis ! Cela ne peut que les encourager. Quand on voit tout ce travail demandé aux enquêteurs espagnols...» Et toutes ces planques dans les bagnoles jusqu'à pas d'heure avec juste des sandwichs, au risque de se détraquer l'estomac. Tout cela est navrant. Sans parler de ces chefs-d'oeuvre de filatures pour se faire distancer dans la dernière ligne droite. Tant de rigueur et de moyens pour échouer devant l'éclatante rhétorique du droit... A pleurer, n'est-ce pas ?
Joint par Libération, Eric Boyer, manager de Cofidis, enrageait : «Les groupes sportifs se sentent complètement perdus, car ils ont assumé leurs responsabilités dans cette histoire. Mais la justice leur dit : "Vous allez trop vite !"» Sur ce coup-là, elle ne nous aide pas. Pire, elle nous met un tacle. Que va-t-il se passer maintenant ? J'entends déjà certains groupes sportifs qui vont se dire dès qu'une affaire de dopage va éclater : "Bon, je vais être prudent avant de sanctionner untel ou untel. Rien ne presse. Tout doux." Déjà que Basso a retrouvé un boulot... Il n'y a aucune raison que les coureurs impliqués ne reviennent pas dans le circuit», expliquait Boyer, désolé.
Coup de théâtre ? Pas Jan Ullrich, qui vient d'annoncer sa retraite. Ça s'est quand même joué à deux semaines près pour l'ancien vainqueur du Tour. Rageant. Cela dit, un coup de théâtre est toujours possible. Le fameux retour des bannis, les exclus du Tour 2006 qui reviendraient laver l'affront sur le Tour 2007 au départ de Londres ? «Je ne peux pas imaginer qu'on retrouve dans le cyclisme les cinq pris dans le sac [dont Manolo Saiz et Eufemiano Fuentes, ndlr] », tempêtait Christian Prudhomme. Hier, Jean-Patrick Nazon (AG2R) a remporté au sprint la première étape de Paris-Nice.

Ma source est http://www.liberation.fr

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gunnar 20/03/2007 22:37

Moi je trouve cela superbe. Ce n'est pas fini, le ministre espagnol des  sports pourrait faire appel...