Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
CONTRE LE DOPAGE

Quand les joueuses prennent des coups

11 Juin 2007 , Rédigé par Marie Publié dans #Maltraitances - abus sexuel



Je pense que ce genre d'affaire est à dénoncer !

Il faut surtout en parler !

Derrière les paillettes du circuit, la réalité n’est pas toujours belle à voir. Des abus sexuels, des violences psychologiques et physiques salissent l’image de ce sport, sans que personne ne semble véritablement s’en alarmer.

A Indian Wells, un nouveau fantôme est resurgi des catacombes du tennis féminin. Mirjana Lucic, précoce comme bien des petites filles amenées à briller sur le circuit, avait démarré sa carrière à 4 ans, gagné l'US Open junior à 14 avant de passer pro à 15. A seulement 15 ans et 10 mois, elle avait déjà remporté un titre senior en Grand Chelem, vainqueur avec Martina Hingis du double mixte à Melbourne.

Elle avait atteint les demi-finales de Wimbledon en 1999... et puis plus rien, ou presque, entre 2003 et cette récente réapparition au tournoi d'Indian Wells par la grâce d'une wild-card (invitation à participer directement au tableau final) . A 25 ans, l'âge auquel le commun des mortels se lance dans la vie professionnelle, la joueuse de tennis tentait un improbable come-back. Souvent blessée, soumise très jeune à beaucoup d'efforts, éreintée physiquement et mentalement dès la préadolescence, la joueuse suivait hélas la même trajectoire que des gamines lancées malgré elles dans la grande aventure du tennis.

Contrairement à d'autres, au moins avait-elle eu le courage de faire son coming out, en révélant à qui voulait bien l'entendre sa triste histoire de championne préfabriquée. Oui, sa carrière avait bien été sabotée par un père abusif. Dix ans sous le joug d'un géniteur sans scrupules décidé coûte que coûte à faire de sa fille la meilleure, Mirjana Lucic avait dû subir l'emprise physique et mentale du mentor Marinko, un ancien décathlonien yougoslave.


L'enfer permanent

Elle se souvenait d'un tournoi en France durant lequel elle avait gagné un match (6-0, 6-0) avant de recevoir une punition - des coups de chaussures - pour une balle qu'elle n'avait pas su renvoyer. Elle se souvenait aussi d'un tournoi en Italie, et surtout de la chambre d'hôtel, plus précisément des toilettes, des quarante minutes passées la tête dans la cuvette à recevoir une correction.

L'enfer permanent. « J'ai pleuré plus souvent encore que vous ne pouvez l'imaginer, racontait-elle récemment. Je n'ai pas détesté mon sport, mais j'ai détesté ce qui m'arrivait. » Interrogé sur l'affaire, son compatriote Goran Ivanisevic, l'ancien champion croate, avait confirmé. « Je voyais bien comment il se comportait. Son père a ruiné la vie de Mirjana. » Voilà bien où se situe le problème. Les témoins de toutes ces dérives existent, mais ne parlent pas.

Dans le microcosme, qui peut prétendre ne pas connaître les abus qui agitent les coulisses du tennis féminin ? Qui songent à intervenir au moment où les choses empirent ? On en parle à mots couverts, en faisant semblant de croire à des cas isolés alors que les exemples sont nombreux.

Combien de pères autoritaires ? Comme ce Damir Dokic, arrogant et violent avec sa fille Jelena, qui continue de harceler et de menacer l'ex-n° 4 mondiale retombée dans les oubliettes ? Combien de coaches au comportement plus que douteux ? Le tennis féminin, pourvoyeur de joueuses de plus en plus jeunes au plus haut niveau, est un monde aux relents souvent glauques. Des adolescentes voyagent toute l'année dans une totale promiscuité avec leur entraîneur. L'immaturité des filles face à leur mentor conduit à bien des dérapages.

Mais au sein de la WTA, l'organisme qui régit le tennis féminin, on agit presque comme si de rien n'était. Pour ne pas inquiéter le public en révélant les failles du système, aucun contrôle de fond n'est envisagé, aucune cellule psychologique n'est créée pour que les joueuses viennent se confier en cas de soucis, aucune enquête interne n'est diligentée pour faire pression sur les gens dangereux.

A peine la WTA consent-elle à prendre sous sa protection Evgenia Linetskaya, quand elle se fait frapper par son père et agresser sexuellement par son coach en 2005... sans que ce dernier ne soit inquiété par des poursuites judiciaires. Victime d'une grave dépression, la Russe s'est exilée en Israël et tente, comme Lucic, de revenir cahin-caha.

Ces dernières années, le circuit a suivi la lente agonie de Daniela Hantuchova, devenue anorexique à la suite de maltraitances, sans que les instances s'en formalisent outre mesure. Elles se félicitent aujourd'hui du retour au premier plan de la Tchèque après sa victoire à Indian Wells...

On a aussi seulement acté le fait que l'Ukrainienne Julia Vakulenko, après une grave dépression, avait trouvé refuge en France au sein de l'Académie Mouratoglou pour se refaire une santé morale et physique après bien des tourments avec son ancien coach. Mais le grand barnum continue, reléguant dans l'ombre les victimes de l'industrie du spectacle.

 

Plaintes pour viols

En France, deux affaires concomitantes ont brutalement montré que notre pays n'échappait évidemment pas à ces violences. Il a fallu un nouvel esclandre d'Arsalane Rezaï, père d'Aravane, au siège même de la Fédération française, pour qu'il soit enfin interdit de stade. Depuis plusieurs années, il était de notoriété publique que cet homme se montrait agressif avec quiconque tentait de s'opposer- sportivement - à l'ascension de sa fille. A-t-on au moins cherché à savoir s'il réservait seulement ses excès au monde extérieur ?

Dans le même ordre d`idée, tente-t-on aussi de juguler les excès du père de Leolia Jeanjean, espoir française n° 1 âgée de 12 ans, lorsqu'il interpelle sa fille avec des mots très crus pendant les matchs ? L'autre affaire concerne Régis de Camaret, ancien coach de premier plan, maintenu en détention malgré ses dénégations après que d'anciennes pensionnaires de son centre d'entraînement à Saint-Tropez ont porté plainte pour des viols commis entre 1989 et 1991.

Toutes ces accusations alimentent, hélas en semblant le valider, le fantasme d'un monde trouble où les pressions pour réussir conduisent à des dérapages. Certains témoins de l'époque regrettent aujourd'hui de ne pas avoir senti « ces choses-là ». Mais qui veut bien voir ça ?


Ma source est http://www.01men.com/editorial



Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

anonyme 01/04/2008 00:28

c'est inadmissible de dire des  choses quand on a pas de preuve..Tu dois etre un pauvre frustré...

dopage 02/07/2007 16:56

Je trouve que c'est article est très important. Il faut aussi connaître cette partie la dans le sport.