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CONTRE LE DOPAGE

Le Comité olympique aurait couvert une centaine d'affaires entre 1988 et 2000.

18 Août 2007 , Rédigé par Marie Publié dans #Athlétisme

En lisant cette article je suis dégoutée !

Mais, je trouve l'article très intéressant et cela ouvre vraiment les yeux.

Et vous qu'en pensez-vous ?


Gilles Dhers

Libération 21 avril 2003


Sur le site Internet de Carl Lewis, une rubrique : «La fontaine de jouvence de Carl». L'homme aux neuf médailles d'or olympiques et dix titres mondiaux y recommande fruits et légumes frais, pain, riz brun, soja, graisses naturelles... Pas éphédrine, pseudoéphédrine ou phénylpropanolamine. Trois produits interdits de la classe des stimulants. Trois dopants retrouvés à trois reprises dans les urines de Carl Lewis en juillet 1988 lors des sélections américaines pour les Jeux olympiques de Séoul. Trois contrôles positifs qui auraient dû, en vertu des règlements du Comité international olympique (CIO) et du Comité olympique américain (Usoc), lui valoir une suspension et donc le priver des JO. Carl Lewis alla en Corée. Il en ramena deux médailles d'or, sur 100 mètres (après disqualification de Ben Johnson pour contrôle positif aux stéroïdes anabolisants) et à la longueur, et une d'argent, sur 200 mètres. Joe DeLoach, lui, remporta le 200 mètres à Séoul (devant Lewis). Comme Lewis, il fut contrôlé positif aux trois stimulants lors des sélections américaines. Et comme son compagnon d'entraînement du Santa Monica Track Club, il fit appel et fut blanchi par l'Usoc.

Médaillés. Quinze ans plus tard, les faits resurgissent. Ramenés au jour par Wade Exum, ancien directeur des contrôles antidopage de l'Usoc entre 1991 et 2000. Selon lui, le comité olympique américain aurait ainsi étouffé plus d'une centaine de cas de dopage entre 1988 et 2000. Dont 19 concernant des médaillés olympiques. Parmi les noms figurant dans des milliers de pages de documents fournis par Exum au quotidien californien Orange County Register, qui a sorti l'affaire la semaine dernière, et à Sports Illustrated, la bible hebdomadaire des sports américains, qui doit aborder le sujet dans son édition d'aujourd'hui, seuls ont filtré, outre Lewis et DeLoach, ceux d'Andre Philips (positif à la pseudoéphédrine aux sélections américaines de 1988), médaillé d'or sur 400 haies à Séoul, de la tenniswoman Mary Joe Fernandez, positive à la pseudoéphédrine en 1992 et malgré tout autorisée à participer aux JO de Barcelone où elle gagna une médaille d'or (double dames) et une de bronze (simple dames), du footballeur Alexi Lalas, dont le ratio testotérone-épitostérone pouvait laisser supposer un recours aux stéroïdes, mais qui put jouer aux Jeux de Barcelone, et du lutteur Dave Schultz, champion olympique en 1984, contrôlé positif à la phentermine (stimulant) en 1993, mais pas suspendu pour autant.

Le cas Lalas mis à part, on ne se situe pas, avec les produits incriminés, dans le cas de recours à l'armement lourd du dopage. Il n'empêche. Ces stimulants étaient et restent interdits en ce qu'ils permettent d'améliorer les performances. En augmentant la concentration et l'agressivité ou en diminuant la sensation de fatigue. Autre avantage pour les tricheurs, ils peuvent plaider la bonne foi dans la mesure où l'on retrouve ces produits dans nombre de médicaments con tre le rhume. Mary Joe Fernandez ? Elle avait traité un coup de froid. Carl Lewis ? Il avait avalé une préparation à base de plantes dans le même but. Pratique. Même pas la peine de dire «dopé à l'insu de mon plein gré». Seulement souligner l'obligation que l'on a de se soigner et plaider l'ignorance de la composition des produits absorbés. C'est à ce titre du dopage non intentionnel que l'Usoc avait relaxé Carl Lewis. En totale contradiction avec la doctrine officielle que professaient à l'époque l'Usoc et la Fédération américaine d'athlétisme. Le même Lewis, qui, deux ans avant les faits, rapporte le Orange County Register, apparaissait dans une vidéocassette de l'Usoc mettant en garde contre ces prépa rations anodines pouvant contenir de l'éphédrine : «Les athlètes doivent faire grandement attention à ne pas les utiliser par inadvertance, au risque d'être suspendu...»

Laxisme. Les affaires dévoilées par Wade Exum (par ailleurs en procès avec l'Usoc pour discrimination raciale) commencent à faire grand bruit. Aux Etats-Unis, on n'est plus très loin du gros scandale ; des voix se font entendre pour demander un audit indépendant de l'Usoc. D'autant que des documents révélés par le Orange County Register accréditent l'idée qu'en 1988 l'Usoc n'a jamais sérieusement envisagé de suspendre les athlètes incriminés. Ainsi cette lettre de Baaron B. Pittenger, à l'époque directeur général de l'Usoc, à Joe DeLoach, l'informant que la contre-expertise de ses urines confirme la présence des trois produits interdits et qu'il est donc sous le coup d'une disqualification de l'équipe olympique. Le tout dactylographié. Mais Pittenger rajoute à la main au bas de la lettre : «Joe, ceci est une notification formelle que je dois t'envoyer conformément au protocole des contrôles. Comme tu le sais, ce cas peut être excusé pour usage non intentionnel. Bonne chance.» Evelyn Ashford, ancienne sprinteuse américaine, témoigne dans le Orange County Register : «Pendant des années, j'ai su ce qui se passait. Mais en tant qu'athlète, vous ne pouvez rien faire. Vous deviez croire que les instances sportives faisaient leur boulot. Objectivement, ce n'était pas le cas.» Pour l'instant, le comité olympique américain se défend en menaçant Wade Exum d'un procès.

Les journaux canadiens ­ «remember Ben Johnson» ­ sont parmi les plus virulents. Jusqu'à Dick Pound, le président canadien de l'Agence mondiale antidopage, ancien vice-président du CIO, qui voit dans ces révélations la confirmation d'années et d'années de rumeurs et de suspicions sur le laxisme, l'aveuglement volontaire et la politique délibérée d'enterrement des affaires de la part des Etats-Unis en matière de lutte contre le dopage.

Ma source est http://www.fsa.ulaval.ca


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ryback 19/08/2007 12:45

hello.
Sportif depuis un peu plus d'une année (footing), je suis surpris de plus en plus par la portée du dopage chez la plupart des athlètes.
Lorsque l'on voit l'évolution des courses de vitesse sur 1000 mètres ou 1500 mètres, c'est très impressionnant: il y a l'entrainement mais certains athlètes semblent avoir une évolution très spectaculaire en peu de temps........
Je pense que nous allons vers des surprises dans de nombreux sports. Qund tu vois le cyclisme avec le tour de france c'est à vomir. Les 50 premiers cyclistes sont à interpeller pour dopage, c'est clair.