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CONTRE LE DOPAGE

Affaire de dopage au Tour de l'Avenir : un coureur témoigne

13 Octobre 2009 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Cyclisme


La scène se déroule vendredi 11 septembre, non loin de la Suisse, sur un rond-point de Saint-Sauveur, en Franche-Comté. Deux 4 × 4 aux plaques d'immatriculation étrangères - l'une ukrainienne, l'autre espagnole - sont arrêtées par les douanes. Banal contrôle routier ? Certainement, sauf que les agents vont découvrir dans des sacs plastiques une "petite pharmacie" composée de 196 éléments, dont des seringues et des cathéters. Mais également des médicaments, des produits dopants - de l'actovegin, de l'érythropoïétine (EPO), de la somatropine, une hormone de croissance...


 

Ces voitures appartiennent à un kinésithérapeute et au père d'un coureur de l'équipe d'Ukraine qui participe au Tour de l'avenir, une compétition de cyclistes de moins de 23 ans - les futurs espoirs du vélo - qui s'est déroulée du 5 au 13 septembre. Interpellés et placés en garde à vue, ils sont mis en examen pour "détention et usage de substances interdites aux fins de dopage "... Trois jeunes de l'équipe ukrainienne (sur six) sont eux aussi mis en examen.

Ces jeunes-là, tous nés en 1987, - la justice n'a pas révélé leurs noms - reconnaissent plus ou moins les faits, assurent aux enquêteurs qu'ils ont des certificats médicaux pour justifier leur attirail retrouvé dans leurs valises placées dans le coffre des 4 × 4. Des certificats restés... au pays.


L'un d'entre eux, un étudiant qui réside en Espagne, va finalement tout expliquer. Il dit avoir acheté de l'actovegin à un pharmacien en Ukraine qu'il prenait sous la forme de comprimé. "Je devais me servir de ces seringues pour utiliser un produit interdit, du GMH (une hormone de croissance)", explique-t-il. Et pourquoi est-ce interdit ? "Je ne sais pas", lâche le coureur. Pourquoi l'utiliser ? Pour favoriser la récupération. "J'achète des produits par rapport à ce que j'entends (...) et avec l'argent de mes parents", ajoute-t-il.


Une autre seringue, bleue et plus grande que les autres, lui sert à diviser la somatropine pour en faire deux doses. "Je me dopais car je voulais obtenir de meilleurs résultats pour intégrer une équipe professionnelle et ainsi avoir de l'argent", raconte-t-il, naïvement. Pourtant, il est déjà pro : "On aspire toujours à être meilleur et à gagner un peu plus d'argent."


Le jeune homme a commencé à se doper l'an dernier : "J'ai toujours pris de la somatropine, de la GMH et de l'EPO recombinante." Les enquêteurs lui demandent comment il se les est procurées ; ses explications pourraient permettre à la justice française de remonter la filière d'approvisionnement et le nom d'éventuels fournisseurs.


L'Ukrainien raconte que son dernier "shoot" de somatropine remonte au 10 septembre "Quant au GMH, je ne sais plus si c'est la troisième ou quatrième étape", lance-t-il. Des produits qu'ils s'injectent la nuit à l'hôtel, dans la salle de bains.

Il assure n'avoir jamais été positif à un contrôle antidopage. "Je sais qu'on n'est pas positif à l'EPO si on se l'administre dix jours avant le début de la compétition, assure-t-il. La GMH, je sais qu'elle n'est pas détectable, la somatropine, oui."

 

Mustapha Kessous

 

Source et date de l'article LeMonde.fr  21.09.09

 






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