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CONTRE LE DOPAGE

Ces sports au dopage insoupçonné

15 Décembre 2009 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Etudes sur le dopage

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La suspension de deux ans infligée récemment par la chambre disciplinaire de Swiss Olympic à un joueur de billard américain, qui a refusé un contrôle, prouve que tout sport peut être touché.

 
Patrick Wurlod | 15.12.2009

«Si je suis étonné de voir que le billard ou l’alpinisme sont aussi touchés par le dopage? Il n’y a vraiment plus rien qui m’étonne. Je suis trop impliqué pour en être encore à l’état de surprise.» Lâché par Martial Saugy, directeur du Laboratoire suisse d’analyse du dopage à Lausanne (LAD), le propos prouve que la tricherie est présente là où le citoyen lambda ne le soupçonne pas.

 

Tricherie ou malentendu?


Le 4 décembre, la Chambre disciplinaire de Swiss Olympic suspendait pour deux ans le joueur de billard américain John Torres, pour refus de se soumettre à un contrôle. Mais si le billard a déjà été touché par le fléau maintes fois, le cas du Prilléran de 32  ans, licencié au club d’Echallens Le Break, est particulier. Parti à la hâte d’un tournoi à Bienne pour des raisons privées, il n’a pu y subir un contrôle en fin d’épreuve. Le lendemain, il a éconduit le contrôleur qui s’était déplacé à son domicile à un moment inapproprié.

«Le problème, c’est qu’un refus équivaut à un cas grave de dopage dans nos barèmes de sanction. Le contrôleur informe toujours du risque encouru, précise Matthias Kamber, directeur d’Antidoping.ch. En cas de première sanction, la suspension est de deux ans. Pour de la consommation de cannabis, elle est de 3 à 4 mois, et pour un cas répété de dopage, ça peut aller jusqu’à 4  ans.» Antidoping.ch procède aux contrôles, livre les échantillons au LAD, puis la chambre disciplinaire de Swiss Olympic rend son jugement.

Rien ne prouve donc que Torres a voulu dissimuler l’utilisation d’un produit. «Mais la chambre disciplinaire n’a pas été convaincue par ses explications en audition. Il n’a pas le bénéfice du doute, car nos règlements disent qu’un refus est jugé comme un cas de dopage», lâche Alfred Zehr, président de la Fédération suisse de billard. «Trop petite pour avoir ses propres contrôleurs, notre fédération accepte toujours les décisions d’Antidoping.ch, mais n’a jamais été confrontée à un cas grave.»

«Il s’agit toujours d’une minorité, mais on constate que le dopage croît chez les nobodies. Car n’intervient pas toujours que la question d’argent, relève Martial Saugy. Il y a cette simple volonté d’être devant, d’être meilleur que son voisin. Des gens se laissent prendre au jeu. Ils savent qu’ils trichent, mais l’homme sait se mentir à lui-même.»

Quels produits dopants pour quels sports ? L'analyse de Martial Saugy

BILLARD
«Généralement, lorsque nous recevons des échantillons à analyser, nous contrôlons tout. Mais pour ce qui est du billard, nous nous focalisons sur les bêtabloquants. Ce sont les produits qui agissent de la manière la plus évidente dans ce sport, sans effets secondaires et sans agir sur la volonté de gagner, au contraire des calmants. Ils vont ralentir et réguler le rythme cardiaque, pour que le joueur ne cède pas à l’effet émotionnel et possède une meilleure capacité de concentration. Il s’épargne ainsi des gestes dus à la nervosité.»

GOLF
«Voilà un sport dont on parle beaucoup dans notre milieu, où le dopage touche surtout les bons populaires. Ils échappent plus aisément aux contrôles, disputent des épreuves avec de l’enjeu, mais sans faire partie du circuit professionnel. Les bêtabloquants leur permettent d’avoir une concentration extrême à un moment voulu, tout en conservant de la tonicité.»


ALPINISME
«Dans ce sport et ses dérivés, la grimpe ou le ski-alpinisme par exemple, l’usage d’érythropoïétine (ndlr: EPO) est observé. Il permet de se conditionner et de s’adapter plus rapidement aux différences d’altitude. Les grimpeurs évitent ainsi d’effectuer tous les paliers, en agissant artificiellement sur leur organisme. En revanche, l’EPO ne permet pas de lutter contre le mal des montagnes. Dans ce cas-là, les diurétiques constituent l’une des réponses. Ils fluidifient le sang, agissent sur les échanges de sels minéraux. Nous sommes ici à la limite de la thérapeutique, car ces produits peuvent aider un alpiniste en cas de coup dur, voire même le sauver. Mais s’ils sont utilisés de manière préventive, il y a amélioration artificielle de la performance. On peut affirmer qu’en alpinisme, il y a une tradition de l’usage des produits diurétiques, l’apparition de l’EPO étant plus récente.»


SPORTS ARTISTIQUES
«Avec la danse, le patinage artistique, voire la gymnastique, on touche à des disciplines qui sont dans la zone grise entre le spectacle et la performance sportive. Elles ont tendance à devenir de plus en plus exigeantes sur le plan physique. Leurs pratiquants ont donc surtout besoin d’un renforcement musculaire. L’usage de stéroïdes anabolisants permet d’avoir la pêche, tout en assurant que le squelette ne va pas lâcher. Mais il y a aussi moins de risques d’être sujet aux courbatures et à certaines blessures. Ils n’agissent donc pas sur l’agilité proprement dite, mais permettent d’avoir une condition physique qui permet ensuite d’aller plus loin dans la gestuelle. Car, dans ces sports, la règle numéro un, c’est d’avoir une condition physique irréprochable.»


Source de l'article 24heures.ch

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Greg 08/03/2010 19:10


Je prépare un cours pour mes élèves anglais sur le dopage et j'ai trouvé plein de choses intéressantes sur votre site. Super boulot ;-) Merci.