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CONTRE LE DOPAGE

Dopage : l’Espagne ne veut pas savoir / suite de l'article

14 Mars 2013 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Procès Puerto

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Combien de clubs espagnols « soignés » par Fuentes ?

Les autres sports, justement, vont sortir relativement indemnes du procès Puerto.

Pour l’instant, il n’a pas permis de lever le doute sur les liens entre le football espagnol et le docteur Fuentes, qui a dit avoir travaillé pour de grands clubs.

En 2006, Le Monde affirmait, sur la foi de documents confidentiels et non saisis par la Guardia Civil, que le FC Barcelone, le Real Madrid, le FC Valence et le Betis Séville étaient clients du docteur Fuentes. Le Barça et le Real ont gagné contre le journal devant la justice espagnole.

 

Sans que le procès n’y soit pour rien, le nom d’un cinquième club espagnol vient d’émerger : la Real Sociedad. Président du club basque en 2008, Inaki Badiola a estimé dans le journal As que l’inscription « Rsoc » sur plusieurs documents du docteur Fuentes faisait sans doute référence à son club.

Une double comptabilité aurait permis aux docteurs d’acheter, entre 2001 et 2008, des produits dopants fournis par Fuentes. Le président de l’époque a nié en bloc. Aujourd’hui, il est président de la Ligue professionnelle de football.

Quant au docteur Fuentes, il s’en est sorti par une pirouette : Rsoc ? « C’est peut-être un bon vin. » L’interrogatoire n’est pas allé plus loin.

Le gardien Sander Westerveld, à la Real Sociedad entre 2001 et 2004, a eu lui une drôle de manière de démentir dans la presse néerlandaise :

« Je n’ai jamais relevé qu’une préparation avait amélioré ma performance. A la Sociedad, nous recevions des perfusions de temps en temps, avant ou après les matches. Mais je ne peux imaginer qu’il s’agissait de produits interdits. »

« Six ou sept athlètes du gratin mondial impliqués »

Beaucoup d’éléments du dossier impliquent également Marta Dominguez, meilleure athlète espagnole de l’histoire et sénatrice du PP, le parti au pouvoir. Un document datant de 1997 préconise une cure d’EPO pour une certaine « O MARTA DGZ », âgée de 22 ans et pesant entre 52 et 56 kilos. Comme Dominguez.

Recueillis encore par la Guardia Civil, des poches de sang au nom du chien de la championne – un code habituel chez Fuentes – et un programme d’EPO et de transfusions en 2005, envoyé à l’agent de Dominguez avec l’inscription « MZD 2005 ». Réaction du président de la fédération espagnole ? « Rien à déclarer. »

Pour Sergi Lopez, le travail de l’instruction a permis de prouver que le système Fuentes impliquait plusieurs sports :

« Outre Marta Dominguez et le Real Sociedad, la Guardia Civil est également persuadée que six ou sept athlètes parmi le gratin mondial, donc des étrangers, sont impliqués. »

Témoins et poches de sang disparaissent

Le procès Puerto, c’est aussi un festival de coups du sort, d’escamotage et de prestidigitation :

  • sur les 224 poches de sang saisies par la Guardia Civil, seules 173 sont conservées au laboratoires antidopage de Barcelone. Les 51 autres ? Personne n’est en mesure de dire où elles sont passées ;
  • Alberto Leon, un ancien cycliste assistant de Fuentes, s’est pendu en 2011 ;
  • le docteur José Luis Merino, qui devait figurer parmi les six accusés, a vu son dossier classé juste avant le procès pour cause d’Alzheimer ;
  • Angel Vicisio, coureur soupçonné d’avoir été client de Fuentes, a vu son audition reportée pour un mal de dos, puis a disparu des radars. Il a fallu retrouver sa trace en Andorre ;
  • Alberto Contador, qui devait témoigner en défense de son ancien directeur sportif Manolo Saiz, y a finalement échappé : l’avocat de Saiz a annulé sa demande.

Certains coureurs sont quand même venus témoigner mais là, c’est leur mémoire qui avait disparu. Sur sept coureurs espagnols, seul Jesus Manzano, l’homme par qui le scandale est arrivé, a reconnu avoir été dopé par le docteur Fuentes.

Les anecdotes du système Fuentes

Que restera-t-il du procès Puerto ? Tout au plus quelques anecdotes, dans la même veine de celles entendues dans l’affaire Armstrong, grâce aux témoignages de Jörg Jaksche, Tyler Hamilton et Jesus Manzano.

Jaksche s’est souvenu des offres commerciales du docteur Fuentes – 4 000 euros la poche de sang, 6 000 euros les deux – et de sa carte de France des lieux de transfusions pendant le Tour : « Il y avait tellement (de cercles) qu’on ne distinguait pas la France ».

Tyler Hamilton a raconté l’aller-retour Lyon-Madrid de l’équipe Phonak avant le Critérium du Dauphiné en 2004, pour se faire transfuser. « Pendant la course, on respirait tous par le nez. On a tous fini dans les 10 premiers. »

Un mois plus tard, pendant le Tour, Hamilton a cru mourir après une transfusion. Il est devenu fiévreux et son urine était noire. « Le sang devait être dégradé. »

Chez Kelme, l’équipe dont Fuentes s’occupait en priorité, on prenait avec humour l’absorption de produits aux effets secondaires inconnus, a raconté Manzano. Quand les coureurs avaient pris de l’Actovegin, produit à base de sang de veau, ils poussaient des beuglements. Quand c’était de l’Oxyglobin, utilisé dans le traitement de l’anémie chez les chiens, ils se mettaient à aboyer.

On aurait aimé qu’un footballeur nous dise s’il pissait bleu ou qu’un tennisman relate son aller-retour Paris-Madrid avant Roland-Garros. La prochaine fois, peut-être. Ou, on peut toujours rêver, d’ici la fin du procès le 22 mars.

 

Source et date de l'article  RUE 89.com  27.02.2013

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