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CONTRE LE DOPAGE

Dopage, Martial Saugy va s'expliquer

11 Janvier 2013 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Cyclisme

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Le directeur du laboratoire antidopage de Lausanne a été accusé par le président de l'Agence américaine antidopage d'avoir «donné les clés» du test de détection de l'EPO au cycliste.

Martial Saugy donnera une conférence de presse vendredi 11 janvier à 13h30 au Laboratoire antidopage de Lausanne.

 

Le président de l’Agence américaine antidopage (Usada), Travis Tygart, a adressé de graves accusations à son encontre. Selon le boss de l’Usada, Martial Saugy aurait «donné les clés» du test de détection de l’EPO à Lance Armstrong après un résultat suspect au Tour de Suisse 2001.

Travis Tygart a abordé dans l’émission «60 Minutes Sports», diffusée sur la chaîne Showtime, certains aspects de l’enquête de l’Usada qui a entraîné la chute d’Armstrong.

 

Il a notamment raconté avoir parlé avec Martial Saugy lors d’un dîner en 2010: «Il s’est assis à côté de moi et m’a dit: ’Travis, il y a un échantillon d’Armstrong (du Tour de Suisse 2001) qui indiquait qu’il utilisait de l’EPO’. Il (M. Saugy) nous a aussi dit qu’il lui avait été ordonné par l’UCI de rencontrer Armstrong et (le manager de l’US Postal) Johan Bruyneel (en 2002) pour leur expliquer la méthode de détection de l’EPO, chose inédite pour lui», a relevé Tygart.

«Alors je lui demandé: ’Avez-vous donné à Lance Armstrong et Johan Bruyneel les clés pour battre les test de l’EPO ?’. Et il a hoché la tête pour dire oui», a-t-il continué, avant d’ajouter: «Martial Saugy leur a expliqué, juste à eux deux. Autant que je sache, c’est sans précédent. C’est totalement incorrect de rencontrer un sportif au résultat suspect et lui expliquer comment le test fonctionne.»

 

En octobre dernier, Martial Saugy invitait à replacer cette saga dans le cadre de la lutte antidopage du début des années 2000. Avec d’un côté, les fédérations sportives aux moyens d’action beaucoup plus limités qu’aujourd’hui hésitant entre prévention et répression, et de l’autre, les athlètes demandant plus d’explications sur des méthodes scientifiques qui pouvaient leur donner un carton rouge et compromettre ainsi leur carrière, parfois à tort.

Si la mise au point du test EPO par le Laboratoire de Paris en 2000 a été une étape fondamentale, la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) de blanchir le Danois Bo Hamburger, au motif que la probabilité de positivité était insuffisante, avait en effet incité à être extrêmement solide dans les procédures.

 

«La politique de l’UCI à l’époque était, en cas de résultats anormaux et surtout quand il s’agissait de coureurs importants, de les convoquer et de leur demander des explications. C’était leur approche de la prévention», avait rappelé Martial Saugy.

«L’UCI m’a dit fin juin 2002: ’on a averti le coureur pour lequel vous aviez un résultat suspect en 2001, il a donné un autre résultat suspect rendu par un autre laboratoire et il aimerait savoir par quelle méthode il est jugé’. Ce coureur, c’était Armstrong, c’est là que je l’ai appris», avait raconté Martial Saugy.

 

Outre ses accusations envers Martial Saugy, Travis Tygart a abordé d’autres aspects de son enquête, et notamment les menaces de mort dont il a été victime. «La pire étant probablement qu’on allait me mettre une balle dans la tête», a-t-il dit, ajoutant qu’il avait mis le FBI sur l’affaire. Pour lui, le «programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l’histoire du sport», comme écrit dans le rapport accablant sur lequel l’Usada a basé ses sanctions, était partiellement géré comme une «mafia».

 

Friand de formules chocs, Tygart a affirmé que les six échantillons d’Armstrong datant de sa première victoire au Tour de France, en 1999, étaient «tous flamboyant positifs» quand ils ont testés pour l’EPO en 2005.

Le nouveau chevalier blanc de la lutte antidopage a encore jeté une pierre dans le jardin de l’UCI en jugeant «totalement inapproprié» les 125’000 dollars de dons d’Armstrong acceptés par les dirigeants cyclistes de l’époque. Tygart a lui-même assuré avoir refusé en 2004 un don de 250’000 dollars qu’Armstrong voulait faire à l’Usada par l’intermédiaire d’un représentant. Un avocat d’Armstrong s’était empressé de nier une accusation impliquant qu’il achetait le silence des institutions.

 

Après avoir nié en bloc pendant près de dix ans, Armstrong s’apprêterait à changer de stratégie, comme l’a avancé le New York Times la semaine dernière. L’Américain de 41 ans serait tenté de passer aux aveux et de convaincre des autorités antidopage de lever sa radiation à vie pour lui permettrait de reprendre la compétition, notamment en triathlon. Il passera à la télévision le 17 janvier pour un entretien avec Oprah Winfrey enregistré à l’avance mais garanti «sans concession» par l’ex reine de l’audimat, dont le plateau a longtemps été un lieu de confession.

 

Source et date de l'article  TDG.ch  11.01.2013

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