Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
CONTRE LE DOPAGE

EXCLUSIVITE / Transfusion sanguine

18 Avril 2011 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Etudes sur le dopage

dopage_perto.jpg

 

Cet article est EXCLUSIF car il n'a pas été publié dans Sport et Vie


Si la transfusion sanguine homologue (donneur d’un même groupe) est détectable suite à la mise en évidence de variations concernant des antigènes sanguins, la TS autologue reste encore directement  indétectable en 2011.La méthode de mise en évidence indirecte de cette méthode de dopage constitue une petite avancée  et devrait rendre le dopage encore un peu plus difficile en 2011. La technique est basée sur le dosage des métabolites urinaires du di (2-éthylhexyl) phtalate ou DEHP et elle a été décrite en décembre 2010 dans la très sérieuse revue Analytical and Bioanalytical Chemistry (1), ce qui constitue une étape importante pour son utilisation par l’AMA. Chose intéressante, les phtalates alimentaires seraient différents de ceux utilisés dans le matériel médical. Le DEHP est un plastifiant utilisé pour assouplir le plastique des tubulures et des poches de sang : il diffuse dans le sang contenu dans la poche. La limite de détection est de 0,2 à 0,3 ng/ml et la limite de quantification est de 1 ng/ml.

 

L’étude a été réalisée sur un groupe contrôle représenté par 10 patients hospitalisés transfusés, 100 personnes sédentaires et 468 athlètes lors d’un contrôle antidopage : le taux des métabolites du DEHP n’était augmenté que chez les patients transfusés (et chez 3 coureurs cyclistes de la même équipe !).

 

Bien évidemment, l’étude ne nous dit pas à partir de quels  taux de plastifiants, l’athlète sera soupçonné d’être transfusé, ni les valeurs normales de ces taux dans une population non sportive car ces phtalates peuvent se retrouver dans l’organisme soit par ingestion, soit par inhalation. Dans l’affaire Contador, les journalistes du New York Times avaient écrit  que le laboratoire de Cologne avait retrouvé chez l’espagnol un taux de phtalates 8 fois supérieur au taux considéré comme normal. On peut supposer que cette affaire a accéléré la validation du test. Mais cette méthode de détection indirecte ne pourra pas être utilisée pour affirmer un dopage, par contre elle pourra être utile au Passeport Biologique® de l’athlète et permettra de mieux cibler les sportifs à contrôler dans le cadre d’un dépistage direct.


Quand la méthode sera officiellement validée, il reviendra alors à Contador de faire rechercher les phtalates dans ses échantillons des Grands Tours victorieux (TDF 2007, 2009, 2010, Giro 2008, Vuelta 2008) afin de couper court à toutes les rumeurs de transfusions. Il y a fort à parier que les partisans de la TS utiliseront dorénavant d’autres matériaux que le polyéthylène souple pour transporter leur sang : polycarbonates à base de bisphénol-A ou polyéthylène téréphtalate (Mylar®) des bouteilles d’eau gazeuse. Dans le Mylar®, le phtalate est davantage associé au plastique et migre moins dans l’organisme. Par contre, on les voit mal utiliser un autre modèle de tubulures souples ; les taux de phtalates engendrés par le passage du sang dans ces tubulures souples pourraient être abaissés, jusqu’à l’être sous les seuils de détection ?


(1)    Rapid determination of urinary di (2-ethylhexyl) phtalate metabolites based on liquid chromatography/ tandem mass spectrometry as a marker for blood transfusion in sports drug testing. Solymos, Guddat, Geyer, Flenker, Thomas, Segura, Ventura, Platen, Schulte-Mattler and M.Thevis et al. Analytical and Bioanalytical Chemistry, dec 2010.

 

Article réalisé par Marc Kluszczynski du magasine Sport et Vie 

 


Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article