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CONTRE LE DOPAGE

Football / «Le dopage est un petit problème»

20 Octobre 2009 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Football


Le président du Comité médical de la FIFA, Michel D’Hooghe, exclut «toute culture du dopage» dans le sport le plus populaire du monde.


Pour la première fois, la FIFA a réuni le monde du football et les spécialistes médicaux de ses associations nationales. Ce week-end à Oerlikon/Zurich, ils étaient 480, issus de 183 des 208 pays membres, à participer à la Conférence médicale.

Le président du Comité médical de la FIFA, le Dr Michel D’Hooghe a reçu Le Temps.

Le Temps: Quelle est la réflexion actuelle de la FIFA sur la problématique du dopage?

Michel D’Hooghe: La prévention se situe au niveau de l’information. Il s’agit d’attirer l’attention sur les compléments alimentaires. Les études montrent que 25% contiennent des produits contaminés. Premièrement, nous doutons de l’efficacité de ces produits. Deuxièmement, ils sont dangereux car ils ne sont pas contrôlés.


– Quelles sont les statistiques en matière de dopage?

– Sur 30 000 contrôles en 2008, nous avons recensé 0,3% de cas positifs. Les produits sont essentiellement des drogues sociales, soit la marijuana et la cocaïne. Une dizaine de cas concerne les anabolisants, soit 0,03% des cas. Ces résultats montrent qu’il n’y a pas de culture du dopage dans le football. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de dopage, je ne peux pas me porter garant des 260 millions de joueurs dans le monde.


– Ces chiffres sont extrêmement faibles. Or, les footballeurs courent davantage et plus vite que par le passé, et se remettent de leurs blessures en des temps records

– Je vous renvoie aux laboratoires antidopage, qui travaillent de manière indépendante. Ce n’est pas que ne voulons pas parler du dopage, mais les statistiques sont excellentes. En excluant Maradona du Mondial 1994, nous avons donné l’exemple.

– La FIFA a été l’une des dernières fédérations internationales à ratifier le Code mondial antidopage. Actuellement, vous vous opposez à la localisation des athlètes voulu par l’AMA, pourquoi?

– Nous allons essayer de résoudre ce litige avec l’AMA dans les quinze prochains jours. L’AMA accepte la position de la FIFA. Il faut faire la différence entre un marathonien qui s’entraîne seul et un footballeur qui évolue tous les jours dans les infrastructures de son club. Notre position n’est pas encore acceptée par toutes les instances nationales antidopage. C’est encore une zone grise. Ce sujet est le seul problème qui reste avec l’AMA.

 

– Quid de la sanction des joueurs dopés, où la FIFA ne prononce pas automatiquement les deux ans requis par l’AMA?

– Le jugement au cas par cas a été accepté par l’AMA. Mais les deux ans restent une ligne directrice.

– Les contrôles antidopage ont-ils lieu hors compétition?

– La moitié d’entre eux le sont. Nous connaissons l’importance de ce type de contrôles. Lors de la Coupe du monde 2006, comme ce sera le cas en 2010, les trente-deux équipes qualifiées seront contrôlées hors compétition, un mois ou deux avant.

– S’agit-il de contrôles sanguins ?

– Il y a aussi des contrôles sanguins. Lors de la Coupe du monde 2002, nous ne les avions pas effectués, car la science ne permettait pas d’avoir des informations supplémentaires. Actuellement, nous réfléchissons avec l’AMA à un changement des contrôles antidopage, sur le plan qualitatif, car chacun coûte mille dollars. Nous allons essayer de mettre en place un passeport biologique. Nous avons déjà l’accord des grandes équipes européennes. Vous évoquez le dopage, mais il s’agit d’un petit problème.

– C’est-à-dire?

– Le grand problème, sur le plan médical, est l’abus des anti–inflammatoires, avec tous les effets secondaires, aux niveaux rénal, cardiaque, gastrique.


– Quels ont été les enseignements de la Conférence de ce week-end ?

– Ils se situent sur le plan de la prévention des lésions traumatiques. Sur le programme d’échauffement dénommé le « 11+ », qui permet d’éviter les blessures. Sur l’examen d’avant compétition qui vise à prévenir la mort subite. Nous avons parlé du respect du joueur, en abordant les questions d’altitude,
de chaleur et d’hydratation, de froid, d’humidité. Nous avons
un programme «ramadan», concernant le jeûne et le football. Notamment. Actuellement, 160 publications médicales émanent des services médicaux de la FIFA.

– Comment la FIFA suit-elle les organismes des footballeurs, au-delà de leur carrière?

– Nos onze Centres médicaux mènent des recherches. Nous savons que le lésions des hanches, des genoux et des chevilles sont plus élevés chez les footballeurs que sur la population normale.

 

– Les saisons s’allongent, les exigences de la télévision semblent souvent primer sur la santé des joueurs.

– Oui, c’est un problème éternel, vu les intérêts à la fois commerciaux et médicaux. Quand j’étais jeune médecin, les footballeurs professionnels jouaient trente fois par ans. Aujourd’hui, ils disputent 80 matches. La bonne moyenne serait d’en jouer un par semaine. Nous observons toujours davantage de lésions cartilagineuses, dues à la surcharge.

 

Source et date de l'article LeTemps.ch  19.10.09

 


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