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CONTRE LE DOPAGE

« Je me suis dopé et je ne regrette rien. Ne les jugez pas ! » partie 1

20 Août 2012 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Cyclisme

http://www.pezcyclingnews.com/photos/interviews/rmillar-solo.jpg

Première partie de l'article suite demain...

Source  Rue89  18.07.2012

Pierre-Henri Menthéour est un ancien cycliste pro. Alors que le Tour est touché par une nouvelle affaire de dopage, il explique pourquoi il s’est dopé et ce qui a changé.

Au départ de Liège, je me suis demandé si j’aborderais le sujet dopage sur Rue89. Au vu des commentaires, c’est bien cela qui vous intéresse, je crois. La course, l’effort, le sacrifice, la souffrance ? Non ? Ok.

 

L’auteur

Frère d’Erwann, Pierre-Henri Menthéour a, entre autres, épaulé Laurent Fignon lors de sa victoire dans le Tour 1984 et remporté une étape. Comme tout le monde, il était dopé. Depuis, il a rendu un titre acquis après une préparation à l’EPO.

Trente ans après, sa position sur le dopage est très nuancée et, comme il l’avoue lui-même, encore floue. Il a voulu écrire ce texte en voyant la tonalité des commentaires sous les articles concernant le Tour de France sur Rue89.

 

Je vais essayer d’apporter une pierre mal dégrossie à cet édifice qu’est le débat sur le dopage. Petit détail qui a son importance : je me suis dopé durant ma carrière de coureur pro. J’en ai fait état.

Je ne parlerai ici que de mon cas et ne puis révéler ce que d’autres ont pu faire.

Au cours de ma vie, j’ai vécu différentes étapes. Durant la première, celle de jeune coureur pro, le fait de prendre un produit pour être plus fort ne m’a jamais posé aucun état d’âme.

L’époque ne souffrait pas la honte.

Personne ne m’a jamais fait la morale

Comme le rappelait Philippe Brunel il y a quelques jours dans le journal L’Equipe, Jacques Anquetil a toujours déclaré publiquement qu’il se dopait. Cela remet-il en cause le champion qu’il était ? Lucien Aimar, ancien vainqueur du Tour, l’a aussi dit clairement dans le même journal. C’était naturel de prendre quelque chose.

Sur un Tour de France des années 70, à la question d’un journaliste de télévision et face caméra :

- « Luis Ocana, il s’avère qu’à la suite du contrôle d’il y a deux jours, vous auriez pris des amphétamines ? Qu’en est-il ?

- C’est exact, c’est exact, c’était bien des amphétamines ! »

 

Fin de l’interview. C’était Luis et c’était aussi l’époque. J’étais l’héritier, parmi d’autres, de cette époque. J’étais d’ailleurs très fier de perpétuer cet héritage. J’ai été nourri de l’Histoire du cyclisme.

La vraie Histoire ! Celle de Maurice Garin, de Lucien Petit-Breton, d’Eugène Christophe, René Vietto, Raphaël Geminiani qui fut mon directeur sportif. J’ai même rencontré Brambilla !

Ça ne vous dit sans doute rien et c’est sans importance mais pour moi, je devais être digne de mes pères. J’ai donc perpétué la tradition. Personne ne m’a jamais fait la morale sur l’éthique, la tricherie, etc…

Aujourd’hui, je ne regrette rien de ce que j’ai pu faire.

 

Source de l'image  

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