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CONTRE LE DOPAGE

« Je me suis dopé et je ne regrette rien. Ne les jugez pas ! » partie 3

22 Août 2012 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Cyclisme

http://www.rue89.com/sites/news/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2012/07/lancearmstrong.jpg

Suite et fin de l'article de la semaine

Impossible d’avouer

Je veux enfin parler du comportement de ceux qui sont pris au contrôle, ou d’une autre manière. Pourquoi ils nient coûte que coûte, pourquoi ils n’avouent jamais. Je crois que Lance Armstrong, sur la chaise électrique, dirait qu’il est innocent et qu’il ne s’est jamais dopé.

Un coureur se construit un palmarès et une image dans la souffrance. Il existe par le regard de l’autre. Quand il est pris au piège et qu’on dit qu’il a triché, il se figure que tout ce qu’il a accompli va être remis en cause. Qu’il ne sera plus rien. Impossible de se renier, d’autant plus que la plupart vivent financièrement de leur passé.

Il faudrait leur lire le début du poème de Rudyard Kipling, traduit par Paul Eluard :

 

« Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir (...)
Tu seras un homme, mon fils »

Passé par une période de toxicomanie

Enfin, il y a la santé. Pour ma part, pour l’instant, tout va bien, merci ! Je n’ai jamais vu ou lu aucune étude scientifique qui permette de dire que ceux qui ont utilisé des produits ont plus de problèmes de santé que les autres êtres humains. Certains coureurs ont pris des produits mais ont aussi une hygiène de vie exceptionnelle.

Dopage ou non, je pense que le sport cycliste de haut niveau n’est pas bon pour la santé : c’est trop de violence infligée à l’organisme.

Je n’essaie pas de dire que le dopage est inoffensif. Loin de là. Je sais m’être fait du mal souvent. J’ai connu l’époque folklorique des amphétamines. On en parle entre anciens en rigolant.

Pourtant, je suis passé par une période de toxicomanie. La plupart ne se l’avouent même pas. Je m’en suis sorti comme beaucoup, d’autres non. Je ne vais pas vous faire la liste des suicides et morts violentes mais elle vaut le coup d’oeil.

J’ai aussi eu recours très brièvement aux produits de « troisième génération », EPO et hormones de croissance, pour battre le record de l’heure. Ce fut très efficace, fabuleux même, je vous l’assure, mais aussi un peu flippant. Je pouvais exiger de mon corps ce qu’il n’était pas capable de donner… Pourtant, il a répondu présent, le bougre !

Les amphétamines, c’était la préhistoire du dopage. Au niveau de l’armement, c’était l’arc et les flèches. L’EPO et les modifications génétiques, c’est une bombe atomique.

Je n’ai pas tout réglé avec le dopage

La lutte contre le dopage est absolument nécessaire pour une seule raison à mes yeux : je n’aurais voulu pour rien au monde que mon fils reproduise ce que j’ai pu infliger à mon corps. Qu’un jour il puisse s’enfoncer des aiguilles dans le corps, même des vitamines, pour aller plus vite en vélo.

En écrivant cette chronique, je me rends compte que, dans ma tête, je n’ai pas tout réglé avec cette histoire. Tout n’est pas noir ou blanc dans le dopage. Comme dans la vie des hommes. C’est un peu une zone grise que l’on traverse durant sa vie de coureur.

Tous, nous avons un jour pris des libertés avec la morale. Cyclistes ou non. Il faut appliquer des règles strictes mais aussi comprendre ceux qui choisissent de « taper dedans ».

 

Source et date de l'article  Rue89.com  18.07.2012

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