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CONTRE LE DOPAGE

Le tennis et le dopage

4 Janvier 2013 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Tennis

http://blogues.lapresse.ca/tennis/files/2012/07/serena1.JPG

 

Une lectrice se pose beaucoup de questions sur l’usage de produits dopants à l’ATP et à la WTA. Ses soupçons portent principalement sur Serena Williams. «Comment peut-on ne pas jouer pendant des mois puis revenir au jeu et pulvériser ses adversaires? demande Johanne. Comment peut-on faire une embolie pulmonaire à 29 ans? Comment peut-on servir à près de 120 milles à l’heure comme les hommes? Comment peut-on avoir une telle musculature sans s’aider d’une manière ou d’une autre?»

 Johanne serait particulièrement déçue si elle apprenait que Roger Federer, son favori, utilise des produits dopants. Mais elle ne serait pas surprise outre mesure si Rafael Nadal le faisait.
«Est-ce que le programme de dépistage du tennis professionnel est vraiment à la hauteur? demande-t-elle enfin.

 

ous posez de grandes et graves questions, lui ai-je répondu. Je m’en pose aussi, mais je n’ai pas plus de réponses que vous. Il est vrai que Serena Williams et Rafael Nadal sont souvent montrés du doigt. Il suffit de naviguer un peu sur la Toile pour s’en convaincre. Et dans le cas du Majorquin, son forfait des Jeux n’a rien fait pour dissiper les doutes. Bien au contraire. Mais des tonnes de soupçons ne font pas une seule preuve. Tout notre système de justice repose sur la présomption d’innocence. Je crois profondément à ce principe, sans lequel bien des innocents auraient été condamnés. C’est pourquoi j’ai toujours fait preuve de prudence dans ce dossier. C’est pourquoi j’ai toujours refusé qu’on accuse Serena ou Rafa sur ce blogue.

 

En principe, l’ATP et la WTA ont un bon programme de dépistage, mais en principe seulement. Car les résultats des tests appartiennent à ces deux associations, qui peuvent décider de les révéler ou, au contraire, de les cacher.

Jusqu’ici, l’ATP et la WTA ont dévoilé peu de cas positifs. Il s’agissait souvent de joueurs secondaires. Les cas impliquant des joueurs importants étaient surtout reliés à des drogues récréatives. Pas de grands scandales donc.

De deux choses l’une : ou le tennis est un sport propre, propre, propre, ou on nous cache les résultats. À moins qu’il n’y ait une troisième hypothèse : on ne cherche pas fort à découvrir ce qui cloche.

Pour ma part, je ne crois pas que le tennis soit tout à fait «clean». Je suis convaincu que les responsables cherchent surtout à protéger la réputation de leur sport. En voici deux exemples éloquents.

 

Andre Agassi, après un test positif au crystal meth, a fait gober à l’ATP qu’un de ses assistants avait mis par erreur cette drogue dans ses boissons. C’était faux. Agassi lui-même a révélé le mensonge dans son autobiographie. Mais les bonzes de l’ATP se sont empressés de le croire. Quelques années plus tard, ils ont avalé avec le même enthousiasme une autre couleuvre : le récit de Richard Gasquet, qui a prétendu que les traces de cocaïne dans son organisme venaient d’un baiser donné à une femme droguée.

 

Dans les deux cas, il s’agissait de drogues récréatives. Ni Agassi ni Gasquet ne s’étaient dopés pour améliorer leurs performances. Mais si l’ATP a préféré fermer les yeux dans ces cas mineurs, pourquoi les ouvrirait-elle dans le cas d’une grande vedette qui, par exemple, aurait consommé des stéroïdes?

Je ne fais pas partie des cyniques qui estiment que tous les sportifs de haut niveau se dopent. Je suis même enclin à penser que la plupart des tennismen sont propres. Mais tous? J’en serais étonné.

 

Menée 6-2, 5-2, Stéphanie Dubois a jeté l’éponge au Challenger de Granby hier. La championne en titre, détrônée par la jeune sensation Eugénie Bouchard (ci-contre), a allégué une blessure à un pied, ce qui était sans doute vrai.

Ce qui m’a fait tiquer par contre, c’est le moment choisi pour abandonner. Dubois a prétexté l’avoir fait «par mesure préventive à l’approche des Jeux olympiques de Londres et de la Coupe Rogers». Je veux bien croire que les Jeux et la Coupe sont bien plus importants qu’un Challenger de province. Mais il ne restait qu’un petit jeu à disputer. La perdante aurait pu envoyer quatre balles dans le filet et laisser la gagnante savourer son heure de gloire, non! Si elle traînait cette blessure depuis un bon moment, comme elle l’a dit, elle pouvait bien endurer la douleur un jeu de plus.

Je me trompe peut-être, mais il me semble que ce n’est pas son pied que Dubois a cherché à protéger, mais son image. Abandonner, c’était une façon de dire haut et fort : «Si j’ai perdu contre cette petite, c’est uniquement parce que j’étais blessée.»

 

Source et date de l'article  LaPresse.ca  23.07.2012

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