La stratégie d'Alex Rodriguez !

Il faut remonter à plus de huit ans afin de retrouver la bougie d'allumage qui a mené Alex Rodriguez à se doper. Le 12 décembre 2000, les Rangers du Texas lui font signer le contrat le plus lucratif de l'histoire, tous sports confondus : 10 ans de service en échange de 252 millions $.
Partout, à la télévision, la radio, dans les journaux, on ne parlait que de cela, même parmi les médias traditionnels et dont le sport ne prenait qu'une petite place; c'était la nouvelle de la semaine.
A-Rod ne le savait peut-être pas à ce moment, mais ce contrat va peut-être l'avoir privé, indirectement, d'une place au Temple de la renommée du baseball.
En signant ce pacte, A-Rod est devenu une vraie célébrité : il était beau, jeune et avait de l'argent…beaucoup d'argent! Une nouvelle donne s'est aussi ajoutée : la pression.
En étant payé plus de 25 millions $ par saison, un joueur devient le cœur de l'équipe, et à l'instar d'un humain, si le cœur ne fonctionne pas, le reste ne suit pas. Il faut donc performer à chaque soir. D'ailleurs, A-Rod a fait mention de cette pression qui l'a poussé à se doper dans son entrevue à ESPN.
Les substances consommées
Ce qui est le plus troublant dans l'histoire de Rodriguez, c'est qu'il ne sait pas – du moins, c'est ce qu'il affirme – quels produits dopants il a utilisé entre 2001 et 2003. Le test antidopage qui l'a trahi révèle que de la testostérone et du Primobolan se trouvaient dans son échantillon. A-Rod n'a rien confirmé ou infirmé à ce sujet.
Se traitant de « stupide » et « naïf », il n'en demeure pas moins qu'il est relativement bizarre qu'un athlète ne sache pas ce qu'on lui injecte, surtout que certaines substances illicites ont plusieurs effets secondaires qui pourraient lui poser des problèmes de santé dans l'avenir. A-Rod savait que ces produits allaient l'aider, sans toutefois en connaître la vraie nature.
Les raisons des aveux
S'il fut étonnant de voir ce scandale éclater samedi, les aveux de Rodriguez, faits seulement 48 heures après les évènements, ont de quoi en surprendre plus d'un. Pourquoi un joueur de sa trempe se jette-t-il immédiatement dans la gueule du loup?
Dans le passé, les épisodes tumultueux de dopage vécus par Roger Clemens, Barry Bonds et Mark McGwire ont de quoi donner froid dans le dos, ce qui aurait peut-être poussé A-Rod à tout avouer maintenant et de faire la lumière sur son cas - avant que les journalistes ou les tribunaux ne le fassent à sa place.
En tant que joueur, mais surtout en qu'en humain, Alex Rodriguez ne sera plus perçu de la même façon; celui dont tout le monde voyait comme l'un des meilleurs joueurs « propres » de l'histoire, celui qui aurait pu devenir le plus grand cogneur de circuits de tous les temps sans jamais toucher aux stéroïdes. Faux.
A-Rod a préféré tout avouer maintenant, espérant que ses partisans, ses patrons, ses amis et les dirigeants de la ligue sauront – peut-être – lui pardonner. Le feront-ils immédiatement, laissez-moi en douter!
Rodriguez était pris au piège et il savait que les preuves étaient irréfutables; pourquoi les nier? Il a décidé de prendre une chance en avouant son dopage immédiatement. Il a surtout fait le point : il ne s'est pas dopé pendant toute sa carrière, seulement de 2001 à 2003, où il a connu trois de ses plus belles années en carrière.
Or, il est encore trop tôt pour savoir si le fait d'avouer ses torts aussi rapidement aura un effet positif ou négatif d'ici la fin de sa carrière, et pour son après-carrière. Cependant, une chose est claire : les chances de le voir à Cooperstown sont beaucoup plus minces maintenant…
Il n'y a pas beaucoup d'athlètes de haut niveau qui ont osé s'avouer dopé. Au baseball, Jose Canseco a écrit un livre sur le dopage sportif, faisant mention de son dopage ainsi que celui de d'autres joueurs encore actifs aujourd'hui.
Jason Giambi et Andy Pettitte, qui ont tous deux joué à New York avec Rodriguez, ont également déjà avoué qu'ils s'étaient dopés. Pettitte avait même convié la presse lors de son annonce, contrairement à A-Rod qui s'est confié à un seul journaliste.
D'autres joueurs, niant toujours les faits, auront peut-être besoin de se rendre au bout du rouleau avant de cracher le morceau. Et que dire du rapport Mitchell…
La fameuse liste
En dévoilant le fait qu'Alex Rodriguez était dopé, Sports Illustrated mentionnait qu'il apparaissait sur une liste de 104 joueurs qui ont été testés positifs à l'époque et qui, rappelons-le, n'étaient pas sanctionnés pour leur geste. Cette constatation troublante a forcé le baseball majeur à instaurer une politique antidopage par la suite.
Excluant A-Rod, il reste tout de même 103 joueurs. Qui ne nous dit pas qu'il y a d'autres grosses vedettes qui s'y trouvent et qui, présentement, doivent se croiser les doigts pour que leur nom ne soit pas révélé au grand jour. Je me trompe peut-être, mais on dit toujours que la vérité finit par remonter à la surface…
L'avenir d'A-Rod…
Les Yankees de New York, équipe pour laquelle Alex Rodriguez évolue, n'ont pas hésité à informer les médias qu'ils allaient supporter leur joueur, et ce, malgré les aveux de la fin de semaine. Voici un résumé du communiqué :
« Nous croyons fortement que les produits servant à améliorer les performances n'ont pas leur place dans le baseball majeur et nous supportons les efforts de la ligue dans le but d'enrayer ce fléau. »
« Nous avons encouragé Alex d'être honnête dans ses propos en ce qui concerne son dopage. Nous sommes évidemment déçus de la tournure des évènements, mais cela nous fait réaliser qu'Alex, comme nous tous, n'est pas parfait. »
« Alex a franchi une étape importante en admettant son erreur. Nous le supportons et nous allons tout faire en notre possible pour l'aider à bien performer en vue de la prochaine saison. »
En terminant…
On pourra traiter Rodriguez de dopé, de tricheur et de tous les noms possibles. Seulement, il faut aussi admettre qu'il est et sera un très grand joueur, malgré tout, et qu'il aura été honnête sur toute la ligne, du moins, jusqu'à maintenant.
La saison qui s'amorce sera possiblement la plus difficile de sa carrière, moralement parlant. Les journalistes du Big Apple se feront un malin plaisir d'être sur son cas la plupart du temps, et il est mieux de bien performer, sinon il sera une cible de choix pour les chroniqueurs sportifs.
Et si A-Rod connaît une saison incroyable, les mauvaises langues seront persuadées qu'il est encore dopé…Peu importe ce qui arrivera, A-Rod sera critiqué, mais quand tu cherches le trouble, tu finis par le trouver…
Source et date de l'article fanatique.can 10.02.09
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