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CONTRE LE DOPAGE

Quand les intellectuels parlent de dopage

12 Mars 2009 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Lutte contre le dopage


J'ai choisi cet article car je pense qu'il est intéressant d'avoir des avis extérieur du sport. Le point de vu d'un philosophe, d'un scientifique et d'un historien.


La lutte antidopage est-elle vraiment légitime ? Existe-il un dopage licite ? Plusieurs universitaires livrent leur vision et posent des questions plutôt originales.


Une fois n’est pas coutume, c’est à travers l’éclairage de philosophes, scientifiques et historiens que la collection "Regards sur le sport", éditée par l’INSEP, a choisi de parler de sport. Vendredi 6 mars, à l’occasion de la sortie des cinq DVD de la collection, Axel Kahn, généticien, Isabelle Queval, philosophe et Paul Yonnet, sociologue, se sont réunis à la Fnac des Ternes (Paris) pour évoquer le dopage. Exit grands sportifs et journalistes spécialisés, place aux "intellectuels". Le principe ? Ouvrir la question aux universitaires de toutes disciplines pour enrichir la problématique.


Derrière un discours digne d’un amphi de la Sorbonne, parfois même pompeux, ces universitaires ont apporté leur point de vue sur la question du dopage. Une nouvelle approche pour enrichir la réflexion.

"D’un côté, il y a les sportifs de haut niveau et les journalistes. De l’autre, les intellectuels qui ont eux aussi une réflexion sur le sport", observe le sociologue Paul Yonnet. "Ces deux univers ne se côtoient jamais. Il y a quelques jours par exemple, on pouvait voir deux ou trois calembours à la Une de L’Équipe, pas toujours très bons, ("Rodez, c’est balèze", "Collet va s’y coller", ndlr). À côté de ça, il y a des "intellectuels" qui réfléchissent aussi sur la question. Il faut que ces deux univers se rencontrent".


"Cette question du dopage est une problématique difficile intellectuellement à concevoir", explique Axel Kahn, ancien membre du comité consultatif national d'éthique (CCNE). "Où est la limite entre le dopage licite et illicite ? Car envoyer des athlètes en stage en altitude à Font Romeu est légal. Mais prendre des produits pour avoir exactement les mêmes effets n’est pas permis". Pour le généticien, il existe une ambiguïté morale qui entoure cette question du dopage. Selon lui, tout est question de point de vue : "A priori, le dopage est immoral. Mais si on prend la vision du médecin, c’est différent. Son rôle est de faire en sorte d’effacer les inégalités physiques entre les individus. Pourquoi accepter que le gros "balèze" batte toujours le petit maigrichon ? À ce titre, le dopage peut paraître moral". Encore plus lorsque l’on dépasse la simple dimension sportive. Car dans notre société, le dépassement de soi est presque une devise. Mais dans le sport, il y a un moment où le sportif arrive à ses limites. "C’est insupportable pour lui, insiste le scientifique." À cet instant, la norme devient la performance ".

Pour Isabelle Queval, philosophe et maître de conférences à l’université de Paris V, le dopage s’inscrit ainsi dans un certain contexte historique et social. "Nous vivons une période où le fantasme d’un corps maîtrisé est omniprésent", observe-t-elle. "Un corps désiré et voulu. Un corps qui va répondre à nos désirs de performances. C’est une perspective très contemporaine. Sans oublier que dans notre société, le sport reste le dernier repère de pureté. Le seul endroit où l’idée du "meilleur gagne" fonctionne encore. Ce principe ne fonctionne plus dans notre société".

"Jusqu'à quand la lutte antidopage sera utile ?"

Après avoir analyser pratique du dopage, les universitaires se sont penchés sur la question de la lutte antidopage. Et là encore, leur réflexion peut surprendre puisqu’ils vont jusqu’à remettre en cause la légitimité de cette lutte. "Cette lutte antidopage est encore utile, mais jusqu’à quand ?" s’interroge Isabelle Queval. "Comment va-t-on légitimer cette lutte le jour où les produits dopants ne seront plus nocifs ?" Et Paul Yonnet va même encore plus loin. "Pourquoi diabolise-t-on le dopage ? Parce qu’il en va de la santé de l’athlète. Mais le sport de haut niveau est mauvais pour la santé. Si on veut véritablement en finir avec le dopage car il est nocif, il faut alors arrêter le haut niveau".
Si ces universitaires n’ont pas de solutions miracles, leur analyse a au moins le mérite d’apporter de nouvelles pistes de réflexion. Car le dopage, et le sport en général, n’est en aucun cas la chasse gardée des sportifs et des journalistes.


Source et date de l'article Les dessous du sport  9.03.09

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