Sinkewitz replonge le cyclisme allemand dans la crise

Article du 18 juillet 2007
Le contrôle positif à un fort niveau de testostérone du coureur allemand de la T-Mobile Patrik Sinkewitz, a conduit mercredi deux chaînes allemandes à suspendre leur couverture du Tour de France cycliste.
Le contrôle de Sinkewitz a eu lieu le 8 juin, un mois avant le départ de la Grande Boucle, et l'échantillon A s'est montré positif, a annoncé mercredi la Fédération allemande de cyclisme.
Stefan Wagner, le porte-parole de l'équipe T-Mobile, a annoncé que Sinkewitz a été provisoirement suspendu par la formation allemande.
ZDF et ARD, les deux chaînes de télévision publique allemande qui retransmettaient alternativement les étapes du Tour, ont annoncé la fin de leur couverture en attendant un complément d'information.
Christian Frommert, le porte-parole de la firme T-Mobile, n'a pas exclu que l'entreprise puisse retirer son financement à l'équipe cycliste.
"Nous nous réunirons après le Tour et analyseront calmement la situation", a-t-il dit.
Plutôt que retransmettre la 10e étape du Tour mercredi, longue de 229,5 km entre Tallard et Marseille, ARD a diffusé un programme sur l'"affaire Sinkewitz".
Sinkewitz, présent sur le Tour avant d'abandonner à Tignes pour avoir percuté un spectateur après l'arrivée de l'étape, a cinq jours pour demander l'analyse de l'échantillon B de ses urines. S'il était retourné lui aussi positif, il devrait être suspendu. Il serait aussi licencié par son équipe et devrait payer un an de son salaire comme amende.
"Ce n'est pas possible. Je ne connais rien à cette histoire", a déclaré Sinkewitz à l'agence de presse DPA, depuis une clinique de Hambourg. "Je vais être opéré, je ne peux pas m'en occuper pour l'instant".
Sinkewitz devrait être opéré de la mâchoire suite à l'accident de Tignes.
Sinkewitz a signé comme les 188 autres participants au Tour de France la charte de l'Union cycliste internationale dans laquelle il affirme n'avoir aucun lien avec le dopage et être prêt à verser un an de salaire s'il était découvert positif.
"Ma première réaction est qu'il faut attendre le résultat de l'échantillon B. C'est très dommage s'il y a confirmation. Si c'est le cas (un échantillon B) positif, il serait sanctionné et il devrait faire face à la charte", a dit Pat McQuaid, le président le l'UCI.
Selon des indiscrétions, le taux de testostérone découvert dans les urines de Sinkewitz dépasserait de six fois la limite.
Cette "affaire Sinkewitz" est un nouveau coup dur pour le cyclisme allemand qui avait cru apercevoir une éclaircie dans le Tour avec la victoire d'étape de Linus Gerdemann, de la T-Mobile, justement, au Grand-Bornand.
De nombreux anciens coureurs de la Telekom, devenue la T-Mobile, sont passés aux aveux récemment concernant le dopage, dont Bjarne Riis. Le Danois a avoué avoir pris de l'EPO lors de sa victoire dans le Tour en 1996.
Jan Ullrich, vainqueur du Tour 1997, a pris sa retraite en février après avoir vu son nom évoqué dans l'affaire "Operation Puerto", concernant du dopage sanguin en Espagne. Jeff d'Hont, ex-masseur à la Telekom dans les années 90, a déclaré avoir fait une piqûre d'EPO à Ullrich durant sa carrière.
Juste avant le départ du Tour à Londres, Joerg Jaksche est devenu le premier coureur à admettre avoir bénéficié de dopage sanguin de la part d'un médecin espagnol. Il a été suspendu en mai par sa formation Tinkoff Credit Systems.
Récemment, la formation Astana a limogé l'Allemand Matthias Kessler, ex-coureur de la T-Mobile, pour dopage à la testostérone.
Le programme antidopage interne à la formation T-Mobile, était pourtant considéré comme l'un des plus sérieux dans le monde du cyclisme.
Anne Gripper, directrice de l'antidopage à l'UCI, avait déclaré en juin à l'Associated Press, que le "très robuste" programme antidopage mis en oeuvre par la T-Mobile et par la formation CSC "rendait pratiquement impossible aux coureurs de ces équipes d'envisager quelque forme de dopage que ce soit".
Frommert a indiqué que ce dernier cas, s'il est confirmé, est "un coup d'arrêt" à la politique antidopage de la formation. "Il nous faudra regarder où nous avons péché et faire notre autocritique".
Lors de sa victoire au Grand-Bornand, Linus Gerdemann, jeune coureur de 24 ans, avait déclaré: "Le cyclisme est sur la bonne voie. Nous devons militer pour un sport propre et montrer que nous pouvons gagner en étant propre. Les choses sont en train de changer, même si nous ne sommes pas encore parvenus là où l'on voudrait véritablement arriver". AP
Ma source est http://www.latribune.fr/info
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