Un maillot jaune qui n'a rien à faire là ?

Le Tour de France à nouveau éclaboussé. Maillot jaune, le Danois Michael Rasmussen a été exclu de l’équipe nationale par sa fédération. Pourtant, il était au départ hier de la 12e étape. A n’y rien comprendre.
Sur le Tour de France, les affaires de dopage se succèdent à un rythme effréné. Une habitude, me direz-vous. Après le feuilleton Floyd Landis l’an dernier, pour ne citer que cet exemple, le spectre de 1998 refait surface sur la Grande Boucle. Cette année encore, plusieurs affaires sont en cours.
Convaincu de dopage, l’Allemand Matthias Kessler (Astana) a été écarté. Patrik Sinkewitz (T-Mobile) a quant à lui demandé une contre-expertise suite à un contrôle positif à la testostérone datant du 8 juin. L’Allemand a finalement abandonné. L’escalade a franchi un nouveau palier hier, avec l’annonce de l’exclusion par la Fédération danoise de cyclisme (DCU) de l’actuel maillot jaune, le Danois Michael Rasmussen.
Le coureur de l’équipe Rabobank n’est pas au-dessus de tout soupçon. Il a omis à plusieurs occasions d’indiquer le lieu de ses entraînements aux autorités antidopage. Conséquence, une suspension pour les championnats du monde en septembre à Stuttgart, ainsi que pour les Jeux olympiques de 2008 à Pékin. «Nous considérons ce cas avec une grande gravité et la direction de la DCU a décidé par conséquent que Rasmussen ne fait plus partie de l’équipe nationale. Il en a été informé le 26 juin», a déclaré Jesper Worre, le directeur de la DCU, sur la chaîne de télévision publique danoise DR1. L’exclusion de Rasmussen ne remet pas en cause sa participation au TDF. Les dirigeants de la Grande Boucle ont décidé de ne pas bouger pour l’instant. «Nous n’avons pas d’éléments suffisants pour prendre une sanction», a simplement indiqué Christian Prudhomme, le patron du Tour, dans une conférence de presse hier matin. Jean-René Bernaudeau, manager de Bouygues Telecom, ne partage pas cette décision: «Si un de mes coureurs était suspendu par sa fédération, il ne serait pas au départ du Tour.»
Rasmussen tente des explications
D’accord, Michael Rasmussen n’a pas encore été jugé coupable. Le coureur danois a d’ailleurs essayé de fournir des explications sur ses absences. Interrogé par le site électronique du quotidien danois «Politiken», il a affirmé qu’il avait «tenté de fournir des explications (sur le fait qu’il était injoignable durant les entraînements) à la DCU. Mais ils ne les ont pas acceptées.» Avant d’ajouter: «J’en prends acte. Mais ce n’est pas quelque chose qui doit, en aucune façon, gêner la suite de ma participation au Tour de France. C’est une affaire de peu d’importance. Beaucoup de coureurs reçoivent des avertissements pour ne pas avoir communiqué leur emploi du temps. Je suis juste l’un d’entre eux», a déclaré un Rasmussen détendu. Le comportement de l’actuel maillot jaune laisse pourtant planer le doute. Alors dopé ou pas dopé? Aucune information n’a filtré lors de la 12e étape entre Montpellier et Castres.
Mais alors pourquoi cette nouvelle affaire est-elle tombée en plein TDF? Les jalousies y sont-elles pour quelque chose? Daniel Gisiger, entraîneur national de cyclisme sur piste, le laisse clairement entendre dans sa réaction.
Seule certitude, la Grande Boucle vit des heures mouvementées, s’essouffle, peine à prendre un nouveau départ comme le souhaitait Christian Prudhomme, le patron du Tour. Des sponsors importants ont préféré quitter le navire avant qu’il ne soit trop tard. L’image d’un cyclisme enfin propre semble appartenir au passé.
Dans le monde du cyclisme suisse, l’annonce de l’exclusion du Danois Michael Rasmussen ne laisse évidemment pas insensible.
JÉRÉMIE MAYORAZ AVEC SI
Ma source est http://www.nouvelliste.ch/news/fait.htm
Publicité
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
B