Le mari de Longo aurait acheté de l'EPO
L'Equipe de ce mardi révèle que Patrice Ciprelli, le mari de Jeannie Longo, aurait acheté de l'EPO chinoise à un ancien cycliste américain en 2007. Reste à savoir si c'était pour sa femme ou quelqu'un d'autre...
L’étau commence à se resserrer autour de Jeannie Longo. Une semaine après s’être vue signifier par l’Agence française de lutte contre le dopage qu’elle risquait une suspension pour avoir contrevenu trois fois en 18 mois aux règles de localisation, la championne française voit désormais son mari pris dans la tourmente. L’Equipe révèle en effet ce mardi matin que Patrice Ciprelli, son entraîneur de presque toujours, qu’elle a épousé en 1985, a commandé de l’EPO chinoise (« Eposino ») en avril 2007. Le quotidien sportif apporte les preuves d’un échange de mails entre Ciprelli et Joe Papp, ancien cycliste américain de seconde zone basé à Pittsburgh, qui a servi d’intermédiaire avec un certain Chen, le représentant du fournisseur en Chine. « Notre produit est conditionné en seringues pré-remplies. Il n’y a pas de mélange à faire », disait par exemple Papp dans un mail du 23 avril. Selon ces courriers, l’entraîneur français se serait procuré 80 000 unités d’EPO chinoise pour 500 euros, la commande étant livrée chez une membre de sa famille, Yolande, qui habite dans l’Isère, à quelques kilomètres du domicile des Longo-Ciprelli.
« Je vous le confirme : j’ai vendu de l’EPO à Ciprelli à cette époque (…) Il a d’ailleurs indiqué que c’était pour sa femme », déclare à L’Equipe Joe Papp, contrôlé positif à la testostérone en 2006 et converti depuis dans les trafics de produits dopants. Je ne rencontrais jamais les clients physiquement. Les transactions étaient menées via des e-mails, le plus souvent sécurisés et cryptés. Dans tous les cas, des informations personnelles de base, vérifiables, étaient fournies par le client afin qu’il puisse effectuer les paiements directement aux Chinois, et en retour, recevoir leurs produits. (...) L'Eposino était et reste l'une des EPO les moins chères sur le marché. En Europe ou aux Etats-Unis, Ciprelli aurait payé quatre ou cinq fois plus. » Selon le professeur Michel Audran, spécialiste du dopage sanguin, toujours cité par le quotidien sportif, 80 000 unités d’Eposino correspondent à un traitement de treize semaines pour un athlète de 50 kilos.
Reste à savoir maintenant si cette EPO était destinée à celle qui a remporté 13 titres mondiaux et 59 titres de championne de France, ou bien à une autre cycliste que Patrice Ciprelli entraînait à cette période, à l’instar d’Edwige Pitel. En 2007, la Bretonne était devenue championne de France, à 39 ans, devant… Jeannie Longo. A une semaine du début des Mondiaux de Copenhague, pour lesquels elle est toujours officiellement engagée, la cycliste de 52 ans se trouve plus que jamais dans l’œil du cyclone.
Source et date de l'article Sport365.fr 13.09.2011
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