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CONTRE LE DOPAGE

silence, on joue !

28 Novembre 2010 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Football

http://yann-savidan.typepad.fr/.a/6a00e00980028588330133f6156594970b-800wi

 

http://photo.europe1.fr/sport/jiri-dvorak-le-medecin-chef-de-la-fifa-et-la-juve-de-1997-930x620-318767/4289223-1-fre-FR/Jiri-Dvorak-le-medecin-chef-de-la-FIFA-et-la-Juve-de-1997-930x620_scalewidth_630.jpg

 

Le dernier ouvrage de Jean-Pierre de Mondenard, Dopage dans le football, met les pieds dans le plat.


Zéro faute. Paradoxalement, l'un des passages les plus efficaces de l'ouvrage de Jean-Pierre de Mondenard, Dopage dans le football, repose sur une absence : celle de contrôle positif lors des 512 tests effectués sur les joueurs internationaux entre le 10 avril et le 11 juillet 2010, période de préparation ou de matches de Coupe du monde. Tout aussi incroyable : sur les 2.854 contrôles effectués par la FIFA durant les compétitions depuis 1966, seulement trois se sont révélés positifs, soit 0,11%. "La règle du jeu perdure depuis quarante-cinq ans et peut être résumée ainsi : les sportifs consomment des substances que les laboratoires ne trouvent pas, les laboratoires d'analyses cherchent des molécules que les sportifs ne prennent pas !" Et l'auteur de récapituler sur six pleines pages les produits dopants actuellement indécelables...


La duperie de Berne. Une étude récente montre que les champions du monde allemands de 1954, dont huit avaient été atteints par la jaunisse après l'épreuve, avaient bénéficié d'injections de Pervitin, une méthamphétamine, lors de la finale face à la Hongrie (3-2). Mais, dans un tableau compilant la carrière de tous les acteurs de cette finale, l'auteur montre que les membres de l'équipe hongroise sont, en moyenne, décédés bien plus tôt que leurs homologues allemands. "Soit le onze magyar était beaucoup plus "chargé" que son homologue allemand, ou alors le football de haut niveau impose des adjuvants qui ne sont pas bénéfiques pour profiter très longtemps de sa retraite de star du ballon rond."


Le "grand OM" de Tapie. De nombreux anciens joueurs de l'OM se sont exprimés sur le dopage, dans la presse ou dans des autobiographies : Jean-Jacques Eydelie, Marcel Desailly, Chris Waddle, Tony Cascarino... Jean-Pierre de Mondenard revient ainsi sur les piqûres qui auraient été prodiguées avant la finale de la Ligue des champions face à l'AC Milan en mai 1993, sur la distribution de cachets dans le vestiaire avant le PSG-OM de décembre 1992 telle qu'elle a été relatée par Marcel Desailly, sur le "doping to lose" et les soupçons d'empoisonnement de l'eau des joueurs du CSKA Moscou en 1993, mais également sur des affaires moins connues. Ainsi de ce Marseille-Rennes de décembre 1991, lorsque deux joueurs rennais avaient dans leur organisme "assez d'anxiolytiques pour dormir quarante-huit heures"...


Le fameux sang de veau. Dans un chapitre très instructif, l'auteur revient sur l'historique de l'Actovegin, sang de veau déprotéiné qui fut au cœur de l'affaire Vieira durant l'Euro 2008. A l'époque, le milieu de terrain des Bleus avait pensé y avoir recours pour guérir d'une blessure à une cuisse. Interdit dans certains pays, prescrit par certains clubs, autorisé dans certains cas et pas dans d'autres, l'Actovegin incarne jusqu'à la caricature le caractère nébuleux des règlements antidopage. Le "flou réglementaire (est-il volontaire ?) entre l'injection intraveineuse prohibée et l'administration du même produit par une piqûre dans une lésion musculaire qui, elle, est autorisée, ne peut être que préjudiciable à la lutte antidopage."


Fléaux italiens. La sclérose latérale amyotrophique ou SLA. Cette mystérieuse maladie, qui touche la moelle épinière, a causé la mort de quarante-huit anciens joueurs de foot italiens entre 1980 et 2008, avec un taux de mortalité lié à cette maladie six fois supérieure à la population italienne. Sans négliger les autres facteurs d'explication (fréquence des coups à la tête, désherbants des pelouses), Jean-Pierre de Mondenard met en avant la gangrène du dopage dans le football italien, ce même football italien qui, quelques années plus tard, sera éclaboussé par le procès de la Juventus. Dans les vestiaires des Bianconeri, on retrouva 281 sortes de médicaments différents.


Le cas Zizou. Lors des auditions du procès de la Juve, Zinedine Zidane avoua avoir pris durant sa période turinoise (1996-2001) de la créatine, produit interdit en France mais alors en vente libre en Italie. Mais Jean-Pierre de Mondenard fait également remarquer que "Zizou" se serait vu prescrire de l'Esafosfina et du Neoton, un médicament "utilisé dans le cadre de problèmes cardiaques sévères". Pour ces deux derniers produits, le meneur de jeu de la Juve avait légitimé leur absorption par une carence en fer dans son organisme. "Cette mise au point interpelle car, en vérité, il n'y ni fer ni vitamine B9 dans la composition des deux spécialités pharmaceutiques."

Enfin, concernant la station thermale du Tyrol que "ZZ" aurait partagé avec Johnny, l'auteur laisse entendre qu'elle n'avait sans doute rien du "spa amélioré" mais davantage les allures d'un "lieu de réoxygénation du sang", avec force transfusions autologues.

 

Dans cet ouvrage-compilation, à la fois d’affaires et de déclarations, Jean-Pierre de Mondenard ne fait pas de révélation. Sa démarche est avant tout celle d'un "décodeur" comme il aime à se définir, celle d'un médecin qui entend mettre ses connaissances au service du public sur des affaires célèbres. Son objectif consiste à révéler l'hypocrisie générale autour des pratiques dopantes dans le football, sans jeter la pierre à ce sport en particulier. Le rappel de toutes ces affaires, plus ou moins connues, laisse un goût amer dans la bouche. Pour peu, bien sûr, que l'on croit encore à un football "propre"...

 

Dopage dans le football, de Jean-Pierre de Mondenard, Jean-Claude Gawsewitch Editeur, 380 pages, 19,90 euros.

 

Source et date de l'article Europe1.fr  27.11.2010

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qui a tué Ronaldo (le Brésilien) ?

25 Novembre 2010 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Football

http://asset.rue89.com/files/imagecache/asset_wizard_vignette/files/LucileSourds/dopage_football_vignette.jpg

 

Beaucoup de choses ont été dites sur Ronaldo Luis Nazário de Lima, joueur prodige brésilien aux multiples blessures improbables… Dans son livre à paraître jeudi, « Dopage dans le football », Jean-Pierre de Mondenard, médecin spécialiste du dopage, s'intéresse à la face cachée du foot. Nous en publions les bonnes feuilles. H.A.

 

Certes, Ronaldo Luiz Nazário de Lima, dit Ronaldo, est toujours vivant. Mais le footballeur s'apprête à terminer sa carrière en queue-de-poisson [début octobre, l'actuel attaquant des Corinthians, qui est retourné au Brésil, a annoncé à la télévision de son pays, TV Globo, qu'il raccrocherait les crampons à la fin de l'année 2011. Il envisage de devenir un jour président des Corinthians], victime d'une série de blessures aussi rares que graves. Face à la répétition de ces « faux pas », la suspicion de dopage ne peut être complètement écartée.

Le 13 février 2008, le Milan AC joue Livourne. Ronaldo entame le match sur le banc des remplaçants. Il rentre en cours de partie pour s'écrouler, trois minutes plus tard, à la réception d'un saut parfaitement anodin, comme il en a réalisé des milliers au cours de sa vie de footballeur.

Le tendon rotulien du genou gauche a cédé d'un seul coup. Le Brésilien ne se fait aucune illusion sur la nature de la douleur. C'est la troisième fois de sa carrière qu'il est victime du même accident. Bizarre, vous avez dit bizarre ?

Car la rupture du tendon rotulien est affection rarissime en sport. Nous avons recherché sa fréquence dans la littérature scientifique consacrée à la traumatologie du footballeur. La plupart des articles ne la signalent même pas : « Un spécialiste du genou en voit au maximum une par an », commente Pascal Christel, chirurgien orthopédiste français (Le Parisien, 23/05/00). Et d'après son collègue, Michel Zimmerman, elle touchera plus volontiers des sportifs comme les haltérophiles.

Les tendons du genou subissent effectivement une tension énorme surtout dans la seconde phase du mouvement de l'épaulé jeté qui consiste à se relever de la position accroupie pour se remettre d'aplomb sur les jambes.

Mais en football, répétons-le, ce genre de lésion est pratiquement inconnu. C'est bien simple, ces dernières années, on n'a trouvé qu'un seul précédent : il s'agit du défenseur portugais de la Juventus Turin, Jorge Andrade, victime lui aussi d'une rupture du tendon rotulien du genou gauche, lors d'un match contre l'AS Rome, en septembre 2007.

Mais ce qui est tout à fait extraordinaire dans le cas de Ronaldo, c'est évidemment le caractère répétitif de la blessure. Par définition, le tendon est constitué d'une matière extrêmement solide. Qu'il se brise à trois reprises, deux fois à droite et une fois à gauche, c'est tout simplement du jamais vu !

Alors, bien sûr, les chantres d'un sport sans défaut auront beau jeu d'évoquer la loi des séries. En 1998 déjà, lorsque le joueur brésilien avait été victime d'un gros malaise dans sa chambre d'hôtel, à quelques heures seulement de la finale de la Coupe du monde contre la France, on avait mis cela sur le compte d'une overdose de jeux vidéo.

Vous voyez. Rien ne les arrête. A leurs yeux, ces défaillances improbables seraient des preuves supplémentaires que le personnage, surnommé Il Fenomeno (le Phénomène), échappe aux contingences classiques de la physiologie. Très bien.

Cependant il existe une autre explication qui ne nécessite pas de faire appel au surnaturel. Les malheurs actuels de Ronaldo seraient tout simplement le résultat de choix thérapeutiques aberrants, établis tout au long de sa carrière.

La véritable histoire du Phénomène

En 1994, Ronaldo débarque en Europe, dès l'âge de 17 ans. Il rallie le club hollandais du PSV Eindhoven, où on le trouve un peu léger. De fait, il pèse 75 kg pour 1,83 m. Comment les médecins s'y prennent-ils pour lui faire gagner des kilos ? On ne le sait pas avec certitude. Toujours est-il que le jeune joueur s'épaissit rapidement.

« Aux Pays-Bas, Ronaldo a intégré une académie de gymnastique » croit savoir le docteur brésilien Omar de Oliveira. « On l'a alors soumis à un régime alimentaire particulier avec des cures de créatine. » (Le Monde, 24/09/99)

S'agissait-il seulement de créatine ? « Non », rétorque son collègue Bernardino Santi [il réitère ses accusations dans un livre qui vient de paraître en Italie : « Paura del buio » (« La Peur de l'obscurité », éditions Indiscreto), une biographie consacrée à la face cachée de Ronaldo et écrite par le journaliste milanais Enzo Palladini) :

« J'ai discuté avec des collègues néerlandais, qui connaissent les gens du PSV Eindhoven. Ronaldo était vraiment maigre et ils lui administraient des compléments, dont quelques substances anabolisantes pour l'aider à se développer. […]

Un des facteurs aggravants vient du fait qu'il a acquis une forte structure musculaire très jeune et très rapidement. L'addition à payer pour l'usage de stéroïdes anabolisants est à long terme : dix, quinze, vingt ans plus tard.

Les stéroïdes provoquent des lésions structurelles des organes, de la musculature. En principe, il existe un gain en qualité, en force et en puissance, mais après, ça se détériore. » (dans les colonnes de la Folha de Sao Paulo, 15/02/08)

Dans la foulée de ces révélations pour le moins gênantes, le docteur Santi sera licencié par la Confédération brésilienne de football (CBF), au sein de laquelle il était chargé de coordonner la lutte antidopage ! On l'accuse de n'avoir aucune preuve de ce qu'il avance. « La stature de Ronaldo mérite plus de respect », s'insurgent sans rire les dirigeants de l'institution. Un commentaire surréaliste !

Ainsi, on épargne ceux qui ont réservé au joueur un traitement que l'on ne tolère pas même envers les animaux de boucherie, plutôt que celui qui dénonce courageusement ces pratiques !

Quant à Ronaldo lui-même, il reste remarquablement discret sur cette partie de sa vie. Or il faut rappeler à tous les amnésiques que les produits dopants sont monnaie courante dans le football, notamment néerlandais, et que cela ne date pas d'aujourd'hui.

Par exemple, Jimmy Van Rompou, médecin du club batave AZ'67, affirme dans L'Equipe du 28 octobre 1976 que « le dopage est largement répandu parmi les footballeurs de [s]on pays ».

Même son de cloche chez son confrère, le docteur John Rolnik, médecin de l'Ajax d'Amsterdam dans les années 1980 :

« A la suite d'une enquête s'étalant sur seize ans, auprès d'environ 1 000 joueurs professionnels évoluant aux Pays-Bas, un footballeur sur onze du championnat néerlandais utilise des stimulants. »

Pour en savoir plus, il faut s'en remettre à la lecture du dossier médical de Ronaldo. On apprend ainsi qu'en 1995, déjà, il souffrait d'une tendinite chronique du genou gauche, le droit n'allant guère mieux. L'année suivante, il passe une première fois sur le billard pour l'ablation d'une excroissance osseuse : séquelle classique d'une maladie d'Osgood-Schlatter.

Cette intervention a-t-elle servi à quelque chose ? Pas sûr. Quelques images volées dans sa vie civile montrent un Ronaldo qui boite de plus en plus bas. Les jours de matchs, il prend sa dose de Voltarène (comprimés anti-inflammatoires) pour gommer sa douleur.

Sa dépendance aux médicaments est telle qu'à l'occasion de son transfert à l'Inter Milan, en 1997, elle inquiète le médecin du club, le docteur Piero Volpi, qui préconise le sevrage : « Le Voltarène servait seulement à endormir la douleur pendant le match. » (L'Equipe, 16/04/00, en réponse à un article de l'auteur, dans Le Figaro la veille)

Ses conseils ont-ils été suivis ? On peut en douter. Ronaldo joue une cinquantaine de matchs cette année-là et semble incapable de dire non à un entourage qui le veut absolument sur le terrain. Bref on le suspecte, comme beaucoup d'autres sportifs professionnels, de tenir le coup grâce aux médicaments.

Cela lui permet d'enchaîner les matchs et les équipes : Eindhoven, Barcelone, Inter Milan, Real Madrid, Milan AC. Ce faisant, il s'expose aussi à une aggravation de ses lésions.

Une étude publiée par le Centre européen de rééducation du sportif (CERS) de Capbreton –établissement dans lequel a séjourné Ronaldo après sa récidive de rupture du tendon droit– a confirmé récemment la proportion importante (37%) d'antécédents de chroniques avant une rupture tendineuse.

Cette observation semble s'appliquer au cas de Ronaldo. Après sa dernière opération, un communiqué à la presse, en provenance de l'hôpital Pitié-Salpêtrière, soulignait le mauvais état antérieur de son genou : « Une rupture complète du tendon au ras de la rotule a été retrouvée avec des lésions préexistantes de tendinite qui étaient responsables de douleurs du tendon depuis quelques mois », écrivent ses médecins.

Une question demeure : depuis « quelques mois » ou quelques années ?

La Fiat devenue Ferrari

L'histoire de Ronaldo se trouve résumée dans cette déclaration d'un journaliste italien féru de course automobile :

« Quand il est arrivé au PSV Eindhoven, Ronaldo était très maigre. Quand il en est reparti, il était devenu très musclé. Mais son tendon était toujours le même. Si vous avez une Fiat, elle aura beau être une petite voiture fantastique, si vous mettez un moteur de Ferrari à l'intérieur, elle vous lâchera/ » (Luca Curino, journaliste qui couvre les exploits de l'Inter Milan pour La Gazzetta dello Sport, 27/08/00)

La petite voiture en question lâchera d'autant plus vite que l'on continuera à faire n'importe quoi. Or, dans le cas de Ronaldo, la liste des incuries est encore longue. Après ses éventuelles cures hollandaises de stéroïdes anabolisants et sa dépendance quasiment certaine aux anti-inflammatoires, il nous faut évoquer un troisième facteur qui pourrait expliquer cette fragilité tendineuse : la cortisone !

Rappelez-vous l'importance du joueur dans le dispositif de l'équipe brésilienne à l'approche du Mondial de 1998. Il devait jouer coûte que coûte ! Son malaise, quelques heures avant la finale du Mondial, semble pour le moins mystérieux. En réalité, cette défaillance s'explique mieux, si l'on analyse les faits, rapportés avant le France-Brésil du 12 juillet.

Pris de convulsions dans les heures précédant le match, il fut incertain jusqu'au coup d'envoi de la rencontre qu'il disputa sous la pression du pouvoir sportif brésilien. Mais dans quel état ? En réalité, il souffrait des genoux depuis le début du Mondial et le staff médical lui faisait des infiltrations pour qu'il puisse jouer malgré son handicap.

De plus, ce genre de produit contient un anesthésique qui peut, s'il est injecté en partie dans un vaisseau sanguin, provoquer un choc avec perte de connaissance pouvant passer pour une crise d'épilepsie. Ce genre d'accident n'est pas rare et peut faire craindre le pire. D'ailleurs, l'un de ses coéquipiers a raconté qu'il avait cru que l'attaquant de l'Inter de Milan allait mourir !

Signalons qu'il y a quelques années, un jeune militaire de 25 ans est décédé à la suite d'une telle injection destinée à calmer, comme dans le cas de Ronaldo, une douleur au genou.

En ce qui concerne Ronaldo, nous considérons que la pratique des infiltrations doit s'assimiler sans contestation possible à du dopage.

« Dopage dans le football » de Jean-Pierre de Mondenard (éd. Jean-Claude Gawsewitch, 381 pp, 19.90 euros)

la couverture de « Dopage dans le football » de Jean-Pierre de Mondenard

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

Source et date de l'article  Rue89.com  24.11.2010

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Dopage : un cycliste italien déballe tout

21 Novembre 2010 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Cyclisme

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Dans un interview anonyme accordé aux médias transalpins, un cycliste italien révèle comment les coureurs se dopent et échappent aux contrôles. "Tous les dimanches, il y a un risque que quelqu'un perde sa vie", prévient-il.

 

Petit à petit, les loups sortent du bois. Un jour ou l'autre, on saura tout ou presque sur les pratiques de dopage dans le milieu du cyclisme. En attendant, on en apprend un peu plus grâce à cet interview d'un cycliste italien, souhaitant gardant l'anonymat. Dans son entretien, il révèle certaines pratiques et confirme également que la prise de produit n'est pas un phénomène exceptionnel. "Nous nous dopons comme des animaux, affirme-t-il. Tous les dimanches il y a un risque que quelqu'un perde sa vie".

Ce témoignage ouvre une fois de plus la plaie béante dans le monde du cyclisme. L'ancien coureur détaille également les méthodes utilisées pour améliorer les performances tout au long d'une carrière. "On nous a même proposé des hormones de croissance en provenance d'Europe de l'est, comme celles qui sont injectées aux animaux", explique le repenti.

Une substance sur le pénis

"J'ai pris de l'EPO, de la cortisone et de la testostérone", précise le coureur dans l'interview en expliquant que la plupart des produits utilisés sont accessibles : "nous utilisons des médicaments que vous pouvez acheter dans une pharmacie."

"Certains cyclistes se dopent comme quelqu'un qui prend une aspirine pour le rhume. Chaque année, la dose augmente."

Et lorsqu'il évoque les contrôles, l'ex-cycliste italien explique que les moyens sont nombreux pour les détourner, notamment avec du bicarbonate diluée. Ou sinon : "Chaque coureur utilise une substance, je ne sais ce que c'est, et la met sur le pénis pour filtrer. Cela modifie les résultats des tests d'urines."

Source et date de l'article Le10Sport.com  21.11.2010 
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Dopage dans le football

18 Novembre 2010 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Football

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Pour la première fois, un livre s'attaque au dopage dans le foot. Interview de son auteur, le docteur Jean-Pierre de Mondenard.

 

Le Point : Vous dites que le foot est forcément exposé aux transfusions sanguines, à l'EPO et autres hormones, pourtant, il y a très peu d'affaires qui sortent...

 

Jean-Pierre de Mondenard : Le foot est le dernier de la classe dans la lutte antidopage. Un coureur cycliste a 1 chance sur 10 d'être contrôlé, un footballeur 1 sur 2.000. La lutte antidopage est efficace lorsque vous avez 10 % des compétiteurs contrôlés, dans le football, on en est 0,05. Et l'on s'est réjoui en 2010, année de la Coupe du monde, de n'avoir eu aucun contrôle positif... Il a fallu attendre 1978, soit treize ans après le cyclisme, pour voir le premier contrôle dans le football français. Le monde du ballon rond prétend que ce sport est trop technique pour que le dopage ait une quelconque utilité. Faux. Aujourd'hui, dans le foot, comme dans les autres sports, ce sont la condition physique et les qualités athlétiques qui priment. Il faut, comme on dit dans le milieu, "un gros moteur" pour percer. Et le dopage est très efficace pour améliorer les capacités physiques. Il aide à enchaîner plus rapidement un dribble, à augmenter la puissance d'un tir du pied ou de la tête, à courir plus vite dans les couloirs, à sauter plus haut dans la surface de réparation. Dans les vestiaires, on parle de "produits de récupération", jamais de "dopage". On se cache derrière les mots. Le paradoxe, c'est que quasiment tous les joueurs disent ouvertement s'injecter des vitamines juste avant une rencontre ou même à la mi-temps, alors que, pour le coup, il est médicalement démontré que l'effet est quasiment nul sur le match en cours. En revanche, les dopants qui seraient inefficaces dans le foot le sont partout ailleurs ! Difficile à croire...


Quels sont les produits dopants utilisés par les footballeurs ?

Dans le foot comme dans le cyclisme, il y a une culture de la piqûre. À la grande époque de l'OM, sous Tapie, il y avait dans les vestiaires un tableau noir sur lequel était écrit : "Ce soir, piqûre pour tout le monde." Et Éric Cantona avait ajouté : "sauf pour Cantona". Dans le foot, on trouve surtout des anabolisants, des stimulants, des transporteurs d'oxygène qui permettent de courir sans être essoufflé et surtout de tenir le dernier quart d'heure. Après, tout dépend du poste que l'on occupe sur le terrain. Un attaquant va prendre un stimulant de type éphédrine pour augmenter sa puissance de démarrage. Le goal, du cannabis pour se désinhiber. Les produits les plus utilisés sont l'hormone de croissance - parce qu'elle disparaît très vite après injection - et le Synacthène, un activateur indécelable qui, en stimulant les glandes surrénales, produit des hormones naturelles.

L'évolution de la morphologie, qui trahit souvent le dopage, est moins facile à repérer chez les footballeurs avec leur short et leur maillot amples. Cela dit, le dopage ne transforme pas forcément quelqu'un physiquement. Si vous prenez judicieusement des anabolisants en modulant votre alimentation, on n'y verra que du feu. Et puis il y a les autotransfusions indétectables, et l'EPO, qui, depuis qu'elle est utilisée en microdoses, est redevenue invisible au contrôle. De plus, il y a aussi de nombreux produits ergogéniques, dopants authentiques, tels que le Néoton (créatine injectable) et l'Actovegin (sang de veau) destinés à soigner la performance et qui ne sont pas prohibés.

 

Le foot a-t-il ses docteurs Mabuse ?

Des préparateurs physiques et des médecins participent au dopage. Quand les contrôles se sont durcis dans le cyclisme, certains sont allés voir du côté du foot où il y avait aussi plus d'argent. En 1998, en Italie, le laboratoire antidopage officiel a été fermé durant six mois parce qu'on s'est aperçu qu'il falsifiait les analyses de certains joueurs pour les blanchir. Le procès de la Juventus, où jouaient à l'époque Deschamps et Zidane, a révélé l'ampleur du dopage dans certains grands clubs de foot. Lors des perquisitions, les carabiniers ont retrouvé 281 médicaments différents prescrits dans un but de performance. Une pharmacie hallucinante qui équivaut à celle de l'hôpital d'une ville moyenne. Bref, les footballeurs professionnels sont traités comme de grands malades ! À moins de considérer la compétition comme une maladie professionnelle... Il faudrait que les contrôles antidopage dans le foot soient enfin gérés par des organismes indépendants. Pour en finir avec l'image falsifiée d'un sport épargné par le dopage.

 

Source et date de l'article  LePoint.fr  18.11.2010

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