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CONTRE LE DOPAGE

Polémique médicale sur le "dopage thérapeutique"

30 Septembre 2006 , Rédigé par Marie Publié dans #Dopage thérapeutique

En octobre 2005, le skieur américain Bode Miller se fait remarquer en appelant à légaliser le dopage : "Sous la supervision d'un médecin ou de chercheurs, même un produit comme l'EPO pourrait minimiser le risque de problèmes de santé à long terme et éviter les risques de blessures."

Deux mois plus tard, trois spécialistes en bioéthique et physiologie, Bengt Kayser, Alexandre Mauron et Andy Miah lui emboîtent le pas dans un article publié dans la revue médicale The Lancet. Les trois chercheurs soutiennent que "la guerre antidopage induit plus de problèmes de santé qu'elle n'en prévient" en maintenant les pratiques dopantes dans la clandestinité et considèrent qu'"un médecin du sport devrait être libre dans ses choix thérapeutiques afin de minimiser l'impact sur la santé de la pratique du sport de haut niveau" (Le Monde du 17 janvier). A l'instar du docteur Eufemiano Fuentes, soupçonné d'être au centre du vaste réseau de dopage sanguin démantelé à Madrid avant le Tour de France, plusieurs médecins qui préparent des athlètes professionnels invoquent un "dopage thérapeutique" pour atténuer les effets présumés néfastes du sport intensif sur la santé.

Ces prises de position ont suscité la réaction agacée du directeur médical de l'Agence mondiale antidopage (AMA), Alain Garnier, dans une lettre ouverte adressée mi-août "à ceux qui suggèrent un dopage médicalisé". "Est-ce qu'un médecin confronté à des pratiques de torture devrait proposer une assistance médicale afin de les rendre moins destructrices pour l'individu ?, interroge le docteur Garnier. Evidemment non, mais ceux qui proposent un dopage médicalisé suivent pourtant la même logique erronée."Directeur de l'Institut Baron Maurice de Rotschild pour la recherche et le traitement des addictions et membre du groupe prospective du Conseil de prévention et de lutte contre le dopage (CPLD), William Lowenstein plaide, lui, pour une "alliance thérapeutique" avec les sportifs qui se dopent.

"D'un point de vue sanitaire, un médecin ne peut pas cautionner le dopage thérapeutique, mais s'il se retrouve confronté, par exemple, à un patient qui se bourre de corticoïdes, il devrait pouvoir lui conseiller de prendre du potassium pour lui éviter une fibrillation ventriculaire et un risque de mort subite, estime William Lowenstein. Or, au nom de l'éthique sportive, on est trop dans le tout-répressif." Le spécialiste des addictions compte des sportifs de haut niveau parmi les clients de sa clinique de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). "Comme on l'a fait par le passé avec les toxicomanes, il faut que les médecins trouvent une place d'alliance, de confiance, qui ne soit pas une place de complicité, estime William Lowenstein. Car il est nécessaire de développer, à côté de la répression et de la prévention, une politique de soins et de réduction des risques."

Stéphane Mandard
Article paru dans l'édition du 30.09.06
Ma source est www.lemonde.fr
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Tom Simpson

30 Septembre 2006 , Rédigé par Marie Publié dans #Cyclisme

Tom Simpson, né le 30 novembre 1937 à Haswell (Comté de Durham), mort le 13 juillet 1967 sur les pentes du Mont Ventoux, en France, est un coureur cycliste britannique (anglais). Il fut anobli par la reine du Royaume-Uni en 1964, à l'issue de son Milan-San Remo victorieux.

Né à Haswell, dans le comté de Durham, Simpson était le plus jeune des six enfants de Tom Simpson senior, un mineur, et de sa femme Alice. Après la Seconde Guerre mondiale, la famille de Simpson s’installa dans le Nord du Nottinghamshire, à Harworth, un autre village minier, où Simpson grandit et où s’éveilla son intérêt pour le cyclisme. Il fréquenta l'école du village et plus tard le Worksop Technical College, avant de devenir en 1954 apprenti dessinateur dans une entreprise technologique de Retford. En tant que cycliste il fut d'abord membre du Club cycliste de Harworth et environs puis de la Scala de Rotherham et, avant d’avoir vingt ans, il gagnait déjà des épreuves locales. On lui conseilla alors d'essayer le cyclisme sur piste et il se rendit régulièrement au Stade Fallowfield de Manchester pour participer à des compétitions, remportant des médailles aux épreuves nationales de poursuite individuelle sur 4000 m. Alors qu’il n’avait que 19 ans, il fit partie de l'équipe britannique de poursuite par équipe qui remporta une médaille de bronze à Melbourne en 1956 aux Jeux Olympiques d'été. Deux ans plus tard, en 1958, il gagnait une médaille d'argent en poursuite individuelle à Cardiff, aux jeux de l'Empire britannique et du Commonwealth. En avril 1959, Simpson commença à habiter dans le port de pêche breton de Saint-Brieuc, espérant gagner assez de courses d’amateurs locales pour être remarqué par l'équipe cycliste professionnelle Saint-Raphaël. Cette installation à l'étranger permit aussi à Simpson d’éviter de faire son Service National. C’est à Saint-Brieuc qu'il rencontra sa future femme, Hélène Sherburn, qu’il épousa le 3 janvier 1960.

Tom Simpson trouve la mort sur les pentes du mont Ventoux lors de la 13e étape du Tour de France 1967. La fatigue (probablement causée par la prise d'amphétamines, qui repousse la prise de repos mais ne l'annule pas), la chaleur étouffante (35° C), l'effort, la prise d'amphétamines (Tonédron dont on retrouva plusieurs tubes dans les poches du maillot) avec de l'alcool sont les facteurs qui ont provoqué le dépassement des capacités thermorégulatrices du corps, provoquant l'évanouissement puis la mort rapide. Dans l'étape du lendemain, à Sète, le peloton laissa la victoire à son coéquipier et ami Barry Hoban, qui épousa Mme Simpson quelques années plus tard. Un an avant cet épisode dramatique du Ventoux, les coureurs du Tour de France avaient manifesté contre les premiers contrôles anti-dopage.

Ma source est www.wikipedia.org

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Les fausses femmes

25 Septembre 2006 , Rédigé par Marie Publié dans #Athlétisme


Les fausses femmes

On connaît de très nombreux exemples de champions qui révélèrent sur le tard leur appartenance au sexe opposé. C'était notamment le cas de deux sprinteuses de l'équipe de France d'athlétisme après la guerre: Claire Bressolles et Léa Caurla. On pense également à la skieuse autrichienne Erika Schinegger, médaille d'or de la descente aux championnats du monde de 1962 à Portillo (Chili) ou plus anciennement à la coureuse tchécoslovaque Zdena Koubkova ou encore à la sauteuse en hauteur allemande Dora Ratjen. Dans les années 60, la situation était devenue ingérable. A l'issue des Jeux de Tokyo en 1964, on estimait que ces "fausses femmes" avaient raflés plus d'un quart des médailles d'or décernées dans les concours féminins. Quelques années plus tard, elles détenaient même 60% des records mondiaux dans les différentes disciplines de l'athlétisme.

Ma source est www.dopage.be

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Historique

25 Septembre 2006 , Rédigé par Marie Publié dans #Historique du dopage

Le dopage est une pratique très ancienne.

Le premier cas moderne avéré remonte à 1865 : des nageurs à Amsterdam.

À la même époque, le vin Mariani, en France, était conseillé aux sportifs. Il était « aromatisé » avec des feuilles de coca… On considère que le dopage s'est professionnalisé et généralisé dans certains sports à la fin des années 1950 et au début des années 1960 avec l'arrivée des sympathicomimétiques, de produits à activité hormonale comme l'hormone de croissance, ou des corticoïdes. Sur l'épreuve d'athlétisme du 100 mètres, dans les années 60, les performances connaissent un bon avant de se stabiliser dans les années 70-80. Mais les performances redécollent à partir des années 1980, soit au moment où l'EPO et de nouvelles hormones, anabolisants et produits masquants indétectables sont mis sur le marché.

Suite au décès de Knud Enemark Jensen aux JO de Rome en 1960, la fédération internationale de cyclisme effectua des contrôles officieux sur les cyclistes sélectionnés aux Jeux de Tokyo en 1964. Ces résultats ne furent jamais divulgués mais, à Mexico, lors des Jeux Olympiques d'été de 1968 le CIO officialise les contrôles anti-dopage et oblige les femmes à se soumettre à des tests de féminité. Pour éviter les contrôles positifs aux JO de Montréal, les Soviétiques installent sur le Saint-Laurent, un bateau laboratoire, dont l'objectif était de vérifier les échantillons d'urine des sportifs soviétiques avant de les engager dans les compétitions.

Il faudra attendre 1989, pour que le CIO mette en place les contrôles inopinés. Le faible pourcentage de sportifs contrôlés positifs montre les limites des contrôles et la possibilité d'utiliser des produits masquants. Les hormones de croissance ne sont détectées que depuis 2004. En 1998, un scandale éclabousse le Tour de France. Le soigneur de l'équipe cycliste Festina, à laquelle appartient Richard Virenque est interpellé à la frontière en possession de 500 doses de produits dopants et stupéfiants dont 235 ampoules d'EPO. Bruno Roussel, directeur sportif de l'équipe, avoue l'existence d'une « gestion concertée de l'approvisionnement des coureurs en produits dopants ». Le grand public découvre alors l'étendue de ces pratiques dopantes.

Dans la publication des recherches (2000) menées sur les échantillons d'urine congelés des coureurs du Tour de France 1998, le laboratoire national de dépistage du dopage estime qu'« il est hautement vraisemblable que nous pourrions retrouver les traces d'une prise d'EPO sur un nombre élevé des 102 échantillons, peut-être même sur tous ». Suite à cette affaire, les contrôles sont renforcés et la France se dote d'une loi anti-dopage plus contraignante. Plusieurs affaires de dopage suivront notamment en Italie avec le Giro 2001, le procès de la Juventus, le procès du docteur Michele Ferrari (conseiller médical et ami de Lance Armstrong) ou l'affaire des veuves du Calcio et aux États-Unis avec l'affaire Balco (voir Tim Montgomery). Il est maintenant quasiment prouvé (2005) que Lance Armstrong était sous EPO en 1999 (étude rétrospective d'urines). Aujourd'hui, associé aux contrôles inopinés, le suivi longitudinal des sportifs semble être l'arme la plus efficace pour lutter contre le dopage et ses pratiques masquantes, puisqu'il permet non plus de détecter les produits dopants, mais une modification anormale de la physiologie du sportif.

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Jean-Marie Dedecker

24 Septembre 2006 , Rédigé par Marie Publié dans #Cyclisme

Dopage dans le cyclisme: Jean-Marie Dedecker cite vingt noms

23/9/2006 9:30

BRUXELLES 23/09 (BELGA) = La justice a lancé une enquête vendredi concernant le dopage dans le milieu cycliste. Pour ce faire, les enquêteurs se basent sur un dossier monté par le sénateur libéral flamand, Jean-Marie Dedecker, lit-on samedi matin dans le quotidien "Het Laatste Nieuws". Le politicien a donné une vingtaine de noms au magistrat en charge de l'affaire. Parmi ceux-ci, il y aurait des cyclistes participant ce week-end au championnat du monde à Salzbourg, en Autriche. "Je me suis adressé à la justice parce que je ne fais pas confiance à la fédération cycliste", a expliqué le sénateur.(KEN)
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23 Septembre 2006 , Rédigé par Marie Publié dans #Cyclisme

«Je ne sais pas jusqu'à quand
je vais rester en vie»

Jesus Manzano

Deux poches de sang avant le Tour de France

Simon Meier

Quatre jours avant le départ de la Grande Boucle 2003, tous les membres de l'équipe Kelme se réunissent à Valence afin de donner un litre de leur sang, destiné à des autotransfusions. «On nous prend un litre de sang réparti dans deux poches d'un demi-litre, se rappelle Manzano. Une chose m'a paru anormale: les poches sont laissées sur des plateaux en plastique, sans être marquées. La première chose à faire aurait consisté à les identifier et à les mettre dans un endroit où elles se conservent bien. Nous ne sommes pas des chiens.»

Le mystérieux malaise de Morzine
Le samedi 12 juillet, lors de la 7e étape, la première en montagne, Jesus Manzano part à la poursuite de Richard Virenque avant de s'effondrer subitement dans l'ascension du col de Portes. Un communiqué médical mettra sa défaillance sur le compte de la chaleur. «Le matin, on m'a injecté 50 ml d'une substance que je n'avais jamais prise, raconte Manzano. J'ai appelé ma petite amie et je lui ai dit: «Prépare-toi! Aujourd'hui, je vais bien marcher, d'après ce que j'ai compris.» A mi-étape, une échappée est partie. J'ai démarré. J'avais l'impression d'être au bout du rouleau, comme si mon guidon était mou. C'était très bizarre. J'avais les mains endormies. Au bout de 3 kilomètres, j'ai commencé à avoir des nausées. Malgré la chaleur de juillet, je grelottais. Virenque m'a regardé, puis il est parti. Quelqu'un m'a dit que j'étais tombé. On m'a transporté à l'hôpital. J'avais le ventre serré, il me semblait gonflé comme une outre. J'avais l'impression que je m'en allais. L'air ne rentrait plus. J'aurais voulu qu'on me fasse un trou dans la gorge. J'ai dû repartir en Espagne à mes frais.»

La transfusion qui aurait pu être fatale
Fin juillet, on injecte à Manzano le contenu d'une poche de sang non utilisée, dans le but d'une hypothétique participation au Tour du Portugal. «Au bout de 125 ml, j'ai commencé à me sentir très, très, très mal, explique le coureur. S'ils m'avaient injecté le demi-litre, je serais dans une boîte en sapin. Cette poche avait voyagé sur le Tour et était mal conservée. Le médecin a refusé que j'aille à l'hôpital. Dans le train vers Madrid, j'ai demandé une couverture. Devant moi, un monsieur a dit: «Cet homme ne tient plus, il va mourir. Le responsable de l'équipe a dû appeler le médecin. Ils m'ont fait descendre du train et m'ont emmené à la clinique. Le directeur m'a dit que je ne devais pas parler de tout ça à mes coéquipiers.»

Open bar sur les substances
Dans le deuxième chapitre de ses déclarations, Manzano expose l'affolante accessibilité des produits et la possibilité de contourner les tests sanguins inopinés. «Il y a open bar pour les hormones de croissance et on t'injecte de l'EPO presque tous les jours, révèle-t-il. La somatropine recombinante est l'hormone de croissance qui s'utilise le plus et on ne la détecte pas. On utilise également des hormones mélangées avec de l'insuline, comme l'IGF1. Les produits coûtent cher, entre 300 et 540 euros la boîte. Avant un grand Tour, tu fais un traitement d'hormones sur plusieurs jours avec dix ou quinze doses. Puis, pendant la course, quand les forces te manquent, tu t'injectes des petites doses de 0,4 mg.»

Comment déjouer les contrôles des «vampires de l'UCI»
Manzano livre les moyens de passer entre les mailles du filet tendu par «les vampires de l'UCI»: «Actuellement, ce n'est pas difficile de les tromper. Tu as toujours un temps mort d'une demi-heure entre l'arrivée des commissaires et le contrôle. Les coureurs qui savent qu'ils ont des valeurs basses passent en premier, c'est une pratique courante pour gagner du temps. Ceux qui ont des valeurs hautes s'injectent de l'albumine humaine, du sérum glucosé, et peuvent ensuite se faire contrôler. Le jour où viennent les commissaires, tu passes une journée de chien. Imagine ce que peut donner un litre de plus dans le corps. S'ils viennent un jour de montagne, il peut y avoir de mauvaises surprises.»

Des produits faits pour des chiens
L'ancien coureur de la Kelme a révélé l'existence de plusieurs produits, souvent indétectables. «Il y a d'abord l'Oxiglobin, une forme d'hémoglobine. En ingérant cette substance, tu peux te sentir bien ou mal. Elle est notamment utilisée pour les chiens qui souffrent d'anémie. Nous sommes en train de parler d'un produit destiné aux animaux. Il s'agit de calculer la dose qui correspond à ton poids. J'en ai pris deux fois durant la saison 2003, aux championnats d'Espagne du contre-la-montre à Madrid et lors du dernier Tour de France, le jour où j'ai perdu connaissance. Que les commissaires viennent ou non dans la matinée, les soigneurs te donnent cela après et l'effet dure toute l'étape. Sans laisser de traces. Il y a aussi l'Actovegin, fabriqué à base du plasma d'un jeune veau. Ce produit allemand, très cher, oxygène davantage le sang. Il est indétectable. L'effet dure une journée. On en prend le matin même avant un contre-la-montre, ou la veille avant une difficile étape de montagne. On peut le combiner avec du bicarbonate, de l'acide lactique et de la caféine. Cette dernière s'injecte dans le derrière. Quant à la nandrolone, elle s'utilise en phase de préparation. Tu prends ainsi moins de poids pendant l'hiver. La testostérone est utilisée en suppositoires. Ils doivent être fabriqués dans des laboratoires clandestins, car aucune marque ne figure sur l'emballage.»

Peur de l'avenir
Jesus Manzano s'interroge évidemment sur les effets que pourraient avoir, à terme, toutes ces substances sur son organisme: «Je ne sais pas jusqu'à quand je vais rester en vie. Encore moins maintenant, avec les menaces des gens qui n'avaient pas intérêt à ce que je révèle tout ça au grand jour.»

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Jesus Maria Manzano

23 Septembre 2006 , Rédigé par Marie Publié dans #Cyclisme

L'insoutenable vérité selon Jesus Manzano

27 mars 2004

Le cycliste espagnol continue de livrer ses confessions au quotidien «As». Les instances dirigeantes les rejettent avec indignation, mais «la vie de chien» telle que Manzano l'a décrite, avec ses banquets de produits dangereux et ses transfusions aventureuses, jette l'effroi et la suspicion dans l'opinion publique. Extraits.

Simon Meier, San Remo

«Ce que Philippe Gaumont a raconté ressemblera bientôt à un conte pour enfant.» Jesus Maria Manzano a tenu promesse. Une dizaine de jours seulement après les stupéfiantes révélations du Français, pincé, puis mis en examen dans l'affaire Cofidis, le cycliste espagnol a vidé sa musette à propos du calvaire qu'il a enduré lors du dernier Tour de France, et de l'existence d'un dopage généralisé au sein du peloton. L'ancien coureur de la Kelme, 25 ans, éconduit par ladite formation à l'intersaison pour avoir convié sous sa couette une personne du sexe opposé à deux jours du terme de la Vuelta 2003, n'a pas caché que son effroyable déballage était placé sous le signe de la froide vengeance. Ses propos coup de poing ne sont pas gratuits pour autant. Ils ont d'ailleurs été réservés au plus offrant des médias, As en l'occurrence. Le quotidien sportif madrilène, qui a publié vendredi le troisième des cinq volets de la confession, ne doit pas regretter son investissement. Depuis mercredi, les exemplaires s'arrachent comme des petits pains et le site Internet bat tous les records de fréquentation. Voici de larges extraits de sa confession.


Jesus Maria Manzano montre au quotidien sportif madrilène As comment il procédait

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Témoignage

23 Septembre 2006 , Rédigé par Marie Publié dans #Athlétisme

David Chaussinand : confessions d'un dopé
L'Express du 12/09/2002
Onzième des Jeux de Sydney, le lanceur de marteau David Chaussinand a reconnu en juillet dernier avoir pris des produits prohibés. Et si David Chaussinand, 29 ans, était un exemple?


Quand la plupart des sportifs pris au piège d'un contrôle antidopage positif clament leur innocence, brandissent des certificats médicaux de complaisance, lui a préféré tout avouer. «J'ai triché, j'assume, j'arrête ma carrière...» a reconnu le lanceur de marteau de Clermont-Ferrand, onzième aux Jeux de Sydney en 2000. C'était le 15 juillet dernier.

David Chaussinand, à Nice, en 2000.

(...)
"J'avais 15 ans quand la vocation m'est tombée dessus. Un copain m'a emmené
au stade d'athlétisme. Je dépassais tout le monde                                                              d'une tête.

On m'a mis un marteau de 4 kilos entre les mains, et je l'ai balancé à l'autre bout du
terrain. Ce n'est pas passé inaperçu. Roland Dufour, champion de France de
l'époque, qui deviendra mon seul et unique entraîneur, m'a pris sous son
aile. C'était parti. J'ai intégré un lycée sport-études et, l'année
suivante, je suis devenu champion du monde cadet en pulvérisant le record de
France de plus de 8 mètres. Tout me semblait si facile. La première photo
dans La Montagne, les articles dans L'Equipe. On s'habitue vite. Trop vite.
(...)

Pourquoi s'inquiéter? Mylène, elle aussi, avait confiance en moi. C'est une
ancienne lanceuse de disque, c'est surtout la mère de mes enfants. On s'est
connu à 20 ans. Elle a tout supporté pour favoriser ma carrière: les fins de
mois difficiles, les logements précaires, les absences à répétition. Tout, sauf l'inavouable. Tout, sauf le dopage. Moi non plus, je n'acceptais pas
cette idée-là. Dans ma tête, les choses étaient claires, carrées. Bien sûr,
il faut être costaud pour expédier un marteau dans les nuages. Bien sûr, il
faut résister aux 300 kilos de traction qu'exerce l'engin lorsqu'on l'envoie
à 80 mètres. Mais le secret, c'est la vitesse, la coordination, le
relâchement. La technique. Et la technique, ça ne s'achète pas en pharmacie.

De 20 à 25 ans, ma carrière est restée au point mort. Une mononucléose m'a
laissé sur le flanc pendant un an. Je ne progressais plus. Ou si peu. Très
vite, des types m'ont approché. Le genre d'apprentis sorciers qui gravitent
autour des stades. "Tu ne prends rien? Tu sais que tout pourrait être
beaucoup plus facile? " Ils sont venus me voir deux ou trois fois. Je leur
ai ri au nez.

L'ascension sociale se faisait attendre. Mon club me remboursait royalement mes frais de déplacement et la fédération me défrayait lors des stages de préparation. Quand, enfin, le président du Stade clermontois m'a proposé en 1998 un emploi-jeune à 900 euros par mois, en tant que chargé de
communication, c'est comme si j'avais touché le pactole. Je me suis offert
un diététicien puis un préparateur mental. J'avais deux ans pour préparer
les Jeux de Sydney. Il y a des pays où les lanceurs de marteau sont des
stars. En France, on n'intéresse que les experts. Si je faisais un truc aux
Jeux, en revanche, j'étais persuadé que ma vie allait changer.

«J'étais devenu un monstre d'égoïsme.
Une machine à lancer»

Je me suis mis à m'entraîner comme un damné. Musculation, lancer, vitesse,
étirements. Six à sept heures par jour, tout seul. Roland, mon entraîneur,
commençait à trouver que j'en faisais trop. J'étais obsédé par la
performance. En deux ans, je suis passé de 77 à 80 mètres, et Mylène a donné
naissance à Yann et Tina. On en rêvait depuis longtemps. J'ai vécu leur
arrivée comme un zombie. A la maison, je ne pensais qu'à dormir. Récupérer.
Surveiller mon régime alimentaire. J'étais devenu un monstre d'égoïsme. Une
machine à lancer.

Je n'ai pas à rougir de mon résultat aux Jeux de Sydney. Onzième de la
finale du marteau. Je suis le seul Français à avoir passé les
qualifications, tous concours confondus (hauteur, longueur, perche, lancers.). Qui l'a su? Pas un journaliste de télé ne m'a posé la moindre question. Je n'étais qu'un vulgaire lanceur de marteau. On m'a assimilé au fiasco de l'équipe de France. La semaine suivante, j'ai appris que mon équipementier résiliait mon contrat de misère. Je n'avais jamais éprouvé un tel sentiment d'injustice. Que leur fallait-il? Une médaille, sinon rien? Qu'à cela ne tienne.

Je devais pousser mon corps encore plus loin. Mais comment? Un athlète
étranger avait les réponses à toutes mes questions. Il m'a indiqué les
produits à prendre, les publications médicales à lire. J'ai commandé les
bouquins par correspondance. On y détaillait l'efficacité des divers
anabolisants et leurs délais d'élimination. Pendant six mois, j'ai potassé.
Je n'en menais pas large. Je craignais les effets secondaires. Je voulais,
puis je ne voulais plus. Devant ma femme, j'ai prononcé une fois le terme de "rééquilibrage hormonal". Elle m'a douché: "Jure-moi que tu plaisantes..."


J'ai commencé par de l'éphédrine, un stimulant léger que je m'étais procuré
en Italie. Une ou deux prises avant l'entraînement, pour voir. J'ai vu: je
n'avais jamais été aussi explosif, aussi concentré. J'ai récidivé aux Jeux
méditerranéens, en septembre 2001. Un triomphe. Ma première victoire
internationale, celle qui m'a valu d'entrer dans l'écurie du fameux manager
hongrois Attila Spiriev. Le sésame pour les meetings du Grand Prix. Là où
les dollars coulent à flots.

L'année 2002 s'annonçait bien. Il me fallait encore grignoter 1 ou 2 mètres
supplémentaires. Il me fallait des anabolisants. J'ai profité d'un meeting
en Allemagne pour me ravitailler en Clenbutérol et en Primobolan. Sans
ordonnance. Là-bas, les pharmaciens sont moins regardants qu'en France. J'ai
commencé le traitement au mois de mars 2002. Je prenais mes pilules dans la
salle de bains, seul avec mes mensonges. Terrorisé à l'idée que ma femme me surprenne. Je détournais mon regard du miroir en avalant mes cachets. A l'entraînement, je me sentais sans cesse épié. Je vivais dans la hantise d'un contrôle inopiné. Mon organisme résistait de mieux en mieux à la souffrance. Pas ma tête, vidée. Finalement, j'ai choisi de partir en stage en Hongrie. Tout seul, en voiture. Les Hongrois sont d'excellents lanceurs de marteau. J'avais déjà séjourné chez eux plusieurs fois, pour me frotter aux meilleurs. Jamais pour me doper à l'abri. J'étais là-bas, en avril, quand Mylène a reçu la lettre recommandée de la Fédération internationale.

Elle m'a appris la nouvelle, d'une voix blanche. J'avais été contrôlé positif à l'éphédrine, sept mois plus tôt, lors des Jeux méditerranéens. Je suis rentré à Clermont-Ferrand. Je l'ai invitée au restaurant. Et je lui ai tout raconté: l'éphédrine, mais aussi le Clenbutérol, le Primobolan. Elle m'a dévisagé comme si j'étais un étranger. Pendant deux mois, elle ne m'a plus adressé la parole. J'ai vraiment cru la perdre. (...) 

par Henri Haget

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Pièces à conviction

17 Septembre 2006 , Rédigé par Marie Publié dans #Cyclisme

Vendredi 22 septembre sur France 3 - 23h25  Pièces à conviction

Dopage: les briseurs de rêve

Quelques semaines avant le départ du Tour de France, coup de théâtre : après une longue enquête de la police espagnole, un vaste réseau de dopage est mis à jour. Dans les frigos des médecins : des centaines de poches de sang. Les têtes d’affiches du peloton, convaincus d’avoir eu recours a des méthodes illicites, sont écartés des compétitions cyclistes…A tous, on promettait alors un Tour de France propre, débarrassé des tricheurs…
Quelques jours après l’arrivée sur les Champs Elysées, nouveau scandale. C’est le vainqueur du Tour lui-même, qui est convaincu de dopage. Floyd Landis sera-t-il le premier maillot jaune a être disqualifié, dans l’histoire du Tour ?
De l’affaire Puerto à la Grande Boucle, les équipes de Pièces à Conviction ont mené l’enquête pendant plusieurs mois.
Mais qu’en est-il des autres sports ? Football, ou athlétisme, aucune discipline n’est à l’abri.
PAC tentera de faire le point sur ces affaires de dopage qui désormais défraient la chronique, et brisent les rêves de millions de d’amateurs et de spectateurs…
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Sébastien Grousselle

17 Septembre 2006 , Rédigé par Marie Publié dans #Cyclisme

Sébastien Grousselle avait 21 ans et une passion pour le cyclisme, dont il voulait faire son métier. Il rêvait du Tour de France et patientait dans le peloton des 400 meilleurs coureurs amateurs: un espoir, en attendant mieux.

Le vendredi 18 septembre 1998, Sébastien Grousselle est mort sur une route de Montereau, en Seine-et-Marne, alors qu'il disputait un critérium de fin de saison. Les témoins l'ont vu chuter brusquement de son vélo, sans raison apparente, en pleine ligne droite. Sa tête a percuté violemment un trottoir, provoquant une fracture du crâne et celle de plusieurs vertèbres. Il est décédé dans les heures qui ont suivi. Avancée par les premiers secours, l'hypothèse d'une rupture d'anévrisme n'a pas été retenue par l'enquête de police. Une analyse du sang de la victime a révélé une présence massive de corticoïdes.

Sébastien Grousselle était donc dopé au moment de l'accident. A 21 ans. Alors que le sport n'était pour lui qu'un simple passe-temps, juste un fantasme de carrière. Le vendredi 16 octobre, le parquet de Fontainebleau a ouvert une information judiciaire contre X pour «homicide involontaire, transport, cession et acquisition de substances vénéneuses et facilitation à l'usage de stupéfiants». Révélée par France-Soir, l'affaire a fait grand bruit. Elle n'est pourtant pas sans précédent. En 1968, un jeune footballeur de 18 ans, Jean-Louis Cadri, amateur lui aussi, avait succombé sur le terrain, en plein match de football. L'autopsie révélera la présence, dans le corps du garçon, d'une importante quantité d'amphétamines.

Une mort à imputer également au dopage. Dénominateur commun à ces deux victimes: l'une comme l'autre pratiquaient le sport en simples amateurs. Preuve que le dopage n'est pas l'apanage d'une élite de champions, professionnels du cyclisme, du foot, de l'athlétisme ou du base-ball, gonflés aux hormones pour les besoins du sport spectacle et de la course aux performances. Il touche aussi l'homme de la rue, joggeur du dimanche matin, tennisman de club de vacances ou volleyeur de plage. Médecin et chercheur, directeur du département d'étude du dopage et des drogues de la performance à l'université de Nancy, Patrick Laure a mené l'enquête auprès de 2 000 sportifs amateurs. Son échantillon de population: des hommes et femmes de plus de 15 ans, licenciés dans un club et pratiquant au moins deux heures par semaine. Choisis au hasard, ils représentent 51 disciplines. Le résultat, en cours de publication scientifique, fait froid dans le dos. «Près de 10% des personnes interrogées avouent utiliser des produits dopants, explique Patrick Laure. La consommation ne diffère pas d'un sexe à l'autre. Et elle atteint deux pics très visibles: les jeunes de 25 ans et la tranche d'âge 35-39 ans.» En rapportant ces chiffres à l'échelle nationale - la France compte environ 13 millions de sportifs licenciés - on peut estimer à 1 million le nombre d'amateurs qui ont recours au dopage - «Pour la victoire, pour la performance ou pour l'argent». Trois raisons avouées qui ne dépareraient pas dans le vocabulaire usuel du champion moderne.

Les produits? Un cocktail de substances figurant sur la liste noire du Comité international olympique (CIO). En tête, les stimulants (45%), une catégorie où se rangent notamment les amphétamines, la caféine et l'éphédrine, connues pour faire reculer le seuil de fatigue pendant l'effort. Suivent les stupéfiants, dont le cannabis, et les antidouleurs (28%), puis les cortico-stéroïdes (12%), et enfin les anabolisants (3%), famille dominée par la testostérone et la nandrolone. Commentaire de Patrick Laure: «Il s'agit toujours de médicaments détournés de leur usage, et bien souvent remboursés par la Sécurité sociale.» Surprise: les dopés admettent en majorité (61%) s'approvisionner très simplement chez leur pharmacien, une ordonnance à la main et l'air faussement patraque. Les autres font leurs emplettes au marché noir (20%) ou préfèrent se fournir auprès de leur entourage (15%). Le corps médical serait donc complice. Une hypothèse que Patrick Laure réfute: «En réalité, les médecins qui prescrivent ces produits ignorent la plupart du temps que leurs patients en feront usage à des fins de dopage. Il n'est pas très difficile de feindre un mal quelconque afin d'obtenir l'ordonnance que l'on souhaite. Je ne crois pas à la complicité du milieu médical. Selon mes sources, les praticiens qui fournissent sciemment les sportifs en produits interdits sont très peu nombreux. Guère plus de deux par département.» On est bien loin de l'affaire Festina, de la mort de «FloJo», Florence Griffith-Joyner, le 21 septembre dernier, et des rumeurs galopantes autour du football professionnel. Le dopage au quotidien s'apparente plutôt à un bricolage hasardeux et souvent risque-tout, pratiqué sans le moindre suivi médical et au mépris des règles de prudence. «Sur les 200 contrôles positifs effectués en France l'an passé, 175 concernent des sportifs non professionnels», explique Jean Poczobut, conseiller technique au ministère de la Jeunesse et des Sports. Bref, le dopage est dans la rue. On a détecté, en France, des traces d'anabolisants chez des enfants de 8 ans. Un élève d'une classe de cinquième, dans les Vosges, a avoué à son médecin recevoir régulièrement des injections de stéroïdes. Sur Internet, plusieurs sites détaillent par le menu les meilleurs produits, leurs doses et leurs filières pour augmenter sa masse musculaire, gagner dix minutes sur le marathon ou, plus simplement, battre son voisin de palier au squash ou au tennis. On peut également commander, sur le Net, la troisième édition de La Bible du stéroïde, l'ouvrage de référence du dopage dit «lourd». L'édition française d'un magazine américain destiné aux culturistes, Flex, expliquait récemment comment conserver ses muscles après une cure de Stanozolol, un stéroïde anabolisant connu pour avoir été à l'origine du contrôle positif de Ben Johnson aux jeux de Séoul, en 1988.

Aux Etats-Unis, les aveux de dopage de Mark McGwire, la vedette actuelle du base-ball, n'ont pas semblé choquer l'opinion. Pis: les laboratoires qui commercialisent son produit miracle, l'androsténédione, une substance interdite par le CIO, ont frôlé la rupture de stock. Le mal est profond. Mais les armes pour le combattre encore peu dissuasives. A preuve, le grand déballage du dernier Tour de France, au mois de juillet: les contrôles actuels ne détectent plus rien. Et tout le monde le sait. Faute d'une répression efficace, la solution passe sans doute par un laborieux effort de prévention. «Il est urgent de traiter le dopage comme un problème de santé, au même titre que le tabagisme ou le sida», répètent les experts. La nouvelle loi antidopage de Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports, qui sera discutée le 18 novembre prochain par l'Assemblée nationale, semble aller dans ce sens. Elle prévoit une augmentation des crédits de 15 millions de francs, le lancement d'une vaste campagne de prévention et un allégement des calendriers sportifs. «Dans certaines disciplines, les minimes font jusqu'à deux compétitions par semaine», précise Jean Poczobut. Et piochent, pour récupérer, dans l'armoire à pharmacie. Le début de la tentation du dopage.

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