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CONTRE LE DOPAGE

Tricher, simplement pour rester à flot

22 Mars 2009 , Rédigé par contre le dopage Publié dans #Etudes sur le dopage


La quête de gloire et d'argent peut conduire les athlètes à sacrifier leur corps et leur âme. La science peut bien dire que les stéroïdes tuent, mais elle peut aussi vous aider à gagner. C’est ainsi que Mario Jones est passée de l'enfant chéri de l'Amérique à une confession en pleurs, pour finir dans une cellule de prison.


Le gourou de l'athlétisme, Charlie Francis, a fait remarquer un jour que Ben Johnson avait peut-être été vilipendé et déchu de sa médaille d'or pour avoir fait usage de stéroïdes, mais que s'il était resté propre, il aurait été trois verges derrière les autres concurrents sur la ligne de départ.

Malheureusement, les faits ont donné raison à Francis. L’Américain Dennis Mitchell, qui avait reçu la médaille de bronze lorsque Johnson en avait été dépouillé, a par la suite été banni de l’athlétisme pour usage de drogues.

Le médaillé d'argent Linford Christie, qui a également été testé positif à Séoul, mais qui a fait valoir avec succès qu'il avait pris la substance par inadvertance en buvant du thé de ginseng, s’est fait prendre par la police des stéroïdes des années plus tard.


Carl Lewis a été le champion Teflon pendant des années. Des accusations de mauvaise conduite ont été abandonnées lorsqu’il a affirmé qu'il avait innocemment pris un médicament contre le rhume contenant des stimulants interdits, même si trois substances distinctes, y compris le controversé éphédrine, avaient été retrouvées dans ses échantillons d’urine.

Parfois, le prestige se perd au milieu d'une pile de seringues sales et des méchants titres des journaux. Parfois, l'athlète est lui seul à blâmer. Parfois, c’est la faute aux médias, qui deviennent des hydres à plusieurs têtes; sauvages et indomptables.


«Les athlètes professionnels payent un prix extraordinairement élevé pour leur renommée. La prolifération des médias a fait en sorte que les joueurs sont sous la loupe comme jamais auparavant», dit Bob LaMonte, un éducateur et membre du conseil d'administration à l'Université de New York.

«Il n’y avait que les journaux au début et la plupart du temps, ils se contentaient de décrire les parties et ce qui se passait sur le terrain. Maintenant, il y a les stations de télévision, les radios qui parlent de sport toute la journée, sans parler que la jeune génération ne s’informe que sur Internet. Et il y a des bloggeurs. Pour que les journaux gardent le haut du pavé, les journalistes sportifs doivent devenir des chasseurs d’ambulance.»

Comme les médias sont de plus en plus indiscrets, les athlètes sont devenus de plus en plus frileux à l’idée d’émettre des opinions.


À une certaine époque, le divorce du joueur de hockey retraité Tie Domi n’aurait pas été mentionné et aurait encore moins fait la manchette des journaux.

«Je fais l'analogie avec l'oignon et l'avocat», dit LaMonte. Les journalistes sportifs des générations précédentes écrivaient des opinions mais ils étaient davantage en harmonie avec les organisations sportives qu’ils couvraient. Lorsque vous peliez le fruit, il restait toujours un noyau dur. Ils écrivaient peut-être de mauvaises nouvelles mais les relations étaient solides. Au cours du 21e siècle, l’avocat est devenu un oignon. Vous pelez toutes les couches et il ne reste plus rien ensuite. Cela se transforme en viol et en pillage. On nourrit la frénésie des médias.»


Le public? Il n'a pas beaucoup changé depuis l'époque où les lions étaient ceux qui recevaient les applaudissements au Colisée de Rome. «Les gens aiment lire des histoires à propos de ceux qui font beaucoup d’argent et qui foutent tout en l’air, dit LaMonte. Cela leur permet de mieux se sentir.»

La vie d'un athlète professionnel est accompagnée de faste, de prestige et, pendant un certain temps, d’argent. Plus important encore, elle devrait être accompagnée d’une prise de conscience, d’une direction et d’un but. La tragédie dans le sport c'est que trop souvent, ce n’est pas le cas.


«Vous ne pouvez pas décrire ce mode de vie comme étant terrible, mais il y a un certain prix à payer. Je ne pense pas que ce volet de l’histoire a déjà été communiqué» dit Duncan Fletcher, qui est directeur de la Professional Athlete Transitional Institute à l’Université de Quinnipiac, au Connecticut.


«Si vous êtes un jeune de 15 ans en train de vous demander si vous allez évoluer chez les professionnels, vous êtes bien mieux de réellement savoir comment va se dérouler votre future vie. Si vous savez vraiment à quoi ressemble la vie d’un athlète moyen, vous allez peut-être y penser à deux fois.»


Source et date de l'article Canoe.ca  28.02.09




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