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CONTRE LE DOPAGE

Les morts ne parlent pas…

30 Juillet 2007 , Rédigé par Marie Publié dans #Cyclisme


Je trouve cet article très intéressant. A lire absolument !

Article du 27 juillet 2007

Non, le Tour de France n’est pas mort. Mais c’est bien un trépas qui le menace. La course continue vaille que vaille, hagarde, sans maillot jaune, avec un futur leader sur lequel pèsent les plus lourds soupçons puisque son nom est apparu dans l’affaire du médecin dopeur Puerto et qu’il fut longtemps dirigé par le sulfureux Manolo Saiz. Le directeur de la Grande Boucle ose dire cependant crédibles le classement et les performances. Pourtant, est-on sûr d’en avoir fini avec les mauvaises surprises d’ici aux Champs-Élysées, puis dans les semaines qui viennent ?

Très mal en point, le Tour de France est encore vivant, dans l’imaginaire populaire qui sait ce que coûte l’effort, dans les rêves des mômes qui pédalent sur de petites routes, dans cette communion, douloureuse aujourd’hui, qui rassemble autour de l’épreuve reine du cyclisme. Pourtant, certains s’empressent d’expédier des faire-part de décès, comme s’il fallait clouer le couvercle sur le problème et enterrer ce qu’il révèle. Ce sont souvent les mêmes qui applaudissent au règne de l’argent sur l’économie mondiale et la vie sociale. Quand ses effets néfastes éclatent en plein soleil, devant les millions de spectateurs massés dans les cols et le long des routes, ces bons apôtres réclament la mise à mort… Les cadavres ne parlent plus.

D’autres encore s’acharnent à réduire les cas de tricherie à des faux pas individuels. Il faut au contraire prendre la mesure du mal. La pression de l’ensemble de la chaîne qui finance et encaisse les bénéfices du cyclisme pour obtenir à tout prix des résultats est à l’origine du dopage. Cela se mesure en monnaie sonnante et trébuchante. Cela s’élabore dans une idéologie de la performance qui méprise ses victimes et impose des trains d’enfer. Et cet ensemble se construit très jeunes, quand des encadrements sportifs cèdent à la gloriole au mépris de l’avenir et de la santé des jeunes qui se confient à eux. Le cyclisme est en première ligne aujourd’hui, mais qu’en est-il du football qui draine un tel flux d’argent, ou du rugby où trop de joueurs et d’entraîneurs traitent la créatine et ce qu’elle accompagne comme s’il s’agissait de Viandox. Le base-ball, l’athlétisme, le basket, le tennis, le golf même ont leurs affaires.

La lutte contre le dopage a dérangé et dérange encore bien des situations assises. En 1998, les sponsors appuyaient les coureurs qui dénonçaient par un sit-in les perquisitions diligentées par la justice. Aujourd’hui, ils sont encore trop nombreux à fermer les yeux, comme les Rabobank l’ont fait sur les manipulations de Rasmussen, ou à plaider l’innocence contre toute évidence, à l’instar de l’équipe de Vinokourov. Les péripéties de la Boucle 2007 peuvent désormais rendre très risqué d’associer une marque à de nouveaux scandales à l’égard desquels le public n’a plus d’indulgence. Et les sportifs aussi ne se laissent plus impressionner par la mafia des piqûres et ses représailles dans le peloton.

Un chiffre confirme que la lutte contre le dopage doit devenir une cause nationale : 1 % des collégiens se dopent déjà pour faire du sport, selon une étude conduite en Lorraine. En proportion de ceux qui font du sport, le chiffre est plus lourd. Et c’est ensuite,en cadets, en juniors, qu’il croît encore. Des santés, des avenirs sont en jeu. La prévention de ce mal implique un engagement plus ferme encore du gouvernement et des pouvoirs publics et pas seulement des tours de piste dans une étape de montagne…

Ma source est http://www.humanite.fr


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